Tebt. Pap., 5, 70; 62, 25, etc
i 8 INTRODUCTION.
il n'y avait aucune différence au point de vue des impôts entre les trois classes de temples.
La terre sacrée en efiet n'était pas franche d'impôts. Du reste, à l'époque pharaonique, il en était de même : les rois de la XVIIP dynastie entre autres, malgré leur piété, ne manquent jamais d'imposer aux temples certaines redevances pour les terres qu'ils leur donnent et de les noter expressément dans l'acte de dotation. Quelquefois, cependant, les terres accordées étaient franches de toute redevance, mais le cas était rare. Peut-être, dans la suite, à la faveur des troubles qui marquèrent les dernières dynasties indigènes et la conquête perse, tous les temples réussirent-ils h acquérir cette exemption, mais nous ne le savons pas; quand Hérodote ou Diodore ou la Clironique démotique nous disent qu'un roi fut impie et leva des contributions sur les temples, cela peut signifier seulement qu'il augmenta leurs redevances ordinaires. Quoi qu'il en soit, comme presque tous les rois saïtes avaient, légalement ou non, déjà levé des impôts sur la terre sacrée, les Lagides ne firent que continuer une tradition déjà établie. Après les exactions de Cléomène, tout devait paraître modéré, et le clergé leur sut gré de ne pas se montrer trop durs dans la perception.
§ 2. — KXïjpo'j/tx-}) 7V ■ — Les Pharaons avaient l'habitude de conférer à leurs officiers et soldats des fiefs militaires; lesPtolémées ont étendu celte mesure h d'autres fonctionnaires : il y a des clérouques de grade civil. Ainsi, chaque cômogrammate reçoit en entrant en fonctions une certaine quantité de terre,
1. Tebt. Pap., App. I, § 3. Cf. Meyer, Heerivesen der Ptolemûer.
Cl In plupart des fonctionnaires provinciaux devaient être traités de même. Il v a aussi des clérouques qui viennent de la police. Leur organisation au ni*' siècle est assez mal connue. Au ii'' siècle, nous connaissons les catégories suivantes qui se répartissent en deux grou[)es :
1"' Militaires : ■/,i-ov/.o\.
\}.(i:/}]}.oi.
2** Police : xepaéçiZ'JTOt, mal connus, semblent avoir été des cavaliers chargés de la police du désert.
£pT)[ji.0!p6Xax£ç, agents à pied chargés
de la police du désert.
çuXa/àTa'., agents de police, sous les ordres d'un àpy içuXaxtTVjç, chef de la police dans chaque village.
£5ccot, inspecteurs.
En étudiant l'organisation des clérouques, il ne laut pas perdre de vue que ce sont tous des soldats (ou des fonctionnaires, mais comme on ne sait rien du tout de ceux-ci, nous sommes forcés de les laisser entièrement de côté) en activité de service. Aussi sontils divisés militairement.
Les xiTO'.y.oi et les [j.a/t[j.o'. semblent avoir formé l'armée régulière* : les premiers sont les mercenaires grecs et de toute nationalité ; les seconds sont des indigènes. Tel est du moins le principe; mais, en pratique, nous rencontrons des Egyptiens parmi les xûCTOixot et des Grecs parmi les [Aâyi[jLoi; d'ailleurs, il v eut de ces derniers bien après la promulgation des
1. Tebt. Pap., 32, 9, note, contient une étude sur les hipparcbies et les chiliarchies.
lois interdisant aux Égyptiens de servir dans l'armée. Les catèques forment h la fois la cavalerie' et l'infanterie'-; pour les \j.dyj.\).o<., nous ne connaissons que de l'infanterie, et, sachant combien peu les Egyptiens aimaient h monter à cheval, nous pouvons admettre qu'il n'existait que des fantassins; mais cela n'est pas certain. Quoi qu'il en soit, les uns et les autres se divisaient en régiments, t';:xapy(at pour les cavaliers, •/iAiap/(ai pour les catèques fantassins et Xaapytat pour les [j-aytixc. ; les régiments d'infanterie devaient compter chacun 1,000 hommes. Au ni'^ siècle, on formait chaque régiment avec des mercenaires du même pays et on désignait les hipparchies et les chiliarchies par la nationalité; au ii^ siècle, on a séparé, sans doute pour des raisons de discipline, les nationalités, et les régiments sont simplement numérotés. Il est bien resté, à côté du numérotage, une division en ttoXitôû- ;j!,aTa, nationalités, mais elle est tout à fait arbitraire, et nous trouvons le même personnage, à quelques années de distance, appelé Perse de VEpigoné et Mysien de la 4" hipparchie'^. Il parait y avoir eu une certaine hiérarchie entre les clérouques : ainsi, les ■/.i'ioty.oi semblent supérieurs à tous les autres et les è'foâoi venir juste après eux; mais cela est assez obscur. Cette exposition était nécessaire pour déterminer nettement le caractère de la terre clérouchique. C'était un don gratuit que le roi faisait h certains ofiiciers ou soldats : au lieu de les laisser cantonnés chez les paysans, il leur donnait un fonds de terre qui