‹ Les finances de l'Égypte sous les LagidesChapitre 34 sur 227 · I.MIIODIC.TIOIV. Ai · texte numérisé non relu

I.MIIODIC.TIOIV. Ai

et non de véritable monnaie, le Cabinet des médailles possède deux pièces en porcelaine au nom de l'un des Ptolémées. Ces pièces, provenant de la Haute-Eg^vpte, furent frappées sans doute à titre exceptionnel', peutêtre à l'occasion de quelque révolte. Quelle pouvait être leur valeur.' 11 y a peu d'espoir de le savoir jamais.

Kn laissant de côté ces étrangetés, le système adopté par les Ptolémées pour le monnayage en cuivre nous montre qu'ils avaient porté jusque-là le souci de ne pas froisser les idées égyptiennes, en tentant d'introduire violemment les idées grecques, si différentes.

De l'orgamsation financière.

Les principes et leur application.

Privilèges et àziXeici..

Au fond, il en a été de même dans toute leur administration; ils ont réussi, malgré de très nombreux changements, à en Aiire le développement logique, mais souvent très simplifié, de celle des Pharaons.

Le principe fondamental de la royauté égyptienne était le même que celui de toutes les monarchies orientales. Le roi est le maître de tout et de tous; et ses sujets sont tous ses esclaves. Les princes grecs n'ont fait que se substituer aux princes indigènes, comme avaient fait avant eux les rois de Perse. Comme eux, ils ont été des chefs religieux et ont gravé leurs cartouches dans les temples, parmi ceux des Pharaons des grandes dvnasties et ceux des

1. Babelon, Traité des monnaies grecques cl romaines, l'" partie, t. 1, p. 377.

Achéménides. La même tendance se relrouve éffalemenl dans les finances : les Lagides n'ont guère pu ajouter h leurs droits en ce qui concerne le règlement des impôts : toute la matière imposable avait déjà été taxée; mais ils ont pris soin de n'en rien laisser perdre.

Il y a cependant un certain nombre d'impôts d'origine grecque. Mais il s'en faut bien que l'inlroduclion de toutes les coutumes helléniques doive être attribuée aux Lagides. Depuis longtemps déjà, l'influence grecque commençait à se ftiire sentir en Egypte. Sans remonter jusqu'aux innovations d'Amasis et à la fondation de Naucratis, qui resta toujours isolée et ne joua aucun rôle dans l'histoire intérieure de l'Egypte, il y avait deux siècles déjà que le pays était ouvert aux Grecs, au moins durant les périodes de calme. Le voyage d'Hérodote n'est certainement pas un fait isolé au milieu du v*^ siècle : Eudoxe et Platon sont dits aussi avoir visité l'Egvpte; les rois de Perse, suzerains des Grecs d'Asie, n'avaient aucune raison de leur interdire les voyages dans leur empire. Les Pharaons de ce temps ne semblent pas v avoir toujours été hostiles, témoin ce roi Takhôs dont l'auteur des Economifjiies nous a conservé l'histoire. Il avait, disait-on, levé des mercenaires grecs dans sa lutte contre les Perses, et c'était le chef de ces mercenaires, 1 Athénien Chabrias, qui, pour assurer le paiement de ses hommes, lui avait conseillé d'inlrotluire certains impôts encore inconnus en son rovaiime, à l'imitation de ce qui se passait en (irèce. Ainsi seraient nés l'impôt sur les maisons, l'impôt sur les ventes, les métiers, etc.

INTRODlT/nON. 43

L'iuileur chi ii'" livre des Economiques nous montre comment un Grec de la fin tlu ii** siècle, après l'élude des finances des pays barbares, autrement développés à cet égard que les pays grecs, concevait l'économie politique d'un royaume 1. Il y a, dit-il, quatre sortes d'o'//.civo[j.(a'., royale, salrapique, municipale et particulière. Chacune de ces « économies » a des sources spéciales de revenus. L'auteur a essayé là une classification assez ingénieuse qui nous montre comment les Grecs d'alors se fiijuraient les revenus des rois contemporains; elle ne peut malheureusement nous servir pour l'Egypte : il n'v avait là ni satrapes ni villes autonomes, et toutes les recettes revenaient directement au roi.

Les papyrus nous montrent que les employés des finances égyptiens distinguaient deux sortes d'impôts, les impôts en nature et les impôts en argent. iNIais celte distinction manque de précision et d'exactitude. Si les documents d'époque grecque ne nous montrent pas nettement que tout impôt en argent était payable en nature, et réciproquement, le fait n'en est [)as moins fort probable, car il avait lieu ii l'époque romaine et même à l'époque bvzantine-. 11 vaut mieux abandonner complètement les divisions (les anciens, (pii n'avaient guère qu'une utilité pratique, et répailir les impôts dans des catégories tracées sur le modèle de nos catégories modernes. Il v

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