LES DÉPENSES
En parlant des dépenses publiques il est utile de citer l'opinion
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de deux des pères de la confédération sur l’importance pour les législatures locales de ne pas s'évarer dans la voie tortueuse des débourseinents excessifs, Dans le parlement de 1863 qui nous a donné la confédération siégeait un homme d’un mérite incontestable, l'Hon. Alex. T. ralt, alors ministre des finances. M. Galt inspirait le respect et commandait l'attention par la rectitude de son esprit eb par un grand fonds de connaissances pratiques servies par un talént sérieux.
Cet homme remarquable traça aux législatures locales la voie à suivre. Il démontra que la sagesse et la prudence devaient être les flarmbeaux des cabinets provinciaux, et que le jour où des extravagances deviendraient de mode dans les gouvernements locaux serait la veille du jour où le spectre de la taxe directe se dessinerait dans ses formes les plus hideuses. Le 7 février 1865, M. Galt disait en chambre :
L'on ne manquera pas d'observer que dans le projet sous considération certaines sources du revenu local, provenänt du‘domaine territorial, des terres, des mines, etc., sont réservées aux gouvernements locaux, Le
anada devra retirer une somme considérable de ces sources, mais il pourra peut-être arriver quo «crtaines d’entre elles, tel que :le fonds d'emprunt municipal, finiront parépuiser dans le cours du temps: Nous pouvons uéanmoins placer une juste confiance dans le développement de nos ressources, et nous bercer de l'espoir que nous trouverons dans notre domaine territorial, duns nos mines si précieuses ainsi que dans nos terres si fertiles, des sources nouvelles de revenus qui feront plus que balancer les exigences du service public. Si-cepondant il arrivait que les revenus locaux fussent insuffisants, ÿ deviendrait alors nécessaire aux gouvernements locaux de recourir à la taxe drecte ; et je n'hésite pas à déclarer que l'une des plus sages dispositions de la nouvelle constitution—et celle qui offre la garantie la plus solide que le peuple suivra de près ses propres, affaires, el verra à ce que ceux
auxquels il a confié ses intérêts ne se montrent pas prodigues des deniers publics,
—se trouve dans le fait que les gouvernants, quant ils se verront forcés d'imposer la taxe directe, sentiront qu'ils prennent sur eux une bien grave responsabilité et que les gouvernés leur en tiendront un compte bien sévère. (Ecoutez! Ecoutez !) Siles hommes au pouvoir voient qu'ils sont obligés de recourir à l'impôt direct pour obtenir les fonds nécessaires à l'administration dex affaires locales, —administration à laquelle le projet pourvoit abondamment, — ils y regarderont deux fois avant de faire des dépenses extravagantes. Je n’hésite nullement à affirmer que si les hommes publics de ces provinces sont suffisamment instruits pour comprendre leurs propres intérêts selon les