RÉPONSE
A QUELQUES PUBLICÎSTES RUSSES
On nesaurait traiter des fi nances de la Russie sans s’exposer à de vives réponses, et notre modération même en pareille matière a été présentée comme su. xte. A quelles amères critiques ne faudrait-il donc pas s’attendre, si, aU lieu de se contenter de l'éloquence des faits, on empruntait 1e langage des fonctionnaires russes les plus considérables ! Ce langage est significatif; on en jugera par un seul exemple, emprunté à une récente correspondance de Saint-Pétersbourg. Il y a un mois à peine, on offrait au général Tchevkine, l'ancien ministre des travaux publics, de le charger de l'administration des finances ; il répondit : «Pour accepter le poftefeuille des finances dans l’état de choses actuel, il faut être un homme de génie ou un fou, et, comme je fie suis ni l’un ni l’autre, je le refuse «
En (3ssayant d’exposer ici l état réel des finances russes, nous n'étions pas, malgré notre soin scrupuleux de n’admettre qiie des faits sévèrement con-
* L'Jnricpenilance belye du IS février 1804.
Di. ■
nEliXIÈME PARTIE, ‘
trôlés, à l’abri de quelque inquiétude. Une erreur involontaire, n’cùt-elle porté que sur des données d'une faible importance, risquait, auprès d’esprits prévenus, de répandre quelque ombre sur le travail tout entier; nous dirons naïvement ce que nous avons fait pour éviter cet écueil. Chaque fois que les calculs ne nous semblaient point décisifs,- nous avons adopté le chiffre le moins défavorable ït la Russie. C'est une faute que de vouloir dissimuler ou abaisser les ressources de ceux qu'on peut avoir à combattre; c’est une faute non moins grande que d’exalter outre mesure les forces de son pays : on arrive ainsi ü créer une fausse sécurité, ou à susciter de téméraires espérances. Rien n'est beau que le vrai, dit le poète ; l’on peut ajouter que rien n’est utile en dehors (iu la vérité. Aussi devons-nous remercier les nombreux organes de la presse russe qui, au lieu de contester le résultat numérique de nos recherches, « ont réussi qu'à ratfermir. Ils nous ont délivré de toute appréhension au sujet des données que nous avons recueillies. « Le ton de l'article est modéré, dit le plus compétent des écrivains qui ont pris la plume pour nous répondre, M. de Thoerner ‘, les chiffres sont exacts
• Uaiis rjnvalidc russç. Voici l’ciisemlilo de cc travail que nous l'eproduisous d'après la version du journal le Mord (numéro ilu 20 février 1 8(U) ;
« En .présence d’un article comme celui do M. Wolowski, il est
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RÉPONSE AEX PEREICtSTÇg RESSES.
et puisés à des documents officiels; >> mais il ajoute : « Cepemlanl, pour être impartial, il ne
essentiel (|p se rendre compte si c’est iin travail, impariial ayant pour objet d’élucider la question qu’il traite tVuim'nianière scièntilique, ou bien si c’est upc œuvre de polémique inspirée par des idées préconçues.
« Si l’on prend en considération que le journalisme français n’est que trop souvent atteint de partialité, si l’on se rappelle que l’autcur, par suite de ses sylnpatliies prononcées pour la Pologne, est naturellement porté à juger sévèrement la Russie, il seraiulif-^ ficile (le s attendre tout d’abord à trouver dans celte étude la recherche consciencieuse de la vérité en ce qui couceriie l’état llnancier de la Russie.
« Comme i«>iir se iinmiunir contre toute accusation de ce genre (jue l’auteur parait pressentir, il a soin, dès la première page, de d(.elarer ,,uc t'Hude des faits, appuyée sur les dacuments mêmes publiés par le gourernemenl russe, servira à résoudre la question, et il ajoute plus loin que la réponse sera d'autant plus siijnifica’. lire, que nous ne eompliquerons celle étude d'aucune préoccupation étrangère an sujet; - enlin, il a soin d’assurer encore , ,,uelques pages plus loin , qu’il n’ciiteiid pas plus dénigrer la llassie que la Paner... 11 smnhlerait, en effet, qu’apnis de pareilles déclarations on ne saurait pl*is mettre en doute la jiisU>sse de ses assortions.
« Le tou de l’article est modéré . les rhiffivs sont exacts et puises à des documents oflieiels. Que voudrait ou de plus? Et cependant, pour être impartial, il ne .suflit point de tenir langage modéré et de s'abstenir de citer des faits qui pourraient être facilement contestés.
« En puisant aux sources officielles des faits et dt;s données qui parlent en notre défaveur (et quel est le pavs (pii peut se flatter d’en être e.xenipl?), l’auteur prend *om dépasser sous silence tout ce qui peut donner l'e.rplicalion de ces faits . En relevant ainsi l’état de la Russie seulement d’après les (loints obsem-s, il tend à pro.