DEUXIÈME PARTIE
pressé de rectifier les indications erronées qui auraient pu se glisser dans notre étude. Pourquoi faut-il que tout se borne k un plaidoyer de circonstances atténuantes au sujet de l’émission désordonnée du papier-monnaie, que M. de Thoerner n'approuve point, et à l’annonce d’un surcroît de 8 millions de roubles dans la perception del’impôl sur l'cau-de-vie en 1808? Nous n'avions parJé.que des prévisions budgétaires; ijuant au résidtaifinal de l'exercice, il nous aurait été difficile ^ le connaître à Paris dans les premiers jours de janvier 1864. Ce résultat ne suffit point d’ailleurs pour effacer un déficit avoué de 1.5 n)illions de roubles sur l’ensemble du budget, et l’on ne sau- . rait encourir le reproche d’un excès de prudence en disant qu’il faut attendre le compte général pour arrêter la balance. Il est en effet probable que d'autres branches du revenu n’auront pas atteint en 1868 les chiffres inscrits: ce qui est certain, c’est
lovvski qu'à son avis, dans la situation actuelle des alFaires |Hdiliqufs en Europe, le cas si>rait diriicile .à prévoir où la Russie pourrait se laisser entraîner .aune "uerre agressive, et quant à la lutte qui se poursuit en Pologne, ajoute-t-il, le.i folles- ciigencn de la rèrniulion polonaise ont pris soin de poser depuis lonfjteiniw cette question sur le teiTain national d’un intérêt russe'*. »
■ Xuus ne voulons point aborder ici le terrain brûlant de la politique; mais nous ne saurions nous empAcber de faire remarquer qu'en Russie on regarde comme une folle e vigence la revendication du droit consacré par l'histoire et par les traités.
RÉPONSK AUX PUnUCISTES RISSES.
que les dépenses auront singulièrement dépassé les prévisions budgétaires. On en trouve la preuve dans une nouvelle émission de douze séries de billets du trésor pour une somme totale de 36 millions de roubles (li4 millions de francs), qui aggrave d'autant la dette flottante de l'empire. L’oukase du 16 janvier 1854, qui prescrit cette émission, foirrnit, ce semble, un commentaire significatif à nos observations du 15 janvier. Nous ne demandons pas mieux que d'étre éclairé sur la situation financière de la Russie; aussi prions-nous les écrivains qui ont bien voulu s’occuper de nos recherches, et cela môme au ris(jue de paraître indiscret, de nous apprendre quel est le véritable chiffre des billets du trésor en Russie. Nous ne l’avions porté qu à 135 millions de roubles, y compris les 15 millions émis pour combler le déficit de 1863; mais nous trouvons, dans le budijel pour le service de la dette publique imprimé au commencement de 1863, que les bous du trésor s’élevaient dès lors à 138 millions de roubles : nous en aurions donc atténué le chiffre de 18 millions de roubles. En y ajoutant les 15 millions créés l’année dernière et les 36 millions actuellement décrétés par l’oukase du 15 janvier, on arrive à un total de 189 raillions de roubles, c’est-à-dire de plus de 750 raillions de francs. De ce chef, le chiffre de la dette flottante se trouve dépasser de moitié celui
PEVXIPW PAPTJE.
que nous avions admis. Quant à la prétendue cQp-^ fusion que nous aurions commise en portant las S68 millions de roubles do billets ù ô pour 100 ap compte de la dette de l'Etat, alors que ce serait une deile hypothécaire couverte avec un excédant par les 350 millions de roubles que les propr'iélaires doivent à la Banque, nous en deniaudons pardon ù M. de Thoerner, mais nous n’avoi}« rien Otnis ni rien confondu. Les oWjjatWJs sont dues par l'Etat, que les propriétaires payent ou ne payent point; aussi disious-uous : Comment lui rentreront dans les circonstances actuelles les 357 millions de roubles solde des emprunts faits par des particu-' liers, et payables en divers termes de quinze à trente-sept ans? » Cette rentrée est fort aventurée; en grande partie, les créances de la JJanque se com-' penseront avec les indemnités dues aux propriétaires, par suite de l’émancipation des paysans. Loin d'ètrc en état de se libérer du surplus, les propriétaires ont un besoin urgent de nouvelles avances pour transformer les anciens procédés de culture, assis sur le servage, et toutes les sources du crédit sont taries I
« Personne n'ira contester à M. Wolowski, ajoute
' On voit que nous n’avons i>as atténué le ehilFre. M. de Tltoerner oublie de faire Apurer à côté des obligations 5 pour 100 celles à 1 pour tOO, qui proviennent de la niéine source, et qui font aussi (wnipensation à la dettu des propriétqires fonciers.
RÉPONSE APX PU9UCISTKS RUSSES.
M. de Thoerner, que la dette flottante ne aoit çoosi^ dérable et que le pays ne soulTre d’une surabondance de papier monnaie. » Le publiciste russe va plus loin qup uous-mème : il avoue que le gobt de l’économie. est peu développé en Russie, qu’on y est habitué à vivre largement, que l’accumnlation des capitaux s’y produit avec lenteur. Il compte, pour modifler cette situation, sur les efliets de la crise pénible que la Russie traverse en ce moment; la nation y puisera, dit-il, une leçon d’économie et de travail- Tels doivent être en effet partout tes résultats de la liberté; mais il faut que celle-ci ne se borne point à être inscrite sur le papier, il faut qu’elle vivifie les institutions, qu’efle épure les mœurs, quelle relève les âmes, qu’elle éclaire les intelligences. La liberté n’agit point avec une ba^ guette magique, et ne dispense ni d’efforts ni de sacrifices. Elle se borne à briser les entraves, pour permettre à l’homme de conquérir la destinée dont il sait se rendre digne; elle ne dispense st;s bienfaits qu’â cei^x qui savent secouer les tristes traditions de l’esclavage, l’indolence et l'apathie; elle veut des cœurs énergiques et des bras robustes; elle exige tout un ensemble de réformes dont la Russie po^ÿède à peine le germe. Si elle n'excito pointé faire plus et mieux, le mal quelle prétend guérir s'aggrave encore. Le parallèle qu’on essaye d’établir entre les résultats de la Révolution française et ceui
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