DEUXIÈME partie
motif de plus pour ne point nourrit de velléités injustes et envahissantes. Quant à la situation des finances russes, rien dans les explications données .ipar M. Stieglitz n’infirme l’exactitude de nos renseignements. Comme nous l’avons expliqué la
dévQjoppccs. Les voies de communication se sont déjà améliorées par la construction de grands réseaux de chemins de fer, qui ne s’arrêteront pas là. Dans ce moment même, il se fait un essiti d’un nouveatprmode. de construction économique et adaptée à la-Riissic, qui promet les plus grands résultats. Les Journaux français en ont parlé tout récemment.
« Les produits agricoles de l’intérieur de la Rus.sie trouveront par les nouvelles voies les débouches qui leur manquent, et le commerce d'exportation , qui en sera alimenté, fournira avec le temps des ressources plus fécondes.
« Le développement de l'industrie qationale pourra diiqinuer nos besoins d’importation. Les années de transition diflicils ne dureront pas toujours. On fait des progrès dans toutes les branches de l’administration; on eu sent le besoin. Mais gardons-nous bien de prendre des allures trop liévreuses. ^e détruisons pas notre ancienne demeure avant d’avoir construit la nouvelle.
« Ayons surtout conliance dans les acti;s du gouvernement, comme nous l’avons toujours eue. C’est là notre force, appuyée par la conviction que le jour ne sq fera pas longtemps attendre où les grandes ressources du pays établiront un juste équilibre dans uos rapports avec l’étranger. Ainsi le temps ne pourra que fortilier le Crédit de la Russie, fondé sur des bases dont les capitalistes de l'Europe ont toujours reconnu la solidité.
R J’ai voulu faire conuaitre ces considérations, pensant qu’elles peut raient être utiles ; mais je me bornerai à cette lettre et je ne me propose jias de continuer une discussion sur ce sujet.
R Paris, le 22 janvier i804,
a Baron Stieglitz. »
Russie a conclu en 1862 un emprunt de 15 raillions de livres sterling (375 millions de francs) dans le dessein d’arriver à l'échange des billets de banque contre du numéraire. Soit dit en passant, cela prouve qu’elle n’appréciait pas les avantages et la nécessité du papier-monnaie non remboursable que célèbrent, aujourd’hui que la reprisé des payements a échoué, certains écrivains.
Le point essentiel, le seul qui ait réellement engagé M,. Stieglitz à nous répondre, c’est la singulière opération en vertu de laquelle, sachant à merveille quelle ne pourrait point continuer le remboursement en espèces, la Banque de Pétersbourg a devancé le moment indiqué pour le payement au pair, sauf à ne plus payer les billets à aucun prix au bout de deux mois. « Et que serions-nous devenus, remarque virement M. Stieglitz, St nous avions suivi l’échelle progressive jusqu’au 1" janvier 1864, au lieu d’en rapprocher le terme au 1" septembre, comme nous en avions le droit, je le répète? On nous aurait enlevé tout notre encaisse hiétallique 1 De mois en mois, cette échelle ne faisait qu’exciter la spéculation. Le seul moyen d’arriver était de devancer l'échelle... 11 n’y avait aucune position obscure, puisque nous avions atteint le pair, et pendant comme après l’échelle il n’y avait personne qui fût mieux instruit ou plus avisé que le public. Chacun pouvait se présenter
'' DJEUXtÈliK PARTIE.
au guichet de la banque, et la faculté d'y puiser était égale pour tous. ■
Nous avons voulu laisser parler M. Stieghtz luimême. Il se rejette sur les embarras Hnanciers de l'Europe entière ; mais, si ces embarras pouvaient servir d’excuse à un échec trop prévu, comment y puiser un motif pour accélérer la reprise du payement au pair? N'était ce point, en essayant ainsi de faire bonne mine à mauvais jeu, risquer d'induire en erreur les gens moins initiés dans les arcanes de la finance? Nous n’avions fait à cet égard que reproduire les critiques dont cette mesure a été l’objet en Russie : il ne nous semble point que la lettre de M. Sticglitz soit de nature à les écarter.
Si nous n'étions point retenu par la crainte de mêler une plaisanterie vulgaire à une discussion grave, nous serions singulièrement tenté de rappeler, i\ l’occasion de la crainte qui aurait fait avancer l'époque du remboursement des billets au pair, le procédé de ceux qui se jetteat à l'eau de peur de se mouiller.
L’avenir n’effraye point M. Stieglitz ; il a foi dans un progrès solide et pas trop précipité... a La Russie a de grandes richesses, elles se développeront peu à peu, mais on ne peut que les employer graduellement ; il faut laisser mûrir les ressources nouvellement créées. >
D’accord, mais pour que ces richesses, qui
n'existent encore qu en germe, se développent, il faut beaucoup de temps, beaucoup d’efforts et le concours de lumières nouvelles aussi bien que d’un capital lent à se former. Il faut que la parole •d’émancipation ne reste point une lettre morte, et qu'elle serve au contraire de point de départ à la refonte de la constitution administrative, judiciaire et financière de l'empire. De telles œuvres ne s’accomplissent pas du jour au lendemain : pour les réaliser, la Russie a besoin de pratiquer la justice et de conserver la paix, au lieu de soulever contre. elle les sentiments généreux et de mul- *tiplier desisbesqui cadrent mal avec les doctrines de la'civflisation.
Le gouverneur de la Banque de Pétersbourg craint pour son pays des allures trop fiévreuses, a Ne détruisons pas*, dit-il , notre ancienne demeure avant d’avoir construit la nouvelle. » Nous ignorons ce qui suscite ses alarmes et quelles sont les innovationsejui les justifient: jusqu’à présent au contraire, en finances comme en politique, on ne paraît que trop fidèlement s’attacher aux errements du passé. La Russie demeure toujours voisine d’un état d’enfance dont le tableau fidèle aurait sans doute été taxé d’exagération s’il s’était présenté sous notre plume. Nous en avons rencontré les traits curieux dans une réponse à notre travail publiée par le Journal de Saint-Pétersbourg du 13 fé-
vricr, et annoncée immédiatement à l’Europe entière par une dépêche télégraphique! Notre surprise a été grande en lisant cet écrit, signé par un banquier d'Odessa. Franchement, on aurait pu s’épargner les frais du télégramme. La citation intégrale de ce document permettra d’apprécier la valeur de ces observations, sur l’effet desquelles on paraît avoir beaucoup compté en Russie ; nous sommes sans doute mauvais juge, car l écrit de M. de Tlioerner nous semble beaucoup pUis digne d’attention. •
Voici l’article inséré dans le Journal de Saint- Pétersbourg, il a conservé pour litre : Les finances de la Russie ;
« M. Wolowski prd'lond que la circulation du papiermonnaie s’élevant on Russie à 635 millions do roubles (environ 2 milliards et demi on francs) est fort exagérée. son avis, il en résulte pour la Ru.ssie de grands périls financiers. En Angleterre, dit-il, il n’y a qu’un milliard de paiiiermonnaie ; en France, 900 millions do francs
(I A n approfondissant les besoins et les lois de la circttlalion en Russie ainsi que la marche des transactions commerciales du pays, on arrive à des conclusions d’une tout autre nature. 11 ne faut pas perdre de vue en premier lieu que ces 035 millions de roubles do papier-monnaie circulent dans un empire dont l'étendue est immense, qu'ils sont distribués parmi
* Il u'y a point eu Angleterre ni en France de papier -tnonnaif ^ mais bien de la monnaie de pupierf remboursable en numéraire à présenUtioD, ce qui esl bleu difTérenl.
une popuijj^i de 10 millions ^ hommes auxquels la plupart des ^en^ions modernes du crédit sont inconnues. Il faut prendre 'également en considération- que celte masse do papier-monnaie supplée à toutes les autres valeurs pécuniaires qui existent ailleurs, et qu’elle constitue on Russie une^pèeede dette consolidée qui, sans être obérée d'intérêls. répond à peine, défalcation faite des 72 millions do fonds d'échange, aux exigences du pays.
« Les cuisses d’épargne n’existent presque pas en Russie; le crédit n'est pas démocratisé comme en France et en Allemagne, Les paysans, les bourgeois, les petits employés, les domestiques, en un mot toute la masse de la nation, ne sait pas encore ce que c’est qu’une action ou un coupon de rente. 11 faut observer à cette occasion que tandis qu’il y a en Franco des coupons de 10 francs et môme de 6 francs maintenant (soit une valeur de 200 et 130 francs), en Russie le plus petit coupon était do 500 roubles do capital (soit 2,000 francs). Ce n’est que depuis quelque temps qu’il y a été émis des billets de 100 roubles à 5 pour 100 (soit 400 francs).
Toute l'épargne nationale est placée en billets de crédit. Il serait difficile d’évaluer exactement le chiffre auquel elle s’élève ; mais 70 millions d’habitants, dont l’épargne est assez considérabfe, doivent absorber une quantité de billets de crédit s’élevant nu minimum au tiers sinon à la moitié de tout le papier-monnaie circulant.
U Le crédit n’est pas développé en Russie, nous le répétons, comme dans les pays cités par M. Wolowski. Pour tous les payements de ville en ville, on se sert d’un moyen abandonné par tout le reste de l’Europe. On envoie l’argent en papier-monnaie par la poste. Les traites et les remises sont inconnues, et il n'est pas un seul pays au monde où d’aisssi considérables etwois d’argent se fassent par la poste.
DECXIÈMK PARTIE.
« A peine»' il y a dans cinq ou six filles des comptoirs de la Banque (T État qui délivrent des transferts. Encore la Banque est-elle obligée de munir les succursales de fonds envoyés jmr la poste ou par une expédition au comptant escortée d’un caissier de la Banque. M. Wôlowski ignore |>robablemcnl tous ces détails'. ’k
Il En France, les banquiers, la Banque même et ses succursales, en dernier lieu aussi les mandats de la fioste, remplacent, au grand avantage du public, les moyens primitifs dont SC servent encore les Busses. Il n'en résulte pas moins qu'une grosse somme de papier-monnaie se trouve mise en dehors de la circulation, et l’on doit le reconnaître, si l’on ' pfend en considération la lenteur des communications et les immenses distances à parcourir. C’est à peine s’il existe maintenant en France des trajets de plus de deux ou trois jours de durée ; mais en Russie les distances sont de 10, 20,
30 et même 60 jours, ce qui fait que de fortes sommes sont soustraites a la circulation et que les besoins financiers du pays en réclameraient peut-être le remplacement'.
U Aussitôt perçues, les recettes du trésor français sont versées au crédit de l’Etat à la Banque de France ou dans ses succursales. C'est ce qui n’existe /tas encore en Bùssie. Il y a de 600 à 700 caisses de district et de province qui reçoivent les impôts; chaque administration de gouvernement ou de ville a sa caisse à elle, et comme cet argent ne rentre ou trésor qu’à certains intervalles, il y a de très-fortes sommes mises hors de circulation de cette manière-là aussi. Ces trois considérations luises dans leur ensemble amènent à réduire de 400 ou 450 millions le chiffre réel du jmpia'-monnaie circulant, qui ne s’élève par conséquent qu'à 200 ou 250 millions de rou-
* .Non; cl ils nous p.iraisscnl .iiissi curieux que caractéristiques.
’ Est-ce une précaution oratoire pour annoncer une nouvelle création d'assignats 7
RÉPONSE AUX PCBUCI8TE8 RÜSSES. 87
blés, chiffre restreint plutôt qu exagéré, et qui explique la pénurie numéraire ainsi que le taux élevé de Vescompte à l’inté~ rieur et même à la bourse de Saint-Pétersbourg et d'Odessa.
« La trop grande abondance de papier-monnaie se manifeste par sa dépréciation. Or, à l’intérieur, la conlianco qu’il inspire est inébranlable. Ce qui le prouve, c’est que, depuis le !•' septembre jusqu’aux -derniers jours d’octobre 1863, alors que la Banque donnait l’argent au pair, le pays n’a rien échangé. Toutes les demandes étaient pour l’extérieur et affectées à la solde des importations étrangères.
<1 La hausse du change en 1862-1863 a donné une prime de 5 à 10 pour 100 aux importateurs do marchandises, et la bonne ^iiêoltc en 1862-1863, en France et en Angleterre, ayant ralenti les expéditions des céréales russes, il fallait payer à l’étranger en or ou en traites do la Banque le déficit de notre bilan commercial. Voilà tout le mystère do cette mesure non réussie d’échange dont s'occupe si fort M. Wolowski et dans laquelle le pays mémo n’est entré pour rien.
« Aussi longtemps que le bilan commercial de la Russie lui sera défavorable, le change ne se remettra pas au pair avec la stabilité voulue. Tous les expédients possibles éloignent de ce but au lieu d’en rapprocher; mais le développement de la prospérité publique, la construction dos chemins de fer activant l’industrie et l'agriculture, le jour où la Russie aura plus à tirer sur l'étranger qu’à lui remettre, l’équilibre se rétablira de lui-inéme, et l’on pourra reprendre l'écbange des billets do crédit mémo avec un dépôt métallique relativement minime, car la demande s'arrêtera d’elloméme aussi.
« En 1856 et 1857, après la guerre de Crimée, alors que la masse du papier-monnaie était bien plus grande et où il ne s'échangeait pas, le cours de change s'est pourtant élevé
parfois au-dessus du pair. A Odessa il a été jusqu'à 416, à Saint-Pétersbourg à 406, ce qui n’avait pour cause que l’accroissement d’exportation des marchandises russes.
(I Malheureusement la réduction des intérêts sur les dé-
pôts à la Banque, t affluence des capitaux russes vers des placements étrangers, la baisse du tarif d’importation, la masse des voyageurs, qui, profitant des facilités accordées par le gouvernement, se sont rendus à l’étranger, tous ces motifs réunis ont amené une si forte demande de traites sur l'étranger, que le cours du change a baissé et n’a pu se relever depuis.
. « Tandis qu’en France les transactions commerciales se font à trois mois de terme tout au plus, én Russie elles se font ordinairement à six, neuf, quelquefois même d douze mois de terme.
La plupart du temps les payements soifl fixés à l’époque do réunion des grandes foires, telles que celles de Nijni, de Kharkov, de Poltava, d'Irbit, etc. Datis le cas mêtne où l'argent est disponible, deux ou trois mois avant le teiitte désigné, le négociant russe ne le fait pas valoir, le gardant jusqu'à échéance. En sorte que, si un billet de la Banque de France circule constamment et rapidement, le papier-monnaie russe suit une voie tout opposée, ce qui fait qu’il en faut beaucoup plus. En France, chaque boutiquier, chaque négociant so sert de la Banque de France ou de l’intermédiaire des banquiers. Ces derniers font aussitôt valoir les dépôts qu’ils ont reçus. Tout cela est complètement inconnu en Russie, do même que* la lettre de crédit. Un négociant français partant pour l'intérieur afin d’y acheter des marchandises ou des produits, so munit d’une lettre de crédit. En Russie, les habitudes sont autres. Tous les produits agricoles se fkyent nu comptant, et l’acheteur doit emporter les sommes qui lui sont nécessaires en billets de crédit qui restent en portefeuille pendant toute la durée d’un long voyage.
n En résumé, M. Wolowski semble n’avoir voulu consulter aucune des caisses réelles dus clTets Gnanciers dont il a fait l’analyse avec un pessimisme qu’on est pu droit de croire intentionnel, alors surtout qu'il émane d’une personne aussi versée que lui en matière de Gnanccs et d’économie politique.
« Dans son article syr les Gnancos de la Kussie, M. Wolowski «c ci/e, il est vrAi, qut dvs chiffres officiels et jjruduits par le gouvernemenl russe lui-même, mais il les groupe et les interprète de manière à en déduire les conclusions les plus arbitraires.
« Affirmer d’abord que la Russie est un pays pauvre, le répéter plus de trois fois à lu même paye, c’est commencer par prouver qu’on s’est laissé entraîner par des sympathies politiques, qu'expliquent le nom etrorigine de l’auteur, hors dos limites imposées à un économiste aussi distingué que M. Wolowski par l’impartialité d^;la discussion scientiGque.
« Les richesses nationales de la Russie avec ses 70 millions d'habitants sont, toutes proportions gardées, équivalentes «■ celles des pays les plus favorisés. Lu seulf^ différence réelle^ c'est que ces richesses iCont pas atteint le même degré d'exploitation, de développement, et surtout d’imposition.
U Les luagniûques provinces situées qptro le Volga et la* Dwina, le Dniester et le Bug, dont la superGcie égale celle de la moitié de l’Europe, possèdent un sol admirable, qui n’a même pas besoin d’engrais pour produire les plus riches récoltes. M. Wolowski émet donc une assertion tout à fait erronée en disant que « le soi mal cultivé ne donne que des récoltes misérabl&s. » ■.
U .S’il avait pris la peine de se renseigner sur ces questions aussi bien que sur les chiffres puisés dans le Journal de Saint- Pétersbourg, il aurait appris tout au contraire que le travail libre a déjà donné dans ces provinces, aussi bien que dans la Russie méridionale et f Lkraine, les .plus brillants résultats.
IiEJ Xlf'.MK UARIIE.
'4 « Jamais les paysans ifonl autant ensemencé et récollé qu'en 1862-18C3. yuant aux iiropriétaircs, M, Wolowski se ' trompe encore en affirmant que leurs cnsoincnccments .ont diminué de beuucoiii). Peut-être scrait-ii Juste de dire qu’ils nant pas culticc autant de tertaiu qu'auparavant ; mais en limitant lu culture ils ont pu, grâce au travail libre, l’aniu- ' liorer consiilérablement et récupérer ainsi par la qualité ce qu’ils ont pu perdre sur la quantité.
« Pour CO qui est tle l'application des forces mécaniques à Pagricullure, la Russie, dans ces derniers temps surtout, a fait des progrès immenses. En dehors de l'Angleterre, R est peu de pays peut-être qui soient munis d’un plus grand .nombre de locoraobiles, do batteuses et de moulins à vapeur. Cola est si vrai, que l'achat de ces machines à l’étran- , ger a fait sortir de Russie îles sommes immenses, ce qui a pesé fort lourdement sur le bilan commercial de l’empire. '' « liiiilk part les impôts ne sont aussi modiques qu’en tiiissie.
Si M. Wuloirski voulait établir un parallèle entre les impôts. d'un contribuable fran^'ais et ceux d'un contribuable russe, il serait frappé du contraste qui en résulterait tout à l’avantage des /lusses.
« La grande noble.sse, Vivant des revenus de ses terres ou de renies mobilières, n’est presque pas imposée.
« Les income-tax et les octrois n’oxislcnt pas en Russie, et M. Wolowski est à mémo de juger des ressources que les finances do l'État peuvent trouver dans cette direction.
« L’impôt sur les boissons est très productif, il est vrai, mais il ne faut pas perdre de vue que le climat do la Russie fait une nécessité hygiénique d’une grande consommation do spiritueux. Par contre, le tabac et le sol, si lourdement imposés ailleurs, le sont à peine eu Russie, et offrent par consé(iuont de grandes ressources financières. «
Rerma.v Kafalowicï.
‘r RÉPONSE AUX PrULICISTES RISSES. 91
Nous avons tenu à reproduire tout entière tu réponse du Journal de Saini-Pélersl/mmj; cliaciiu peut juger de la puissance des arguments qu'on y développe. Cela n’empôchern sans doute pas la bonne foi de nos adversaires de répéter encore que nous écarlous ce qui peut être dit pour rele\a;r les finances de la Russie aux yeux du monde. Dans notre premier travail, nous avons laisséparler les données officielles', ici nous avons cédé la parole aux défenseurs avoués de, l’aclminislraUon russe. Que voudrait-on de plus? Sommes-nous responsable du triste étal des choses dont témoignent des chiflres reconnus exacts, ou de' ce qu’une défense trop difficile peut laisser à désirer? Il est vrai que, dans un preraier^rticle du 25 février ISüI ', un professeur d’économie politique connu par des travaux estimables, M. Runge, s'exprime ainsi: M Conclure à l'absence des moyens pour nous faire sortir des difficultés contre lesquelles lutte notre adminislratioil financière, n’est -ce pas proclamer hautement la stérilité de son savoir? » Ce reproche, nous l'acceptons. Oui, notre savoir
’ Ut-poiise à M. Wolowski, luibliL-o dans lu journal le Xitril, du 25 février 18(11. — Un deuxième article du iiièuie auteur a paru dans le numéro du 2 mars 1801. >ious n'avons pu en prendre coiinaissaiire (pi'aprés la publication de notre travail dans la Itrvu» des Deux Mondes du I"' mars. Mais nous allons reproduire à la suite de cet écrit les deux articles de .M. l)ungc,eu y joignant quclque.s oV)servations.
est stérile pour une pareille œuvre, et nous admirerons l’habileté de M. Bunge s’il réussit à l’accomplir. Ce sera l’homme de génie attendu par le général Tchevkine, et l’empereur Alexandre II devra se hâter de lui confier le portefeuille des finances.
Dans la multitude d écrits russes sur lu question “ soulevée par notre étude, c’est toujours le môme argument qui reparaît. Personne ne conteste les chifi’res, mais on s’attaque aux inductions, et l’on prétend que noius n’avons pas tout dit. Le Journal de Saint- Pé 1er sbourn et M. de Thoerner in- , sistent sur les nécessités qu’imposent à lu circulation monétaire de la Russie l’étendue de l'empire, l'absence des voies de communtcation et l’absence plus complète encore du crédit; mais tout s’équilibre, et ce triste rellet de la barbarie, qui jette une ombre si épaisse sur la Russie, n’exerce-t-il point aussi quelque influence sur la formation de la richesse? L’amour-propre national se révolte contre ces paroles: « La Russie est pauvre. » Certes ce ne sont pas des peintures comme celtes du Journal de Sainl-Péierxbourg qui sont de nature à inspirer une conviction contraire. On ne la. rencontrera pas non plus à l’aide des arguments évoqués pour expliquer coranaent la Russie a besoin d’une masse colossale do papier-monnaie pour accomplir des transactions fort restreintes. Dans sa
HÉPO.NSK AUX l'UllLICISTES DUSSES. fl.T
naivelé, l’aveu est instructif : il ne faut point être pessimiste pour éprouver, une surprise peu agréable en présence de ces procédés rudimentaires, qui dénotent une société se dégageant à peine des langes de la barbarie : tout ce qui fait la force de l Occident y reste inconnu, tous les rouages sont d'une grossièreté primitive.
11 est un ipoyen dont les écrivains russes usent vôlonîiére quand ils veulent se soustraire aux emhaTrâÿ^d’TitT^ discussion sur les ressources et sur l'adâtinistration financière de leur pays. « C’est bien pis en Autriche, disent-ils. Et puis la France et l’Angleterre n’ont-elles pas eu leur papiermonnaie? » L’Autriche a le droit de se trouver humiliée d'un semblable parallèle; si elle souffre du papier-monnaie, elle s’applique à s’en débarrasser, tfiflieu de chercher h masquer par un faux système une situation déplorable. L’Autriche travaille, elle produit bien et beaucoup ; aucune des forces de la civilisation moderne ne lui demeure étrangère, et les producteurs de blé en Russie savent combien leur devient périlleuse la concurrence des céréales de la Hongrie, aidée par les voies perfectionnées de communication.
La Révolution française a souffert de 1a grande erreur des assignats, mais ses idées ont labouré le monde, mais son génie a plus créé que ses fautes financières h’ont pu détruire. Celles-ci n’ont été
nKlXIÈ.ME EARtir.
qu’un délai! secondairo dans le majestueux ensemble d’une œuvre île géants. '
L’Angleterre a eu son papier-monnaie; mais sait on dans quelle quotité? A l’époipie même où les assignats russes se multiplièrent par milliard.s, les billets h cours forcé de la Banque de Londres ne dépassèrent le chitlro de 20 millions sterling'^ ' (.500 millions de francs) qu'eu 1810, et ils n’ont jamais atteint 28 millions sterling (700 millions de francs) jusqu’au moment de la reprise des paye?, c.. ments en 1822. Cependant les mécaniques anglaises, gréce au génie de Wall et d’Arkwrighl, filaient de l’or. Ou se trouvent donc les nouvelles et abondantes sources de la richesse en Russie pOur faire, équilibre à la masse écrasante du papicrmounaic ? Il est vrai que le Journal de Sainl-Pêtersbourfj nous rassure. « Les richesses uationales^ de la Russie sont, dit-il, toutes proportions gardées, équivalentes à celles des pays les plus favorisés.
La seule différence réelle, c'est que'ces richesse» nonl pas acquis le même degré d'exploitation, de développement et surtout d'imposition.» En d’autres termes, la seule différence réelle, c’est que ces richesses n’existent pas, car que sont elles à l étal brut, quand le génie de l’homme ne les a pas encore fécondées, quand elles ne sont ni exploitées, ni développées? A ce titre, les contrées les plus riches seraient les déserts du nouveau monde. U
lIKPONSE ACX l•rm.tr!STES lirSSES.
est vrai <|uft~le Jout-nal de Saint-Pétersbourg promet tiil nouveau degrtV 'â’irn/^osûton, et c’est' certainement l'avantage lé plus facile à décrëter.
Fîiisons justice en passant des idylles qÉR nous' présentent le bien-être de la llnssie comme soudainement accru par l'abolition du servage. On sait A qiloi s’en tenir sur les effets d'une mesure digne de respect, mais sujette aux dangers inséparables d'un régime de transition. Les paysans continuent de travailler sur leurs propres sillons, d’accord ; mais c’est pour se nourrir, et non pour enricliir le pays. De la part des propriétaires, nous n'avons entendu qu’un concert unanime de plaintes sur les pertes subies, à n’envisager que le côté matériel de la question. Ils sont forcés de réduire leurs cultures, et le prix de la main-d’œuvre rehchârit au point d’affecter d’une manière sensible le prix du- blé.
Quant aux machines agricoles, la Russie a pu dépenser beaucoup pour se les procurer, mais cela ne suffit pas pour quelle sache s’en servir et les entretenir en bon état. La plupart du temps elles imposent un lourd sacrifice, sans compensation suffisante.
Pour en venir au papier-monnaie non remboursable, nous nous bornerons à demander à teux qui l’exaltent aujourd’hui pourquoi ils applaudissaient, il y a un an, aux efforts tentés pour
hEI'XIEMK PAHIIE.
guérir celle plaie, aux emprunls conlraclés en numéraire pour reprendre le payemenl en espèces. Ils voulaienl donc appauvrir la Russie en la prijanl <le ce précieux instrument donl elle a pu à plusieurs repri.ses apprécier déjà le principaJ bienfai l, la hideuse banqueroute ! H esl vrai qu’ils n’avaienl pas fait encore la découverte que l'on thésaurisait des billets, sans valeur intrinsèque aucune, et dépqnrvus de tout revenu I II faut le reconnaître, si les busses se livrent à celte fantaisie et s'ils y consacrent des milliards, la Russie n’est pasun pays comme un autre, et le capital n’y rencontre guère d’emploi. En admettant pour le moment, d'accord avec une fiction hardie, que près de 2 milliards de billets SC trouvent ainsi gardés en réserve, que deviendrait la circulation le jour où ils en tripleraient la masse effective, alors que, lassés de leur inactivité, ils ne "pourraient ni s’écouler sur les marchés étrangers, ni être utilisés sur le marché intérieur? De toutes les suppositions, celle imaginée par l’article du Journal de Saint-Pétersbourg est sans contredit la plus extraordinaire et la plus périlleuse.
Vers kl fin de décembre I8G3, les hommes qui s’occupent des questions d’économie et de finances se sont réunis à Saint-Pétershourg pour discuter ces graves problèmes. Ils n’ont point partagé des illusions naïves, si elles sont sincères. Ils ont déploré la nouvelle nécessité qui faisait suspendre
HÉI’OKSE Al’X l’Um.ItlISTKS RUSSES.
l’échange des billets, et ils en ont indiqué la cause première'. L’emprunt contracté à Londres devait être intégralement employé remplacer une .somme équivalente de billets ; mais tes besoins du
trésor, accrus par la guerre de Pologne, l’ont conduit é ce que le correspondant du Times nomme this secret finaucial operation : ils ont fait donner une autre destination à l’argent produit par l'emprunt. On comprend les embarras qui en sont résultés.
La nécessité de plusieurs milliards de papier- . monnaie non remboursable est une invention de date récente ; elle fait peu honneur à ceux qui s’en rendent les éditeurs responsables, et nous acceptons la condamnation sous laquelle ils croient nous accabler en prétendant que nous ignorons les causes réelles des effets financiers dont nous avons fait l'analyse. Nous espérons les ignorer toujours et n’avoir jamais à faire valoir de pareils arguments. Le plus cuyieüx, c’est que-l’on arrive jusqu’à dire que la baisse du change est étrangère à l’existence du papier non remboursable. On invoque le souvenir de 1850 et de 1857 pour rappeler que le change est monté alors jusqu’à 416. Il n’aurait pas été superflu d’ajouter pendant combien de temps, et si ce météore accidentel n’a point-été amené par
‘ Voir la correspondance dn Timet datée de Saint-Pétersbourg, le 27 décembre IK63, et publiée le 8 janvier 1864.
98 UKrxiÈME PARTIE.
la vente soudaine des réserves de blé accumulées pendant la campagne d’Orient.
Enfin on répète avec insistance que nulle part, les impôts ne sont aussi modérés qu’on Kqssie. Ce raisonnement n’est pas plus sérieux que si l’on disait «pi'ils sont encore' plus modérés parnii les tribus sauvages de l’Amérique. Il ne s’agit point de savoir quel est le chiffre ahwlu de la redevauêe payée par tête à l’Etat (ce chiffre se réduit réellement à environ 20 francs en Russie, tandis qu'il s’élè\'e à plus du double en France), mais de connaître la part relative ainsi prélevée sur chacuir^
ce qui renverse la proportion, et certes aucun cou- tribuable français ne voudrait, toutes choses égales ' d’ailleurs, échanger sa position contre celle d'un contribuable russe.
On parle d’income tnTC et d’octrois qui n'existent pas en Russie. Ignore -t-on que Yincomc-lare est un obstacle à la formation des capitaux, ce prcffiicr besoin de la Russfe,-^! qu’aie ne saurait être productive là o^fle devenu national est si restreint? Quant aux octrois, oublie-l on qu’ils constituent une source de profits pour les villes, mais qu’ils rapportent fort peu à l'Etat? Le tabac et le sel sont, dit-on, faiblement imposés en Russie ; ce n’est pas la bonne envie, mais la possibilité qui manque pour accroître cette branche de revenu. En revanche, l’impôt des boissons devient de plus en
IIÉI'O.NSE AUX pfftî.iriSTKS RUSSES.
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plus productif, et le prix de l’eau-do-vie baisse, ce qui fait qu’on ftn consomme des quantités de plus en plus effrayantes. C'est lA un profit que la richesse nationale paye cher par l’abaissement intellectuel et moral de la population livrée à de pareils excès 1
Quant aux doléances du Journal de Sainl-Pélershtmrff sur la balance du commerce, une feuille russe, la Gazelle de la Bourse, nous dispense de nous y arrêter ; elle a suffisamment prouvé tout le vide de cette -Argumentation '. La même feuille constate qu§. dans l’appréciation des forces matérielles de lOussie, notre point de départ est celui de presque tous les publicistes russes. Au lieu d’exagérer l’expression de leur pensée, nous l’a- vons adoucie. C’est en vain que nos contradicteurs essayent de jeter de la confusion dans le débat en mêlant tou,l, pour empêcher une vue nette du sujet; cest en vain qu’ils nous accusent, en termes qui ne perdraieut rien quelquefois A être plus polis, d'omissions volontaires et d'oublis prémédites. Nous en avons vainement cherché la preuve dans leurs^ réponses ’. Qu’ils nous vantent compluisam-
' Cet article a été reproduit dans le Sorti du 21 février 1804.
’ Le dernier venu, M. Bunge, sc montre le moins réservé dans son langage et le moins décisif dans sescritiiiues. On aurait niieuv attendu d un (économiste dont les écrits ont été souvent remarqués. Nous lui demanderions surtout à l'avenir, s'il veut encore nous faire parler, de citer cé que nous avons dit, au lieu d'en présenter
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meut l'abondance des récoltes et qu’ils y voient une mine féconde pour la Russie, il nous suffira de leur demander quelle transformation s’est opérée depuis l’époque où un économiste dont on ne déclinera pas la compétence, M.de Tengoborski, estimait au-dessmts de quatre grains le rendement moyen des cultures. Nous nous bornerons aussi à rappeler les jugements portés sur l'agriculture russe par .M. de Molinari, adversaire décidé de la cause polonaise et plein de bon vouloir pour la Russie. Dans le Huski Viestnik (novembre 1802), il en présente un tableau très-sombre. «Que fera, dit-il, le propriétaire sans lumières, sans capital, sans main-d'œuvre'!... La récolte est toujoufs chétive ! »
Est-il besoin de répondre à d’autres obsenations, aux reproches de ceux qui nous accusent de
lin ri'sumé de fantaisie : ce sera plus evact et plus concluant. Nous n’avoiis jamais confondu l'actif et le passif de la Hani|ue avecj’actif et le passif de l’Etat ; mais, nous somnius bien obligé de le dire, sauf une portion niinimc, l'actif de la Banque consiste, presque en totalité, en sommes qui sont dues ]iar le trésor. Du reste, il faudrait avoir les liMetiux sous les yeux jKiur saisir d'un coup d'ieil rcnsemlile de la situation. Bornons-nous à une seule remarque pour le roonient : il est un chapitre des revenus .actuels de la Russie que M Bunge aurait mieux fait de passer sous silence, ce sont les contributions qui out frappé, coniine il le rappelle, les propriétaires des gouvernements de l'ouest et du sud-ouest de l'empire, c'est-àdire des [irovinces lithuaniennes et polonaises. L’Euroiie. ne .sait que trop que ces contributions ont été productives.
RÉI’ONSK AUX PUBLICISTES BUSSES.
n’avoir pas tout dit? C’est dans le JSouveUhie de Moscou que nous trouvons ces reproches, et nous pouvons lui assurer que nous n’avons rien omis d’essentiel. Ainsi nous ne nous sommes pas contenté d'invoquer le témoignage autorisé de M. Kolb dans notre appréciation des forces militaires de rempire, nous l’avons contrôlé, et nous avons admis quelles s’élèvent à environ 000,000 hommes avec le aorps des Cosaques et la cavalerie colonisée. Le journal russe présente un chilfre pareil comme le résultat d’armements récents; mais il laisse en dehors 90,000 Cosaques et l’armée du Caucase. Nous persistons à penser qu’il y a exagération dans ces données, bien quelles soient loin encore d’atteindre le fameux million de soldats dont on a si souvent parlél 11 y avait un moyen fort simple de lever tous les doutes: c’était de publier les états de l'armée. Aurait-on craint les rapprochements que permettent de faire les documents peu nombreux mais significatifs que le gouvernement russe a déjà mis au jour? Ce qui est certain, c’est que les finances de la Russie doivent se ressentir rudement du surcroît de dépense amené par la levée de nouvelles troupes et par la construction hâtive de fortifications plus solides. Nous désirerions fort voir ['état au vrai du règlement des recettes et des dépenses de 1803 ; après l’avoir étudié, on cessera de nous taxer de pessimisme..
IitXXlKMK PAHTIE.
Le Nouvellisie de Moscou du Î8 janvier 1804 s’exprime comme il suit: «On dit que nous sommes pauvres ; l’article d^M. Woloxvski sur nos finances, publié dans la Keviic des Deux Mondes, a fait le lourde rfiurope; on affirme partout que le côté financier est notre côté vulnérable... Nous autres Russes nous savons que nos moyens sont très- (jrands et très-petits , très-grands en cas d'une guerre pour l’intégrité de notre pays, très-petits ' pour nos besoins de tous les jours. » Après avoir fait cet aveu, l'écrivain espère (jue la Russie pourra se tirer de ces embarras,**qui ne constituent pas. dit-il, un vice organique, « mais eu attendant, constatons que nous sommes pauvres. »
Cependant, pour détruire cette impression, il continue, dans un style plein d'Iinmour, à montrer combien de dépenses inutiles et fantastiques gaspillent les ressources de la Russie, et combien, en les retranchant, on pourrait faire d’économies, de manière à modifier favorablement l’état des finances. 11 s’agit toujours lA d’un futur contingent, que quiconque connaît la Russie, ne regardera pus comme probable.
En définitive, la situation ne s’améliore pas pour la Russie, quoi que puissent prétendre les apologistes d'un ordre de eboses qui ne saurait faire désormais illusion à personne. Serait-il vrai que, vers la fin de 1883, le gouvernement a consenti
une remise notable aux ilélenteurs d’eaux-de-vie en dépôt pour les engager i\ payer le droit d’accise avant le 1" janvier? On ne saurait voir l’indice d’une grande prospérité dans l'émission de nouveaux bons du trésor pour 3G millions de -roubles (H4 millions de francs) avec la clause que les caisses du gouverneinenl ne peuvent les recevoir e.n payement, à moins que la somme é payer n'égale au moins le principal et les intérêts des billets. On a beau épuiser les palliatifs et multiplier les démonstrations destinées é éblouir le monde, l’abîme du déficit se creuse de plus en plus, la force des choses et la vérité ne perdent point leur empire, et la Russie risque fort d’être amenée trop tard à le reconnaître.
fie travail était terminé quand nous avons pu prendre connaissance de l’ensemble de l’écrit de M. Bunge, publié par le Journal de Saint-Pétersbourg et reproduit par le Nord. Le ton âpre et malveillant de ce document nous a surpris de la part d’un écrivain qui devrait mieux, ce nous semble, conserver le calme, convenable à une discussion sérieuse. Pour notre compte, nous ne nous en départirons pas, et nous ne voyons dans le langage employé par M. Bunge qu’un motif de plus pour