TRIBUTS DIVERS
Recette : 1 136 316 liTres turques.
Cette somme se décompose comme suit :
Égrypte (y compris Ltq. 15 000 pourZeilah sur le golfe
d'Adcn) Ltq. 765 000
Roumélie Orientale 265 000
Chypre 1 02 596
Samos 3 000
Mont Athos 720
Le Iribul d'Egypte remonte à la conquête de T Egypte en 1517 par le sultan Selim I, vainqueur de Toumoun Bey, le dernier des Mamelouks.
Depuis lors, l'Egypte a toujours payé un tribut annuel dont le montant varia selon le bon plaisir des souverains ottomans, maîtres absolus de la vallée du Nil. Dans le cours du xix"* siècle, les événements politiques modifièrent presque du tout au tout les rapports existant entre la Turquie et TÉgyple. Méhémct Ali obtint en 1841, à la suite des défaites qu'il infligea à son suzerain et grâce à l'intervention de la diplomatie européenne, l'investiture à vie du pachalik d'Egypte avec droit d'iiérédité pour ses descendants et fixation du tribut à un quart des recettes brutes du pays.
Pour éviter les inconvénients pouvant résulter de ce que cette •dernière stipulation avait de vague, le tribut fut porté quelques années plus tard à une somme fixe de 60000 bourses (de 500 piastres chacune).
En 1807, Ismaïl Pacha obtint de la Porte, moyennant une augmentation de plus du double de son tribut annuel, élevé à 150000 bourses, des concessions si considérables qu'elles équiva- Jaient presque, sauf le droit d'investiture réservé au Sultan, à J 'indépendance de l'Egypte.
La Turquie s'estimerait certainement heureuse et serait peut-
être une des nations du continent les plus prospères financièrement, si elle pouvait encaisser chez elle-même et ailleurs les revenus et autres tributs auxquels elle a droit, aussi aisément qu'elle perçoit le tribut égyptien. Jamais, en effet, surtout depuis lefirman obtenu par Ismaïl Pacha en 1867 et celui de 1872 (confirmant ce dernier), TÉgypte ne lui a causé de désagréments à ce sujet. Depuis la liquidation du 17 juillet 1880, instituant une Caisse de la Dette égyptienne, le tribut d'Egypte se trouve placé sous la garantie des Puissances représentées à cette Caisse. Ce tribut sert de gage à différents emprunts dont il sera question à Tarlicle « Dette consolidée ».
Nous parlons dans l'article « Administration de la dette publique », de la redevance de la Roumélie orientale et du tribut de Chypre; dans l'article « Cultes », du tribut du mont Athos.
Le tribut de Samos. — C'est par firman du 10 décembre 1832 que Samos, une des principales îles de la mer Egée, fut constituée en principauté vassale. La Porte nomme le prince (de nationalité grecque) et prélève un tribut de 300000 piastres, représentant à peu près 10 p. 100 des recettes de l'île, soit environ 6 piastres par habitant.