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LISTE CIVILE IMPÉRIALE

Allocation de la liste civile impériale.

Dépense : 677 172 livres turques.

Allocation des princes et des princesses.

Dépense : 306 378 livres turques.

Pour la Gxation du premier de ces chiffres, on paraît avoir pris comme base ceux de la liste civile des principaux souverains de l'Europe :

Le czar reçoit 12 740 000 roubles (env. 34 millions de francs)

L'empereur d*Autriche-Hongrie. 18 600 000 couronnes ( — 19 1/2 — )

L'empereur d'Allemagne U) 15 500 000 marcs ( — 191/2 — )

Leroid^lUlie 16050000lires ( — 16 — )

Le roi d'Angleterre 543 000 liv. sterl. ( —131/2 — )

Il serait difficile d'affirmer que, dans la pratique, les sommes versées au souverain et à son entourage ne dépassent pas les chiffres inscrits à la colonne des dépenses du budget. Jamais les Turcs n'ont établi une distinction très nette entre les dépenses du Sultan et celles de TÉtat qu'il incarne en sa personne.

Mais il est juste d'ajouter que, sous ce rapport, la situation s'est considérablement améliorée depuis l'avènement au trône du Sultan Âbdul-Hamid. Les dépenses de la maison impériale^ tout en restant extrêmement élevées, n'atteignent pas le chiffre qu'elles exigeaient il y a un quart de siècle. Elles ont d'ailleurs en partie

(1) Guillaume II, comme ses deux prédécesseurs sur le trône créé en 1871, ne touche rien en sa qualité d'empereur d* Allemagne : c'est au roi de Prusse que la liste civile est accordée.

changé de nature. Le Sultan mène personnellement une vie fort simple. On ne voit plus se produire sous son règne les achats insensés de bijoux et les folles dépenses de bâtiments qui ont marqué le règne d'Abdul-Aziz. Mais le personnel nombreux de fonctionnaires et d'agents de toute sorte qui entoure le souverain absorbe des sommes considérables, et Tallocation afTectée à la liste civile, môme grossie des prélèvements extrabudgétaires, serait évidemment insuffisante, n'était la très importante fortune personnelle du Sultan, qui est considéré comme le plus grand propriétaire foncier du monde.

La gestion de cette fortune est confiée au ministère de la liste civile, dont le titulaire ne siège pas au conseil des ministres. Ce ministère est composé d'un conseil administratif de 1 1 membres et d'un conseil d'administration des domaines impériaux composé de 10 membres. Son personnel est très important, les propriétés de la liste civile s'étendant à toutes les provinces ; en Syrie et en Mésopotamie, elles sont évaluées à 30 p. 100 des terrains cultivés (1).

Yildiz-Kiosk (kiosque de l'étoile), construit en 1865 sur la colline qui domine Ortakeui et Bechictach, est la résidence du Sultan, qui l'a considérablement agrandie en y annexant trois autres pavillons. Cette immense enceinte, protégée par de hautes murailles de granit, avec ses kiosques, ses pavillons, ses chftlets, ses belvédères disséminés parmi les feuillages du parc, est presque une ville ; sa population, sans compter les belles troupes de la garde impériale dont les casernes s'adossent au mur de clôture, s'élève à plus de 3000 personnes attachées au service du souverain. Elle comprend les officiers de ses maisons civile et militaire, le Harem, un personnel nombreux de fonctionnaires, d'employés inférieurs, une nuée de serviteurs et d'esclaves.

Le premier rang dans la hiérarchie du Palais est occupé par le Grand Eunuque qui, seul avec le Grand vizir, a le titre d'Altesse.

(1) On aurait tort d'attribuer des inconvénients économiques à cette réunion de grandes surfaces entre les mains de la liste civile, réunion qui ne se fait point, comme cela s'est passé dans l'ancienne Home, au détriment des petits propriétaires, mais a, au contraire, une excellente influence agricole, la liste civile rendant à la culture des terrains qui, étant donné le caractère nomade de la population, resteraient incultes. La liste civile n'est d'ailleurs pas le seul grand propriétaire dans ces contrées ; retendue des terrains possédés par quelques particuliers est énorme ; le banquier Zarifi de Constantindple passe pour posséder dans le vilayet de Bagdad plus de 50 000 hectares acquis de TÉtat et cultives en riz et en coton.

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