‹ Les finances de la TurquieChapitre 40 sur 49 · OD · texte numérisé non relu

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Chemins de fer dAnalolie,

Dès Tannée 1871, le Gouvernement ottoman avait conçu Tidée de créer un réseau de lignes de chemins de fer dans la Turquie d^Asie; toutefois, jusqu'en 188G, il ne parvint pas à arrêter un plan d'ensemble et se contenta de construire quelques petites lignes se dirigeant du littoral vers Tintérieur. Il établit ainsi les lignes dont nous avons parlé de Haïdar Pacha à Ismid, de Moudania à Brousse, de Smyrne à Allacheir, de Smyrne-Aïdin à Serakeui et de Mersina à Adana.

Ces lignes, d'une longueur de 598 kilomètres, ne profitèrent cependant qu'au littoral, et l'intérieur du pays resta négligé. Aussi le Gouvernement, reconnaissant les inconvénients de cet état de choses, arréta-t-il le programme d'établissement d'un réseau de chemins de fer dressé par M. de Pressel, l'ancien directeur de la construction des chemins de fer lombards.

L'exécution du programme devait être répartie sur un certain espace de temps comprenant trois périodes :

^«•« période.

Ligne de Samsoun-Amasia-Sivas 392 kilom.

— de Ismid-Angora-Diarbékir 1369 —

— de Suedji-Alep-Diarbékir 485 —

— de Ada Bazar-Eregli 200 — 2446 kilom.

f*> période.

Ligne de Brousse-Boznyak 114 kilom.

— de Eskicheir-Kul-ajah-Konia 472 —

— de Sivas-Cdsarée 150 —

— de Diarbékir-Bagdad / 886 — 1622 kilom.

S* période.

Ligne de Bagdad-Bassora 440 —

— de Tripoli-Homs-Antioche 256 — 696 kilom.

De toutes les lignes ainsi prévues, la plus importante était la prolongation de la ligne Haïdar-Pacha-Ismid jusqu'à Angora, éventuellement jusqu'à Konia et Bagdad et au golfe Persique; elle devait former une partie de la grande route des Indes. Ce programme ne tarda pas à obtenir un commencement d'exécution.

Ismid' Angora. — Le jour même où avait été concédé le chemin de fer de JalTa à Jérusalem, le 8 octobre 1888, était signé le firman

accordant la concession bien plus importante du chemin de fer d'Ismid à Angora, concession qui inaugurait le régime des garanties kilométriques perçues par l'administration de la Dette. M. de Kaulla, agissant pour un groupe allemand à la tête •duquel se trouvait la Deutsche Bank, obtint d'abord — contre paiement de six millions de francs — la concession de l'exploitation de la ligne d'Haïdar-Pacha à Ismid — 92 kilomètres — déjà construite en 1871 par le Gouvernement, et en outre la concession ■de la construction et de l'exploitation d'un prolongement de cette ligne jusqu'à Angora par Belidjik et Eskicheir — 486 kilomètres; les deux concessions avaient une durée de quatrevingt-dix-neuf ans, récemment augmentée de quatorze années pour coïncider avec la durée de la concession de la ligne de Bagdad.

La garantie kilométrique de recette brute fut fixée à 10300 francs pour la première ligne, à 15000 francs pour la seconde, étant entendu que tout excédent de recette de la première ligne au-dessus de 10300 francs devrait venir en déduction de la garantie de la seconde ligne. Les dîmes des sandjaks d'Ismid, d'Ertogrul, de Kutahia et d'Angora, encaissées par les soins du Conseil d'administration de la Dette publique, assurent les engagements pris par le Gouvernement du chef de sa garantie.

Les travaux de la ligne d'Ismid-Angora, commencés en 1889, furent activement poussés et dès le 27 novembre 1892, avant même le terme fixé pour l'achèvement, eut lieu l'inauguration solennelle de la ligne, circonstance qui n'a pas peu contribué à la grande faveur dont la Société jouit dans les cercles gouvernementaux.

La Société qui a été constituée avec des capitaux allemands, tant pour la construction que pour l'exploitation, porte le nom de Société du chemin de fer ottoman d'Anatolie.

Eskicheir 'Konia. — Le 3/15 février 1893, M. de Kaulla, agissant au nom de la Société susnommée, obtint la concession d'une ligne de Césarée à Angora — 384 kilomètres — dont nous ne parlerons pas ici, parce qu'elle n'a pas été exécutée, et d'une ligne d'Eskicheir (1) à Konia avec embranchement d'Alayund à

(1) Eskicheir est une station de la ligne d'Ismid à Apgora.

Kutahia (ensemble 445 kilomètres). Sous rinfluence des critiques qu'avait provoquées le système de garantie kilométrique portant sur la recette brute, système qui régit les concessions des lignes de Salonique-Monastir, de Salonique-Dédéagatch et d*Anatolie,les conditions obtenues par la Société d'Anatolie pour cette ligne furent bien moins avantageuses que pour ses concessions anlérieures. L'État paie à la Société 5(X)0 francs par kilomètre jusqu'à concurrence de 8 800 francs de recette par kilomètre. Si la recette dépasse 8 800 francs, la subvention de 5000 francs est réduite d'autant. En 1898, la Société d'Anatolie a réussi à faire élever la garantie de 5000 à 6750 francs.

La ligne d'Eskicheir à Konia avec son embranchement sur Kutahia a été entièrement ouverte à l'exploitation le 29 juillet 1896.

Le paiement de la garantie kilométrique du gouvernement est assuré par les dîmes des sandjaks de Trébizonde et de Gumu- ' chhané, encaissées par Jes soins de l'administration de la Dette publique.

En 1898, un petit embranchement de 9 kilomètres, sans garantie kilométrique, reliant la station d'Ada Bazar (ligne d'Ismid-Angora) à la ville du même nom, est venu s'ajouter ao réseau.

Le capital engagé comprend :

FraDCA.

113 565 act. de 500 fr., 1 r« et 2o série, dont 60 p. 100 versés. 3 1 069 500 D0Biul(i).

6 435 act. de 500 fr. entièrement libérées (2) 3 217 500

f« 80 000 000 oblig. 5 p. 100, ir» série, émises à 86 p. 100.... 68 800 000 f» 80 000 000 — 20 série, — 89p.100env. 71200 000

Total 177 287 000

Nous rendons compte dans deux autres chapitres (agriculture, ports) de différentes mesures prises par la Société pour le développement du trafic. Mentionnons encore ici la création d'agences commerciales sur des points importants de l'intérieur du pays, situés loin du chemin de fer; la Société a établi de pareilles agences à

(1) Les actions ont été introduites aux Bourses allemandes en octobre 1900,. au cours de 76 p. 100, soit 180 francs par action de 500 francs, libérée de 300 francs.

(2) Afin de former le capital nécessaire aux travaux du port de Haïdar-Pachit l'assemblée générale du 28 janvier 1899 décida de permettre aux détenteurs de titres provisoires d'actions de la l""® et de la 2« série de libérer eritièremen leurs actions, droit devant rester en vigueur au moins jusqu'ù ce que 10 000 actions aient été libérées.

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