‹ Les finances de la ville de Paris de 1798 à 1900Chapitre 136 sur 212 · Chapitre IX. — Inhumation · texte numérisé non relu

Chapitre IX. — Inhumation

Ce chapitre enregistre les principales dépenses ayant trait au fonctionnement des pompes funèbres, aux inhumations et incinérations, et à l'entretien des cimetières parisiens.

Le total des dépenses est prévu pour 1900 à la somme de 1,745,498^33

Mais pour se rendre compte de la charge totale que la Ville aura à supporter en 1900 pour le service des inhumations, des incinérations et pour l'entretien des cimetières, il faut ajouter à ce total :

i" Les frais d'entretien des murs d'enceinte et des bâtiments d'administration (chap. XIII, art. i3) 5o,8oo »

2" Les dépenses de grosses réparations (chap. XXVI II, art. 5) 20,oSo »

Ce qui forme un total de 1,816,298^32

Les dépenses constatées en 1878 ont été de 925,638' »

— — 1898 — 1,1 34^040 18 Les dépenses prévues pour 1900 au chapitre IX sont de

1,745,498 fr. 32 c.

Une partie de ces dépenses sont des inscriptions d'ordre.

La i" section prévoit les crédits pour le personnel. Us s'élèvent à i,3i8,454 fr. 80 c, dont 263,4oo fr. pour les traitements de l'inspecteur et des agents des pompes funèbres, qui sont remboursés à l'aide d'une contribution des pompes funèbres, administration indépendante de la Ville, régie par

les fabriqnes des églises ou temples des divers cultes reconnus par rÉtat.

La 2* section enregistre les dépenses diverses qui s'élèvent à 4^7^43 fr. 52 c*

Voici le détail de la i" section :

Traitements de personnel de l'inspection de la vérification

des 3écès 36,200^ »

Inspection du service général des pompes funèbres. Traitements des agents 268,400 ».

Traitements et indemnités des agents des cimetières. . . 91 4)354 80

Entretien des routes, des plantations et de divers ouvrages

dans les cimetières 84^500

Travaux neufs et de grosses réparations dans les cimetières . 20,000 »

Voici le détail de la a* section :

Frais d'inhumation à payer à l'entreprise des pompes funèbres 235,000 j»

Versement à l'Assistance publique de la part lui revenant dans le prix des concessions 2,000 »

Envoi aux familles des duplicata des mémoires des pompes * funèbres et de divers tarifs 7,600 »

Habillement des gardiens des cimetières 43,5oo »

Indemnités pour rétrocession k la Ville des terrains devenus libres dans les cimetières 54,000 »

Frais de transport et d*incinération des corps non réclamés dans les hôpitaux 38,5 10 52

Frais d'enlèvement et de transport des embryons .... 4»4oo ^

Frais de transport et d'inhumation d'ossements humains trouvés dans les fouilles i,3oo »

Frais de consolidation et de dépose des monuments abandonnés dans les cimetières 10,000 »

Dépenses diverses du service des inhumations i3,ooo »

Éclairage au gaz et au pétrole dans les cimetières extramuros 3oo »

Fourniture et emploi des substances désinfectantes pour le service des inhumations 1,000 »

Emploi de legs faits pour entretien de tombes 6,o33 »

Entretien et réparation de tombes ayant un caractère historique, parisien ou national 5oo »

Frais d'incinération et travaux d'entretien du monument crématoire et du colombarium 4)5oo »

Dépôts mortuaires provisoires établis aux cimetières de l'Est et du Nord 5,5oo »

La Ville de Paris possède dix-neuf cimetières, qui sont ceux de l'Est ou du Père-Lachaise, du Nord ou de Montmartre, du Sud ou de Montparnasse, d'Auteuil, de Bagneux, des Batignolles, de Belleville, de Bercy, du Calvaire^ de La Chapelle, de Charonne, de Grenelle, d'Ivry, de Pantin, de Passy, de Saint-Ouen, de Saint-Vincent, de Vaugirard et de La Villette.

Il y a trois anciens cimetières communaux aujourd'hui désaffectés : le cimetière Sainte-Catherine, rue du Fer-à-Moulin, qui fut fermé en 1820. Il reçut un certain nombre de morts illustres; le cimetière de Vaugirard, désaffecté en i856; le cimetière de La Chapelle-Marcadet, fermé une première fois en 1860 et rouvert temporairement en 1870, puis définitivement fermé en 1871.

Enfin, il y a un ancien cimetière particulier, dit de Picpus, établi au cours de la Révolution pour inhumer les corps des suppliciés exécutés à la Barrière du Trône, et acquis en 1806 par douze familles de ces suppliciés. Il a été fermé définitivementhe 2 février 1881.

Le cimetière du Père-Lachaise est une ancienne propriété de plaisance acquise en 161 5 par les Jésuites de la rue Saint- Antoine où, en 1675, le confesseur de Louis XIV fixa sa résidence d'été. A sa mort, elle servit de maison de campagne aux Jésuites, et lors de la suppreision de l'ordre, cette propriété fut vendue à la requête de leurs créanciers. Frochot Tacheta pour le compte de la Ville et la transforma en un cimetière, que la Ville agrandit à plusieurs reprises. La superficie actuelle est de 45 hectares 26 ares. Il ne reste presque plus de place dans ce cimetière intra-muros qui possède un très grand nombre de sépultures d'hommes célèbres et de tombeaux artistiques. La Ville de Paris vient d'y faire édifier le « Monument aux Morts i&, du sculpteur Bartholomé, qui est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de. l'art contemporain.

C'est au cimetière du Père-Lachaise qu'est érigé le monument crémaloîre pour les incinérations et le colombarium pour la conservation des cendres.

Le cimetière Montmartre a une superGcie de 1 1 hectares 57 ares. Il a été créé le i" thermidor an VI (19 juillet 1798). Il a été agrandi une première fois en 1806. Depuis 1872, il ne reçoit plus que des inhumations en concessions perpétuelles. Une partie a été désaffectée depuis 1879 et rendue à la voie publique ou aux constructions privées. Ce cimetière renferme également un certain nombre de sépultures d'hommes célèbres et de tombeaux ornés de statues remarquables.

Le cimetière de Montparnasse ou du Sud n'a qu'une superficie de 20 hectares environ. Il a été créé par l'adjonction de terrains à l'ancien cimetière de l'Hôtel-Dieu et au domaine des religieux de la Charité. 11 a été ouvert en 1819. C'est dans ce cimetière que furent enterrées les nombreuses victimes du choléra de 1882.

Ce sont les trois principaux cimetières parisiens intra-muros.

Le cimetière de Bagneux est situé hors de Paris sur le territoire de la commune de Bagneux; il a une superficie de 61 hectares 52 ares. Il a été ouvert en 1886.

Le cimetière d'Ivry a été formé par la réunion à l'ancien cimetière des communes d'Ivry et de Gentilly de vastes terrains acquis par la Ville de Paris. Il a une superficie d'environ 35 hectares.

Le cimetière de Pantin est au nord-est de Paris. Il occupe une surface de 99 hectares. Sa création, décidée en i883, a été accomplie en 1886.

Le cimetière de Saint-Ouen a une superficie de 25 hectares environ, et a été formé de la réunion à l'ancien cimetière de Saint-Ouen de terrains acquis en 1872 par la Ville de Paris.

La question de la création de nouvelles nécropoles, suffisantes pour la populatiof), n'a pas été entièrement résolue par la création, en i883 et 1884, de ces grands cimetières extra-muros, et c'est l'un des problèmes que le Conseil municipal aura à étudier bientôt. On calcule que les cimetières actuels suffiront aux nécessités pendant encore vingt à vingt-cinq ans, même avec l'accroissement probable de population.

58o LES BUDGETS DE PARIS.

La plus forte dépense des cimetières est celle du personnel, qui comprend : i* les conservations; a* le service central.

Il nous paraît inutile de détailler ces charges.

Les cinq cimetières centraux ont seuls une organisation complète : ils comprennent chacun un* conservateur, un receveur, un commis géomètre, puis des commis, des gardes et des fossoyeurs selon les besoins du service. Il manque aux petits cimetières le receveur et le commis géomètre; mais l'agent placé à leur tête (sous-conservateur ou gardien conser^ vateur) est, comme le conservateur du cimetière central, le chef du service dans son cimetière : ses attributions, sauf la différence d'importance, sont les mêmes que celles du consenvateur de grand cimetière; il a sous ses ordres les commis, gardes et fossoyeurs nécessaires au fonctionnement du service.

Tous ces agents sont sous la direction du bureau administratif des cimetières, auprès duquel est placé l'inspecteur des cimetières, chargé de la surveillance du personnel, ainsi que de la comptabilité des terrains et de la comptabilité financière.

Il reste à dire quelques mots des autres dépenses figurant annuellement au budget des cimetières. Ce sont d'abord les dépenses de matériel nécessaires pour assurer le service des conservations, telles que l'éclairage, les frais de bureau du conservateur et des géomètres; la fourniture, l'entretien et les réparations des outils et du matériel du fossoyage, la fourniture de substances désinfectantes, etc. Ces dépenses font l'objet de crédits administrés par le bureau des cimetières, qui fait les commandes aux fournisseurs sur le vu de bons émanant de l'inspecteur.

Un crédit spécial est affecté aux levés de plans dressés par les géomètres, soit pour des études d'ensemble, soit pour les aménagements et les allotissements des divisions. Un autre crédit sert à acquitter les dépenses nécessitées par les travaux de la commission d'assainissement des cimetières.

Enfin, un crédit est inscrit au budget pour les rétrocessions de terrains dans les cimetières. Cette dernière dépense peut

être considérée comme une dépense d'ordre, puisque la Ville ne Peffeclue que pour rentrer en possession de terrains qu'elle concède à nouveau.

La Ville entretient diverses tombes particulières, soit à titre historique (sépultures d'Héloïse et Abailard, de Molière, de La Fontaine, de Casimir-Périer, des Quatre Sergents de La Rochelle), soit en exécution de donations ou legs acceptés par la Ville. Dans ce dernier cas, la Ville n'accepte la charge de l'entretien de la sépulture que si l'émolument de la libérah'té est suffisant pour faire face, en sus de la dépense annuelle d'entretien, à la reconstruction éventuelle du tombeau dans un temps donné.

Chapitrk X. — Affaire* militaires. Sapeurs-pompiers. Postes de sûreté. Corps de garde et casernes.

Ce chapitre enregistre les dépenses incombant à la Ville de Paris pour les recensements nécessaires aux actes et réquisitions de l'autorité militaire, aux secours alloués aux familles des soldats soutiens de famille, aux loyers des postes d'incendie et de police, à l'entretien du mobilier de ces postes, du tribunal de simple police et au loyer des commissariats et postes de police, enGn à l'installation matérielle des divers agents préposés à la sécurité de la Ville.

Il est divisé en cinq sections ainsi libellées :

I" Affaires militaires 686,800 fr.

2* Sapeurs-pompiers 48,365

3^ Casernes de la garde républicaine et corps de garde de

la troupe k la charge de la Ville 23,700

4* Police municipale 281,100

5* Surveillance de la navigation et des ports 7,000

C'est dans la première section de ce chapitre que figure (art, 2) le crédit pour secours aux familles nécessiteuses des dispensés et assimilés appelés à faire leur service actif et des

58a LES BUDGETS DE PARIS.

réservistes et territoriaux appelés pour accomplir une période de manœuvres ou d'exercices. Ce crédit est prévu pour 677,000 fr. au projet de budget de 1900. Le demi-centime additionnel établi depuis 1898 pour faire face à cette dépense ne produira, en 1900, qu'une recette de 333, 600 fr.

La plupart des commissariats de police et des postes de gardiens de la paix sont établis dans des immeubles particuliers loués par la Ville à cet effet.

Ces frais de location s'élèvent :

Pour les commissariats k i45,i5o fr.

— postes de police k 1 35, 260

Pour obtenir le chiffre total des dépenses relatives aux casernes et postes des sapeurs-pompiers et de la troupe et aux commissariats et postes de police, il y a lieu d'ajouter au montant des crédits inscrits au chapitre X, sections n*" 2, 3, 4 et 5 ci-dessus indiquées . . 36o,i65 fr.

1° La fourniture d'eau (chap. XII, art. 6), environ. . . . 55,ooo

2^ Les frais d'entretien de bâtiments (chap. XIII, art. i5 et 16) 106,000

3° Les dépenses de grosses réparations poui* les casernes, les commissariats de police, les postes et les bureaux d'inspection de la navigation (chap. XXVIII, art. 6 et 7). . . . 5o,ooo

4^ Les frais d'éclairage pour les casernes, les commissariats de police et les postes (chap. XVI, art. 22, 29 et 33-6°), environ 228,000

Total 799,166 fr.

L'ensemble des dépenses inscrites au chapitre X a été :

En 1878 de 555,647^63

Page 1