‹ Les finances de la ville de Paris de 1798 à 1900Chapitre 2 sur 212 · VI • AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

VI • AVIS AU LECTEUR

plus scrupuleuse attention, l'auteur croît devoir mettre ses lecteurs en garde contre Terreur de jugement dans laquelle le public risque de tomber quand il veut trop demander aux constatations de la statistique. C,'est, du reste, une faute contre la saine méthode expérimentale que celle qui consiste à vouloir tirer, de la synthèse ou de l'analyse d'une grande quantité de faits analogues, mais diversement observés en des milieux différents, des déductions trop rigoureuses ou trop absolues. En ces matières, beaucoup de faits ne sont souvent identiques qu'en apparence, et il est prudent de se défier des généralisations ou des comparaisons précipitées.

Gomment, par exemple, apprécier, peser sûrement et comparer, aux différentes époques, la puissance libératoire des espèces ou du papier-monnaie dans tous les pays ? Une même contribution communale, frappée à Londres, à Paris, à Vienne ou à Buenos-Ayres, ne représente jamais une charge égale pour le contribuable anglais, français, autrichien ou argentin, ni une ressource équivalente pour les administrateurs de ces grandes capitales. Une comparaison ou une généralisation de cet ordre peut même être difficilement limitée à un seul pays. Il est évident, en effet, que les facultés contributives d'un commerçant rémois ou nantais ne sont pas absolument égales à celles d'un patenté lyonnais ou parisien de même rang et de même classe. D'autre part, la faculté de contribuer de chacun de ces patentés n'est évidemment pas la même en i85o, en 1876 ou en igoo?

Toutes les déductions d'ordre général que le lecteur voudra tirer des constatations accumulées dans celte série d'études devront être, préalablement, passées par lui au crible d'une critique attentive; et, comme dans la plupart des cas il lui sera très diflicile — sinon impossible — de

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