‹ Les finances de la ville de Paris de 1798 à 1900Chapitre 56 sur 212 · CONSTATATIONS · texte numérisé non relu

CONSTATATIONS

fr. c.

if>, 343,972 45

Il faut noter que, dans le relevé qui précède, le total général des constatations, inscrit pour 458,244>862 fr. aux recettes, comprend les recettes propres à l'exercice 1876 et les reliquats disponibles des exercices, antérieurs. Ces reliquats étaient de 77,361^337 fr. o4c.

Régularisation de l'avance faite par le Trésor à la Ville en Juin 1871 pour compenser la perte des fonds en dépôt à la Banque de France. — On voit apparaître dans le compte ci-dessus une somme de 7,700,000 fr. sou* le titre d'emploi d'avance faite par l'Etat en 1871. Voici le motif de cette inscription. Au cours de cet exercice, la Ville conclut un arrangement avec l'État pour régulariser une avance faite

par le Trésor, lors de la reconstilulion des services communaux, après les événements de 1 87 1 .

On a vu, par l'état de situation publié au chapitre II (p. 61), que, au moment du mouvement révolutionnaire du 18 mars 1871, la Ville de Paris avait en dépôt, à la Banque de France, 9,400,000 fr. La Commune, se considérant comme autorité municipale, exigea le versement de cette somme entre ses mains, et la Banque s'exécuta. Lors de la reprise des services par Léon Say, au mois de juin 1871, le préfet de la Seine obtint du Gouvernement, au moment de son installation, puis quelques jours après la réouverture de la caisse municipale, des avances se montant à 9,400,000 fr. destinées à remplacer dans la caisse municipale, vis-à-vis de laquelle la Banque de France se tenait pour libérée, la somme retirée de sa caisse par les délégués de la Commune.

Le Conseil municipal et radministration préfectorale avaient pensé que ces 9,400,000 fr. devaient rester définitivement acquis à la Ville, comme un remboursement de la somme versée à la Commune, considérée comme gouvernement insurrectionnel, l'État ayant approuvé les actes de la Banque de France. Mais le ministère des finances n'admit pas cette prétention de la Ville; et, à la suite de divers pourparlers, une convention, approuvée parle Conseil municipal le i3 juin 187G et sanctionnée par la loi du 10 août suivant, régla la situation de la manière suivante :

Le Trésor fut remboursé de ... . 1,700,000 fr. La Ville conserva 1,700,000

et consacra 6 millions de francs à l'agrandissement de l'École de médecine, c'est-à-dire, en réalité, fit une dépense qui incombait à l'État, au moins en grande partie.

La somme de 9,400,000 fr. touchée au Trésor en 1871 n'avait pas été inscrite en recelte budgétaire ; elle figurait aux services hors budget, à titre d'avance à régulariser. En exécution de la convention avec l'État, cette somme a été contre-

passée des services hors budget au budget supplémentaire de 1876. La charge déCnitivç de la Ville fut donc: 1,700,000 fr. versés à l'État et' 6 millions pour construction de l'École de médecine, ensemble 7,700,000 fr.

Rachat des canaux de FOurcq et de Saint-Denis.

— Les canaux de TOurcq et de Saint^Denis, exploités pour la première fois en 1876 pour le compte de la Ville de Paris, donnèrent un produit inférieur aux prévisions. Nous n'avons pu découvrir pour quel motif.

Le rachat des canaux avait été décidé au moment de l'établissement du budget de 1876 et ce budget comprenait le crédit nécessaire à payer les deux annuités. Nous avons exposé au chapitre des emprunts les conditions de ce rachat; nous n'y insisterons pas ici.

Situation de caisse en 1876-1877. — Pour indiquer l'excellent é,tat de la situation de caisse à cette époque, on peut relever le fait suivant : on sait que le déficit des années 1871, 1872 et 1874 avait été couvert au moyen des fonds de l'emprunt de 1876, jusqu'à concurrence de 4o milHons seulement, et que, pour les 20 millions de surplus, la Ville a été autorisée à conserver une dette flottante, représentée par des bons de caisse en circulation. Or, en 1876, les ressources de trésorerie disponibles permirent de no laisser circuler qu'une partie de ces bons et de réaliser sur les intérêts de la dette flottante, par rapport aux prévisions budgétaires, une économie de 095,000 fr. *.

Emprunt de 1876. — Le compte que nous avons résumé enregistre encore l'emprunt de 1876. Cet emprunt fut voté par le Conseil municipal au mois de mai 1876 en vue de procurer à la Ville les ressources nécessaires au percement de l'avenue

1. Au budget de 1897, cette économie atteignit près de i million (9g5,i8yfr. 19 c.), une très faible quantité de bons de caisse ayant été mis en circulation.

de rOpéra, à l'achèvemenl du boulevard Saint-Germain, à la reconstruction de Pentrepôt de Bercy, à la rectiQcation du quai de Javel et à Tamélioration des écoles. Il fut de 120 millions. Pour le détail, voir au chapitre des Emprunts (p. 274).

Dans son rapport, M. E. Lefèvre défendait le Conseil d'avoir, en décidant ces travaux, obéi à des idées somptuaires et affirmait que les élus de Paris étaient animés « d'une pensée plus haute, plus humaine et plus féconde, celle de profiter de l'Exposition (de 1878) et de l'activité que sa préparation et son attente impriment aux esprits pour donner à la reprise du travail de Paris, si longtemps désirée, une impulsion décisive et durable ».

L'impulsion — qu'elle vînt des travaux de l'Exposition, de ceux de la Ville ou qu'elle ait été surtout donnée par la reprise des transactions, c'est-à-dire par les conditions générales des affaires — fut considérable, la reprise des affaires réelle, et les budgets municipaux en ressentirent les effets bienfaisants jusqu'en 1882,

Budget de 1877. — Les prévisions du budget de 1877 avaient été les suivantes :

Recettes ordinaires sur fonds généraux . . . 222,983,406^92

— extraordinaires 51,893,098 08

— sur fonds spéciaux 163,097,263 17

L'ensemble des ressources était donc

prévu pour 427,478,768^77

Les constatations du compte furent les suivantes :

Recettes ordinaires sur fonds généraux. . . 235,i43,285^ 1 1

— extraordinaires 51,709,910 56

— — sur fonds spéciaux. . 152,718,212 28

Le total général des ressources constatées, y compris 126,976,179 fr. 69 c.

de reliquats transportés des exercices

antérieurs fut donc do 489,566,412^90

lya LES BUDGETS DE PARIS.

Parmi les plus-values des receltes, il faut noter les suivantes : droits d'octroi, 7,352,3 12 fr, 81 c. ; établissements hydrauliques, 469,483 fr. 58 c. ; entrepôts, 739,243 fr. 93 c; voitures publiques, 364,617 fr. 74 c.

Les dépenses, évaluées pour les fonds généraux :

Dépenses ordinaires à . . . 224,088,212* 56 ) . k qka a^t

— extraordinaires à . 5 1,8 18, 750 70 | 7 » >9

furent constatées pour 233,329,6o5 fr. 49 c.

Les dépenses sur fonds spéciaux, évaluées à 153,097,263 fr. 17 c, ne s'élevèrent qu'à 59,255,884 fr. 07 c. On ne put liquider un grand nombre d'opérations dotées par les emprunts de 1875 et de 1876 au cours de cet exercice.

Budget de 1878, année de TExposition. — Nous nous étendrons un peu sur ce budget parce qu'il peut ressortir de son examen détaillé plusieurs indications d'une portée générale que nous pensons utile de mettre en lumière.

Nous analyserons le compte de façon à dégager des totaux généraux la disponibilité réelle laissée par cet exercice et à montrer comment M. Hérold comprenait qu'un budget devait être préparé et exécuté pour être sincère et bien établi.

Tableau.

Les recettes et les dépenses de 1878 donnèrent les résultats suivants :

RECETTES

10 Fonds généraux.

Recettes ordinaires

Recettes extraordinaires

Total des recettes sur Tonds généraux .

v> Fonds spéciaux.

Emprunt de 1871, de la Vanne, allocation de i4o millions, subvention départementale

Emprunt de 1876

— de 1876 ,

Emploi de Tavance de rÉtat en 1871

Emploi de la contribution de TÉtat pour Télargissement du

quai de Javel

Total des recettes sur fonds spéciaux. . . Report des recettes sur fonds généraux. .

Total oéNiiiAL des ressources

DÉPENSES

I» Fonds généraux.

Dépenses ordinaires

Dépenses extraordinaires

Total des dépenses sur fonds généraux. .

ao Fonds spéciaux.

Emprunt de 1871, de la Vanne, allocation de 1^0 millions, subvention départementale

Emprunt de 1875

— de 1876

Emploi de Tavance de rÉtaten 1871

Emploi de la contribution de TÉtat pour Télargissemcnt du

quai de Javel

Total des dépenses sur fonds spéciaux . . . RxPoiiT des dépenses sur fonds généraux . .

Total o^^ral des dépenses

RspoRT des recettes

-, . ,,a .... ( de recettes

ExciDKfTdéftmlif j ^^^^p^„g^3

PRfiVISIOMS do

BCDOKT.

constatations,

a3i, 355,590 60 47iMi,43o 90

ii,3r»i,57o 93

46,oo3,774 80 233,170,824 87

Il faut noter que, dans le total de 418,826,706 fr. o4c. porté comme résumé des recettes dans la colonne des constatations, Ggure une somme de 132,709,638 fr. 73 c. formant les reliquats des exercices antérieurs.

Dans son mémoire sur le compte de 1878, M. Hérold, qui fui un préfet de la Seine très remarquable au point de vue financier et par bien d'autres côtés, s'est attaché à déterminer l'excédent véritable propre à cet exercice.

Les éléments qui constituent l'excédent d'un exercice sont, en dehors des excédents de recettes ou de dépenses provenant des exercices antérieurs, de deux sortes:

Il y a, d'abord, les plus-values des recettes constatées sur le montant des chiffres portés en évaluations ;

Il y a, en second lieu, les économies réalisées sur les dépenses créditées; le montant de ces économies est représenté par le total des crédits définitivement abandonnés.

Voici comment M. Hérold résume le compte de 1878:

Les plus-values des recettes ordinaires propres à l'exercice 1878 s'élèveat k . . . i4,5o7,8o3^4i '

(Ce chiffre ne comprend pas et ne peut pas comprendre la somme de 2,104,824 fr. 87 c. provenant de l'exercice 1877, restée disponible après la liquidation de cet exercice, et qui est venue augmenter les ressources de l'exercice

Le montant des crédits non utilisés figure au compte pour, une somme de 18,892,919 53

Le total des plus-values de recettes et des annulations de crédits formant l'excédent brut de l'exercice 1878 est

donc de 28,400,722^94

Mais, comme au nombre des crédits annulés, il y en a un certain nombre qui ne l'ont été que pour ordre, qui sont, dès k présent, renouvelés à l'exercice 1879, ^^ ^^* le seront au budget supplémentaire, savoir :

Chap. 3. — Allocation obligatoire à la Caisse des retraites de l'octroi des cré~ dits non employés 46,002' 09

Chap. i3. — Crédits d'architecture . . 1,478,825 07

Chap. 16. — Crédits pour travaux dans les promenades 889,183 3i

Chap. 17. — Crédits pour travaux d'eaux et égouts 555, 1 53 60

Chap. 20. — Crédits pour l'instruction

primaire 3,719 85

A reporter 2,467,884^42 28,400,722^94

Report 2,467,884^2 28,400,722^94

Chap. 4o. — Crédits d* architecture et autres 1,207,683 65

Chap. 42. — Crédits pour acquisition d'immeubles 3,4oo »

Chap. 44- — Réserve pour couvrir les non-valeurs 3, 000, 000 »

Il n'est pas possible de considérer le montant de ces crédits renouvelés comme des économies réalisées sur les dépenses autorisées, ni par conséquent de les faire entrer dans la composition de l'excédent

réel des recettes de l'exercice 6,678,918^07 6,678,91807

Il ne reste donc, en définitive, comme excédent réel,

dont l'emploi demeure facultatif, que 21,721,804^87

Ainsi que je l'ai indiqué dans le cours de ce mémoire, au chapitre des dépenses ordinaire^, le total dps crédits annulés en 1878, même après déduction de la somme de 6,678,918 fr. 07 c. ci-dessus, n'a atteint le cliifTre élevé d'environ 7 millions, que par suite de circonstances tout k fait exceptionnelles. En mettant ces circonstances de côté, j'estime que Ton ne peut compter, chaque année, que sur des annulations définitives de 3 millions en moyenne. Un budget qui laisserait sans emploi des crédits plus importants serait un budget mal établi.

Quant aux plus-values à espérer sur les recettes ordinaires inscrites au budget primitif, les seules que l'on doive envisager pour arriver à une appréciation vraie, les résultats des quatre derniers exercices permettent d'en déterminer approximativement l'importance.

En 1875, les recettes se sont élevées h 212,859,183 fr. 24 c ; en 1876, à 218,590,310 fr. 33 c, soit une augmentation de 5, 78 1,1 27 fr. 09 c. en 1877, à 222,590,335 fr. 65 c., — — de4,ooo,025fr. 82 c.

eni878, à 228,941,256 fr. 72 c.', — — de6,35o,92i fr.o7c.

C'est donc, en admettant qu'aucun événement imprévu ne vienne troubler la progression constante des recettes et que les dépenses ne suivent pas une progression plus rapide, sur une plus-value moyenne de 5 à 6 millions que l'on peut compter chaque année.

C'était, SOUS une forme très discrète, un avcrlissement donné au Conseil municipal de ne pas se laisser aller à trop augmenter les dépenses normales en comptant sur la progression supérieure des plus-values de recettes.

I. DéduclioD faite de 5 millions de recettes considérées comme ducs à l'Exposition universelle et par conséquent exceptionnelles.

lyÔ LES BUDGETS DE PARIS.

Le bilan de TExposition de 1878 pour la Ville de Paris. — La question de savoir si la Ville, en tant que collectivité, avait réalisé un gain du fait de l'Exposition est résolue négativement par le compte.

L'augmentation des produits de l'octroi due à la présence des étrangers a été de 6,800,000 fr. ; les recettes des halles et marchés et celles des abattoirs ont accusé une plus-value totale de 861,000 fr. Les bénéfices se chiffrent donc au total par 7,661,000 fr.

Les dépenses de la Ville, tant pour sa participation que pour les frais divers dus à l'Exposition, ayant absorbé environ 8,44o>ooo fr., au point de vue matériel, l'opération s'est soldée pour elle en déficit. Mais la population commerçante a bénéficié, elle, d'un gain qui a été évalué par centaines de millions.

Les dispositions du Conseil municipal en 1879. — Le budget de 1879. — La régularité des plus-values réalisées par les exercices 1876, 1877 et 1878 incitait certains membres du Conseil à gager un nouvel emprunt à l'aide de ces plus-values. Cette tendance était combattue par le préfet et par d'autres conseillers municipaux ; mais elle s'accentua à la suite de la discussion du projet de traité avec le Crédit foncier.

L'excellente situation de la caisse municipale, qui disposait de fonds de trésorerie considérables, contribuait à pousser le Conseil dans la voie de l'emprunt. Une partie des crédits prévus pour le service des bons de caisse était inutilisée; au 3i décembre 1878 il n'y avait en circulation que pour 1,887,200 fr. de ces bons.

Mais, bien qu'on eût appliqué au cours de 1878 une somme de 3 millions à amortir les déficits des exercices 1871-72-74, il restait encore de ce chef un arriéré de 17 millions qui n'était comblé que provisoirement par des avances de la caisse sur ses fonds de trésorerie.

Les membres éclairés du Conseil municipal, ceux qui voyaient de près la situation réelle, s'opposaient à cette tendance et

LES FINANCES DU PARIS ACTUEL. l^'J

c'est ainsi que la commission chargée de l'examen du compte de 1877 avait manifesté le désir de voir le mémoire préfectoral à l'appui du compte de chaque exercice présenter la situation du déficit restant à combler.

Le préfet, M. Hérold, s'efforçait toujours de mettre le Conseil en garde contre les dangers d'un escompte optimiste des plus-values futures et, à la fin de son mémoire sur le compte de 1878, il disait :

Si l'on rapproche le .total de$ recettes constatées en 1876

(212,859,183 fr. 24 c.) du chiffre des prévisions pour 1880 (228,1 15,679 f^- 53 c), on trouve, pour cinq ans, ùnè augmentation de iC milHons environ. Les dépenses ordinaires inscrites au budget de 1880, s'élevant àla somme de 228,115,579 fr. 35 c, égale au montant des recettes, on voit que cette augmentation des produits constatée depuis a été entièrement absorbée par un accroissement de dépenses de même importance.

Cela tient à ce qu'en 187G, 1877 et 1878, on a dû inscrire successivement au budget les portions devenues exigibles des annuités des emprunts de 1875 et de 1876, soit, pour les trois ans, i3 millions.

A partir de 1879, ^^^ annuités figurent pour la totalité aux budgets, de telle sorte que F augmentation, qui pourra se produire annuellement sur les dépenses ordinaires, ne proviendra que du développement ou de l* amélioration des divers services municipaux et restera certainement au-dessous de r augmentation des ressources

M. Hérold était écouté du Conseil municipal dont il avait fait partie. Ses sages avis furent heureusement entendus et le Conseil prit la résolution prudente de ne consacrer à la continuation des grands travaux de Paris que les excédents annuels des ressources budgétaires, ajournant à une époque plus ou moins lointaine tout projet d'emprunt. Cette décision ne devait être que temporaire et la force des choses devait amener le Conseil municipal à recourir bientôt de nouveau à l'emprunt.

Le budget de 1879. — L'examen des propositions préfectorales pour 1879 fut confié à une commission spéciale formée de 28 membres élus par les commissions permanentes.

Le budget de. 1879 avait été préparé avec, grand soin par

radministraiion préfectorale. Il fui étudié très attentivement par la nouvelle commission du Conseil municipal, qui admit les prévisions suivantes pour les fonds généraux :

Recettes ordinaires 228,671,359^97

— extraordinaires 4> 706,786 64

Total des recettes 228,432,146^61

Dépenses ordinaires (dont 2,538,3 16 fr. de

réserve) 223,671,369 97

Dépenses extraordinaires (dont 217,986 fr. de

réserve) 4»7o6>786 64

ToTAx des dépenses 228,432,146^61

Comparaison des ressources nouvelles et des charges nouvelles de i8yi à iSyg. — Le rapport général fait au nom de la commission du budget par M. de Heredia est intéressant à consulter. Le rapporteur s'efforça de faire un groupement rationnel des recettes et des dépenses et présenta un relevé des taxes et impôts établis par la Ville depuis 1871 et profitant au budget de 1879.

Ce relevé signale, pour les taxes d'octroi établies depuis 1871, un produit de 18,1 55, 200 fr. Pour les droits frappés dans les halles et marchés sur les denrées mises en vente, il estime que les droits établis depuis 1871 donneront en 1879 :

Pour la volaille et le gibier i, 493, 000 fr.

— les poissons 623,000

— les beurres, œufs et fromages i,36i,ooo

— les huîtres 240,000

— les droits de place dans les halles et marchés 1,242,000

Soit au total 4*959,000 fr.

D'après les résolutions du Conseil municipal, l'administration devait opérer en 1879 sur ces diverses taxes une réduction de ... • i,5oo,ooo

L'augmentation restait donc de. . . . 3,459,000 fr. Par suite de l'élévation du tarif de location votée par le Conseil municipal le 18 novembre 1874» les Entrepôts avaient subi une augmentation de 35o,ooo fr.

La taxe de balayage, créée par la loi du 26 mars 1878 qui transforma en une taxe municipale obligatoire la charge imposée aux riverains de la voie publique de balayer chacun au droit de sa façade, produisait en 1879 2,700,000 fr.

Les relèvements des droite de grande et de petite voirie approuvés par décret du 28 juillet 1874 se traduisaient par une augmentation de 260,000 fr.

Enfin, la rétribution mensuelle des élèves des écoles supérieures, qui de i5 fr. avait été fixée k 18 fr. en 1876, produisait une augmentation de 70,000 fr.

Les centimes communaux, en 1879, devaient produire 24*576,000 fr. sur lesquels 17,466,700 fr. étaient afférents à des augmentations établies depuis 1871, savoir:

1° A 10 centimes sur les trois premières contributions et 5 centimes sur les patentes (lois des 5 février 1872 et 27 décembre 1876);

2® A 17 centimes sur les trois premières contributions et 5 centimes sur les patentes (loi du 7 avril 1878) ;

3® A 17 centimes sur les trois premières contributions et 12 centimes sur les patentes (loi du 5 août 1874);

4^ A un vingtième de Timpôt sur les chevaux et voitures (loi du 28 juillet 1872).

En résumé, les budgets de la Ville, depuis 1871, avaient profité d'un ensemble de taxes nouvelles produisant en 1879 un supplément de ressources de 4^,4^0,900 fr.

En comprenant ensemble les opérations du budget primitif et celles du budget supplémentaire, le compte de 1879 donne les résultats suivants :

Recettes. . . 408,592,295*57

Excédent de recettes. . 25,778,751^72

Si, dans les chiffres du compte, on considère à part les opérations propres à l'exercice 1879 pour le service opcIh naire,, on voit que l'excédent propre à cet exercice s'élève à 16,778,771 fr. 3o c, somme formée:

i* De plus-values de recettes jusqu'à concurrence de. é 11,994,412*84

2* D'annulations de crédits 4>779>358 46

l8o LES BUDGETS DE PARIS.

La plus-value était encore supérieure à celle de l'exercice 1878 qui n'avait atteint que 14,507,000 fr.

Le traité de 1879 avec le Crédit foncier. — Le préfet de la Seine et le Conseil municipal décidèrent de profiter de la situation prospère des finances municipales pour traiter avec le Crédit foncier du remboursement des sommes ayant fait l'objet des conventions des 8 novembre 1867 et 10 juillet 1868, modifiées en 1872, ou pour en obtenir des conditions plus avantageuses.

Une partie du Conseil municipal penchait pour un emprunt dont le produit eût sQrvi à rembourser le Crédit foncier. Dans un mémoire du 5 avril 1879, M. Hérold exposa que cet emprunt devait être de 338 millions, sur lesquels il ne resterait net à la Ville que 37 millions, et que, dans ces conditions, il estimait préférable de traiter en vue' d'une nouvelle convention avec le Crédit foncier pour alléger le service de la dette.

Nous avons relaté en détail, au chapitre des Emprunts, les conditions dans lesquelles le Conseil municipal admit les vues de M. Hérold el nous avons également indiqué les effets de la nouvelle convention. Notons ici simplement que si elle augmentait le nombre des annuités à payer au Crédit foncier, puisque la période d'amortissement des sommes dues par la Ville était prolongée de trente ans, elle allégeait le service de la dette annuellement de 7,061,570 fr. 10 c.

C'est surtout ce dernier résultat qui séduisit le Conseil municipal et qui lui fit voter le traité. Ce traité a été approuvé par la loi du 3i juillet 1879.

Budget de 1880. — Nous avons indiqué à propos du budget précédent la nouvelle méthode adoptée par le Conseil municipal pour l'étude du budget.

Dans son rapport sur le projet de budget de l'exercice 1880, M. Albert Liouville se félicite des heureux résultats de cette méthode qui, dit-il, a permis un examen d'ensemble et de^ vues

LES FINANCES DU PARIS ACTUEL. l8l

générales qui échappaient lorsque le budget était disséminé entre les membres de toutes les commissions permanentes.

La commission établissait ainsi son budget pour le sercice ordinaire du budget primitif:

Recettes 228,610,790^54

Dépenses 219,955,968 61

D'où un excédent de 8,654,831'^ 98 qui se décomposait en :

Boni provenant de la réduction de

l'annuité à payer au Crédit foncier 7,000,000^ y>

Fonds de réserve i, 654,83 1 93

Cet excédent de 8,654,83 1^ 93 résultant des prévisions budgétaires restait assez loin des 12 à 10 millions de reliquats annuels dont parlait l'admiaislration dans son mémoire sur le compte de 1878. Néanmoins, sonaircrlation ne laissait pas que d'embarrasser le Conseil municipal.

L'administration, par prudence, proposait d'inscrire cette somme de 7,000,000 fr. à l'extraordinaire. C'est à ce parti que finit par se ranger le Conseil qui demanda la création d'un chapitre spécial des dépenses (L bis) dont l'article unique serait ainsi libellé : Emploi de U excédent de partie des receltes ordinaires et auquel seraient attribués ces 7 millions.

Les premiers signes de crainte d'un arrêt du splendide essor pris par les ressources^ de la Ville depuis 1870 se manifestent dans ce rapport général, où, très courageusement, la connnission du budget, par l'organe de M. Liouville, signale au Conseil municipal la nécessité de veiller à enrayer la progression des dépenses.

Après avoir fixé à 128,000,000 fr. la prévision des recettes de l'octroi et constaté que plus de la moitié des ressources de la Ville vient de son octroi, M. Albert Liouville conclut :

D'un autre côté, loin de diminuer, les taxes directes s'élèvent k leur tour ; un centime spécial aux dépenses de Tinstruction primaire avait été jusqu'ici réservé : les dépenses de Tinstruction publique allant toujours

croissant, vous avez fait appel à ce huitième centime spécial et vous avez ainsi épuisé jusqu'à la dernière des facultés que vous donnait la loi.

Si encore les autres dépenses subissaient une diminution, si, s'étendant dans un sens où il est impossible de les arrêter (instruction, assainissement, assistance), on savait les restreindre pour les matières d'utilité moins immédiate et qu'il est possible d'ajourner, on arriverait à employer les excédents à dégrever. Mais non, tout va de pair, le superflu avec le nécessaire, les dépenses voluptuaires avec les dépenses inévitables. Le flot des impôts monte toujours, ainsi que l'indique le tableau suivant, qui se passe de commentaires :

An vil

i8(k) (après l'annexion)

POPULATION

53i,ooo 547,756

BUDGET OKnmAïKi

Millions.

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