LE TRIBUT DES ALLIES D ATHENES
texte de la paix de Mcias, donc dans un document officiel, où l'on a dû éviter tout double sens, toute équivoque ». Concluons : ou iVristide n'a pas taxé ces villes, ou l'expédition de Cimon n'a pas eu les résultats que nous indiquions. Tout s'explique si nous admettons que h en 'Ap'.a- Te(8oj cpôpo; désigne un système, créé par Aristide, et qui a pu être appliqué plus tard, par lui ou par d'autres, à de nouveaux alliés. Il suppose des règles connues de tous les Grecs et qu'ils ont en vue quand ils s'expriment ainsi.
Et que l'on remarque bien l'expression 6 cpôpo; 6 en 'Apt-aretBou. Elle se retrouve encore dans le discours contre Alcibiade : ûfjiàç tov cpôpov raîç TrôXecnv è^ àpyïiç rà^ai. rôv Ûtx' 'Ap'.areîôou TeTay[Jiévov(i). Il n'y a qu'un phoros dit aie phoros d'Aristide ». Qu'a-t-on en vue? Des chiffres ou un système? Si c'étaient des chiffres, il faudrait qu'ils n'eussent jamais varié. C'est donc un système de taxation, modéré, équitable en lui-même et qui le reste toujours, alors que les chiffres pour telle et telle cité changent.
Comment se comprendrait autrement la faculté, laissée à certaines villes, de se taxer elles-mêmes?
Dans les listes qui nous ont été conservées, figurent onze villes sous la rubrique de ■kô'Ksk; al odixcà cpôpov era^av. Certaines de ces villes ont d'abord été portées parmi les aTaxTot. Essayons de nous rendre compte de ces deux expressions. La situation des alliés axaxTOi est simple : ils n'ont (c pas » été « taxés », c'est-à-dire qu'à proprement parler les Athéniens reçoivent d'eux non pas un tribut, mais le montant d'une réquisition, établie provisoirement et sur une estimation faite grosso modo des ressources de la cité. Aussi cette situation n'est-elle que passagère. Ils en sortent quand les taktai leur appliquent le mode de taxation établi par les Athéniens : ils se trouvent alors dans les conditions ordinaires.
Ces villes en sortent encore, quand elles se l'appliquent à elles-mêmes. C'est bien ce système et pas un autre ima-
(1) II (éd. Lipsius).
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giné par elles et qui nécessairement serait variable ; car si elles procédaient à leur gnise, elles resteraient en définitive àraxToi vis-à-vis des Athéniens. Elles se sont taxées elles-mêmes, mais d'après les règles en vigueur, si bien que parfois leur versement a immédiatement augmenté, ce qui sans doute no se sei-ait pas produit, si elles avaient pu agir librement. Cette taxation, il est vrai, n'a pas été contrôlée par les fonctionnaires d'Athènes et c'est tout ce que veulent dire les mots de la rubrique : 7:o).e'.ç al ai/xal œôpov èxa^av. Cette mention ne consacre pas un privilège, mais vise une situntion de fait.
Une autre catégorie (') ai)paraît encore, celle des villes qui ont été taxées par des particuliers : TiôÀeiç aç ol (ouoTOit. èveypatjjav (pôpov cpépeiv ou aç oL iùuotx'. èxaçav. Il y a donc eu une taxation ; pour les aTaxxot,; il n'y en a pas eu du tout. Pour les r^okeiç, al aixal ^iôpov è'-ra^av, il y en a eu une par ces villes. Pour notre dernière catégorie, lataxati(m n'est pas officielle, puisqu'elle n'émane ni des pouvoirs publics, ni de ceux de la cité alliée. Ce sont des particuliers qui officieusement ont appliqué à la ville le système de taxation
(') Comme Busolt l'a montré, Philol., ces catégories ont été créées provisoirement, ])ar suite de ràTcoxa^ic; que les Athéniens introduisirent tout spécialement en Tlirace, c'est-à-dire qu'ils taxèrent à i)art des villes qui d'abord avaient ])ayé avec (l'autres dont elles dépendaient, ou avec lesquelles elles formaient une svntélie ; cf. Dahms, De Athenieusium sociorum tributis quaestiones septem, Berlin, 1904, P- 55.
La catégorie des aTaxToi api)ai'aît i)our la première fois dans la liste de la 17^ année, IG, i, 242. Ol. 85,3. — Celle des tzôXzk; al auTat cpo'pov exa^av, la iS*" année, 243, 01. 85,4 • ^11<^ comprend onze villes qui toutes figurent de nouveau dans 244î 19* année, Ol. 86,1. Ces onze villes sont :
1. Les Pharbelioi : d'abord dans la catégorie ordinaire, 23o et s., pour 1000 dr. ; dans 242, parmi les aiaxzot. ])our la même somme ; enfin pour5oodr., dans 243, 244» parmi les villes qui se taxent elles-mêmes ; après, ne sont plus nommés.
2. Les Miltorioi : àxaxTO'., 242, pour looodr.; se taxent eux-mêmes, 233, 244, pour 3ooo dr.
3. Les Galaioi : se taxent, 243, 244^ pour 3ooo dr. après avoir figuré parmi les à'xaxxoi, dans 242, pour 800.
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en vigueur : les Athéniens, faute de mieux , ont provisoirement accepté. Par exemple , des citoyens de Pharbélos ou plutôt des particuliers athéniens ont dit, pour la valeur du sol de Pliarbélos, le chiffre de 6 talents ; c'est là-dessus, en l'absence d'autres renseignements, que le phoros a été calculé.
Une autre considération, tirée de l'examen des listes conservées, me paraît conduire à la même conclusion : on a déjà remarqué que tous les chiffres sont des chiffres ronds: par ex. i talent; ou 3ooo drachmes, etc. De plus, le même
4. Amorgos : se taxe, 243, 244i pour un talent ; de même, 253, fr. 22, 256 et 257.
5. Les Edrolioi ou Chedrolioi : se taxent, 243, 244? pour 1000 dr., après avoir figuré antérieurement, 23 1, 233, 242, dans hi catégorie commune pour 5oo dr.
6. Les Étéocarpathes : se taxent, dans 243, 244» pour 1000 dr. ; figurent, dans la catégorie commune, 2G1, jiour la même somme.
7. Les Sartaoi : se taxent, 243, 244- pour i5oo dr.; de même, 253 fr. 22 ; ils rentrent dans la catégorie commune, 257, 263, 266, le chiffre manque.
8. Les Kasioi : se taxent, 243, 244? pour 1000 dr. ; catégorie ordinaire, 261, sans chiffre, et 263, pour 1000 dr.
9. Pleumè : se taxe, 243, pour 1000 dr. et 257 (d'après Dahms,o. 1. p. 55) ; figure encore 37 sans chiffre.
10. Les Kallipolitai : se taxent, 243, 244» pour 1000 dr. ; rentrent dans la catégorie commune 266, le chiffre manque.
11. Les Aiolitai : se taxent, 243, 244» ©t (d'après Dahms) 257 ; les trois fois pour 5oo dr.
Donc, les Pharbelioi en se taxant eux-mêmes, passent de 1000 dr. à 5oo ; les Miltorioi payent 3ooo dr. comme tt, a. a. cp. s api-ès avoir payé 1000 dr. comme à'xaxxoi.
Les Edrolioi, cotisés par les taktai à 5oo dr., se cotisent euxmêmes à 1000 dr.; les Etéocarpathes payent toujours 1000 dr. Pour 7, 8, 9, 10, il est probable que le tribut n'a pas varié.
Il résulte de ce qui précède que la taxation parla ville elle-même ne lui procure qu'exceptionnellement un avantage; en général, cette circonstance est indifférente, parfois défavorable, en ce qui regarde la somme à payer.
Une autre catégorie apparaît encore dans 243, celle des ttoXei; a; 01 ISiwTai èvéypatj^av tpo'pov cpépeiv.
Elle comprend i3 villes qui se répartissent comme suit :
1-5. Les Tindaioi, Gigonos, Smilla, Aisa, Kithas, tous ensemble pour 3ooo dr. Kithas revient peut-être dans 37 pour 1000 dr