LE TRIBUT DES ALLIES D ATHENES. IO
scripfcion IG, II, 5, 834 ^ nous fait reconnaître la récolte d'Imbros et de Leranos en 828/7 :
Étendue en hectares Orge Froment.
Lemnos 476-8. 248.473 liectol. 56.G3o hectol. Imbros 254.8. 26.000 hectol. 44-200 hectol.
La récolte de Lemnos est donc à peu près quatre fois plus forte que celle d'Imbros et la valeur des deux territoires doit être dans la même proportion.
De fait dans IG, [, 288 et 289, 01. 84.8, 446 et 84.4, 445, les phoroi réunis de Myrina et d'Hcpliaistia se montent à 4 1/2 T et celui d'Imbros à i T. Par contre, dans la période précédente, Irabros paye 8800 D et dans 01, 82.1, 452, Lemnos est cotisée à 9 talents. En 4^5/4. IGr» I. 37, Héphaistia paye 4 T, Mj^rina, 6 T, Imbros, i T 2000 D (^).
On peut se demander si cette règle est sans exception. Pourquoi n'y en aurait-il pas? Supposez une cité qui possède des sources de richesses très importantes, autres que la terre: quoi de plus naturel que d'admettre qu'il en sera tenu compte pour élever son phoros ? Mais ces cas sont rares ; ils ne constituent pas des dérogations au s^'stème d'Aristide, mais un complément qui achève de le rendre tout à fait équitable.
J'en arrive donc à prendre au pied de la lettre le témoignage de Plutarque, d'après lequel TrpoaÉTa^av aûxto ywpav TE xat, Toù; TzpoTÔùO'Jç é7i'.(7xet|>â|jL£vov 6pî(7ar. tÔ xar' â^iav éxâo-Tw xal Sûvapiv (*).
Donc, d'abord la terre et c'est ce qui explique qu'Andocide, plaidant la cause des Samothraciens, insiste sur la pauvreté de leur territoire. Ensuite, comme complément, à titre exceptionnel, les autres revenus ; à titre exceptionnel : il ne s'agit que des sources extraordinaires de richesses, dont la possession met quelques cités dans une
(') Pedroli, o. 1.
(-) Arist. 24. Busolt, G. G. p. 77, note, reconnaît duns Éphore la source de Plutarque.
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situation privilégiée. Mais ces exceptions sont dangereuses ; Athènes en est seule juge ; en les multipliant, elle détruirait la règle.
Le premier élément du sj^stème est donc la base. Le second est la quotité.
Réunissons les chiffres que nous possédons et qui représentent le total du phoros à différentes époques.
Premier phoros, 4^0 T. D'après Thucydide, le premier phoros qui fut établi était de 4^0 talents : tjv ùo Trpwxoç cpopoç Ta^Oelç Terpaxôdia xâÀavxa xal é^TiXovTa, I, 96.
î^os documents épigraphiques ne remontent pas aux commencements de la Ligue. Voici les totaux auxquels ont abouti les calculs de Pedroli : de ^5^-3 à 45i-o : 49^ T, 2270 D; de 4^0"49 à 447'^ • 4^^ '^' 2480 D ; de 44^'^ ^ 440-39 : 414 T, 5170 D ; de 434-8 à 437-6 : 436 T, 33io D ; de 428-7 à 426-5 : 410 T, 2980 D (>)•
Comme on le voit, le totaux ne présentent aucune fixité et cela suffit, me semble-t-il, pour exclure le système de la répartition. Il ne reste que celui de la quotité : un certain nombre de %, déterminés à l'avance, perçus sur la base de l'imposition.
Le premier chiffre que j'ai donné, d'après Thucydide : 460 talents, a fourni matière à de nombreuses discussions et l'on me permettra d'en dire quelques mots.
Thuc^alide, assure-t-on, s'est trompé; le premier />/îo/"os n'a pu atteindre 460 talents, pour deux raisons : d'abord les alliés étaient moins nombreux qu'ils ne le furent plus tard; ensuite, parmi eux, certains préférèrent d'abord contribuer avec leurs navires à la délivrance des Grecs. Aristide n'a pas pu leur imposer des charges aussi lourdes
(1) Busolt, Philol. 1882, cf. G. G. p. 74, note, avait précédemment étiuiié la même question. Il y a quelque différence entre les résultats de ses calculs et les chiffres de Pedroli : 4^4 à45i : plus de 520 T ; de 45o à 447 : 444 T ; de 44G à 440 : 434 T ; de 489 à 436 : 454 T ; de 429 à 42G : 4^4 T. M. Cavaignac, o. 1. p. XL, a de nouveau re])ris ces calculs pour 4'H/3 : il trouve un total de près de 525 T, qu'il croit inférieur à la réalité.