LE TRIBUT DES ALLIES D ATHENES. IO
OU à peu près que celles que l'on constate, vers 4^0^ à l'époque du plein développement de la Ligue.
Le premier fait ne doit pas être exagéré, comme il l'a été par Kirchhoff ('). J. Belocli (*) a montré à toute évidence que bon nombre d'adhésions, considérées comme postérieures à la bataille de l'Eurymédon, remontaient à la première heure. A sou tour, il a peut-être exagéré quelque peu dans l'autre sens, en écrivant que la Ligue, dès le commencement, avait acquis presque tout son développement.
Nous sommes mal instruits de l'histoire de la Ligue durant les premières années ; mais nous en savons assez, me semble-t-il, pour être certain qu'elle gagna d'année en année des adhérents. Je rappelle l'expédition de Cimon en Thrace, postérieure à la fondation de la Ligue, et qui dut avoir pour conséquence l'accroissement du nombre des alliés dans cette région. Seulement, nous ne pouvons fixer aucun chiffre pour ces affiliations postérieures à 47^/7, ni par conséquent pour le premier effectif de la Ligue.
Le second fait est attesté par Thucydide. Il explique que les Athéniens déterminèrent quelles villes devaient fournir des navires, quelles villes devaient fournir de l'argent.
Ils les répartirent donc en deux classes, et il montre aussitôt l'importance de la première, en disant comment les alliés travaillèrent eux-mêmes à leur assujettissement : ils se dispensèrent de plus en plus de participer, avec leurs navires, à la guerre, préférant paj'er le tribut ; la conséquence fut que leurs moyens militaires s'affaiblirent, tandis que ceux d'Athènes se développaient.
Et précédemment, I, 19, il a expliqué que les Athéniens, entre les guerres médiques et les guerres du Péloponèse, prirent les navires de leurs alliés^ à l'exception de ceux de Chio et de Lesbos et imposèrent à tous un tribut en argent.
(1) Hermès, 11.
C^) Rhein. Mus. 43.