‹ Les finances des cités grecquesChapitre 29 sur 64 · LE TRIBUT DES ALLIES D ATHENES. II · texte numérisé non relu

LE TRIBUT DES ALLIES D ATHENES. II

céder le doigt, sinon le bras et puis le reste du corps y passent.

Les cités grecques avaient été les sujets du grand Roi : Athènes leur rendit leur autonomie et leur liberté. Leurs obligations financières, il est vrai, subsistaient ; le nom même, comme en témoigne Thucydide {^), n'était pas changé ; mais les bases et le taux du tribut pouvaient être établis d'une façon plus équitable ; c'était un second bénéfice. Les cités avaient donc gagné tout à la fois la liberté et un allégement de leurs charges.

Elles n'en avaient pas moins commis une imprudence que les circonstances dans lesquelles fut fondée la Ligue expliquent. Abandonnés à eux-mêmes, les alliés avaient tout à redouter de la Perse; pour se défendre contre leurs anciens maîtres, ils avaient besoin de l'appui de la mèrepatrie : Sparte leur avait d'abord accordé le sien, mais dans des conditions ([ui rendaient son concours aussi désagréable qu'il était utile et elle n'allait pas tarder à se dérober à une tâche trop pesante. Il n'y avait plus d'espoir qu'en Athènes ; les alliés s'offrirent à elle, la sollicitèrent : Athènes dicta ses conditions. Les alliés no pouvaient se passer d'elle ; elle pouvait se passer d'eux ; cette inégalité des situations se marqua dans les clauses de l'alliance.

Dans la seconde Ligue, les alliés crurent être plus sages et plus habiles. Dans la première Ligue, ils avaient trop accordé à l'hégémonie d'Athènes; dans la seconde, ils voulurent lui donner moins : les Athéniens reprirent leur ancienne situation.

Cependant, en droit, les deux Ligues, à l'origine, se différenciaient nettement : dans la première, «pôpoç, donc la reconnaissance de la souveraineté d'Athènes : plus tard, (TuvTa^t.;, donc la reconnaissance de la simple hégémonie d'Athènes.

Dans les débuts de la première Ligue, toutes les cités étaient autonomes, môme celles qui étaient tenues an payé-

es) I, 96.

Il8 LE TRIBUT DES ALLIES d'aTHÈNES.

ment du phoros. Pour finir, toutes furent victimes des interventions arbitraires et despotiques d'Athènes dans leurs affaires. Durant la période intermédiaire, Samos, Cliio, Lesbos gardèrent leur indépendance, et il est digne de remarque qu'elles n'étaient tenues qu'à fournir des navires, tandis que les tributaires étaient réduits au rang de sujets, A première vue, il semble que la différence des obligations ne peut pas produire cette différence des situations politiques. Cette conséquence est dans la nature même des choses : une cité tributaire, quoi qu'on dise, n'est plus tout à fait autonome ; la conciliation des deux qualités n'est que théorique ; en acceptant de payer tribut à un allié, elle lui ouvre ses portes et il ne tardera pas à s'installer chez elle en maître.

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