Compte de la gestion de Périclès avant la guerre
Nous envisageons ici une période de dix-sept années, de 448/7 au printemps de 43i, que nous considérons comme complètes. Le point de départ est l'année qui suit celle de la mort de Cimon : à cette époque, les expéditions lointaines cessent et l'influence de Périclès s'affirme de plus en plus. Ce grand homme d'état ne mourut qu'en septembre 429 ; mais il est utile d'étudier le compte de sa gestion arrêté à la date indiquée. En effet, ces dix-sept années ont été comme la préparation des guerres du Péloponèse, et leur résultat financier doit intervenir pour apprécier la politique belliqueuse de Périclès, qui est comme le couronnement de sa carrière.
La grosse difficulté est de dresser un compte qui laisse un boni de 6000 T en 43i et même de 9700 T à une époque antérieure.
Essayons d'établir le compte des recettes.
Il faut ici encore partir du texte de Thucydide déjà cité. Périclès, avant d'énumérer les ressources extraordinaires des Athéniens, leur rappelle quelles sont leurs ressources ordinaires : Tcpotnévxwv [xèv k^axoo-iwv Ta)vâvTwv wç im xb Tzokù tpopou xoLT iviauTÔv (XTïo Twv ^u{xp.â^(i)v T/) Tzokti à'veu zr\(; clXkr\(; TcpodôSo'j.
Périclès distingue donc dans les revenus, d'un côté le produit du phoros, de l'autre, le produit des impôts intérieurs. Les Athéniens disposent du premier pour la guerre, ce qui permettrait de supposer que tous les autres revenus sont absorbés par l'admiuistration intérieure. Mais si telle avait été la pensée de Thucydide, il l'aurait exprimée
174 L*ADMlNISTRATiON FINANCIERE DES CITÉS GRECQUES.
nettement et il n'aurait surtout pas rappelé «les autres revenus ». S'il cite le premier chiffre, c'est qu'il est le principal; il ne spécifie pas pour la seconde recette, parce qu'elle est accessoire à côté de l'autre, mais elle existe, sinon l'historien, toujours si précis, aurait fait remarquer qu'il n'y avait rien à lui demander, absorbée qu'elle était par l'administration intérieure.
Reprenons le premier chiffre. Voici, d'après les travaux de Belocli (i), comment il faudrait le décomposer: phoros en moyenne : 400 T ; la taxe du 10^ perçue au passage du Pont et l'indemnité de guerre payée par Samos : 200 T. Beloch admet donc que la dékatè, c'est-à-dire la taxe de 10 7o sur les marchandises à la sortie du Pont, était perçue dès cette époque. Cela me paraît inexact ; mais l'essentiel est le chiffre global auquel je ne vois aucune raison décisive de toucher (^), si même nous n'en connaissons pas l'origine.
La seule difficulté est de savoir à partir de quelle date nous inscrirons cette recette de 600 T. Je propose l'époque qui suit la guerre de Samos, comme étant celle où s'affirme le plus énergiquement l'hégémonie d'Athènes.
C'est précisément à 1000 T au moins que Xénophon évalue les revenus d'Athènes au début des guerres du Péloponèse, irpoo-ôSou ouoriç xar' évLauTov dizô xe twv évSrijxwv xal èx TTiç UTcepopiaç où {jiewv yOdiôw raXâvrwv (^), mais il dit au moins. En effet, le chiffre de 1000 T paraît trop faible. On le retrouve dans Ps. Demosth. c. Phil. IV, 38, mais pour une époque moins prospère. Nous savons ensuite que Lycurgue, de 338 à 326, disposa de 18900 T, ce qui donne en moyenne par an i575 T de revenus, et que sous Démétrius de Phalère, les recettes annuelles s'élevèrent à 1200 T ("). La valeur de l'argent a baissé, dit-on ; mais ce
(1) Rhein. Mus. 89, p. 89,
(2) La difficulté consiste dans la détermination du produit du phoros à cette époque : Cavaignac, Pedroli, Busolt i)roposent des chiffres différents. Cavaignac, Hist. Financ. introd, 82, propose 56o T, pour 554/8, se rapprochant ainsi des 600 T de Thucydide. Cf. supra le Mémoire YI.
(3) Anab. VII, i, 27.
(^) Voir les témoignages, Gilbert, Handbuch, I, p. 401, n. i.
l'administration financière des cités grecques, 175
qui a encore beaucoup plus baissé, c'est la prospérité d'Athènes et même sa population.
Je pense donc qu'il faut augmenter dans une certaine proportion le produit des impôts intérieurs. Ecrivons 600 T au lieu de 400 (O* Mais nous n'affecterons que 400 T anx dépenses de l'administration de la Cité.
D'après cela, voici comment s'établit le chapitre des recettes :
Phoros de 44^/7 à 4W"^9 36oo T
Impôts intérieurs de 44^/7 ^ 4^2/1 . 10200 »
Total ; 18600 T Dépenses :
Parthénon 700 T
Statue d'Athéna (700 à 1000) . . . 1000 »
Propylées 4^0 »
Odéon
Théseion
Loges des navires . . ^ . . . Sooo » Muraille (')....
Travaux au Pirée . .
Total : 5ioo T
Ces chiffres sont bien incomplets : il y faut ajouter 200 T au moins pour les Victoires en or, une somme pour le monument dont il est question IG, I, 289-296 et dont la construction dura huit ans, une autre pour le temple d'Athéna Nikè (^), etc. Je propose, à titre d'indication, de porter le compte des travaux publics à 8000 T. De 447 à 438, en moyenne au moins 3oo T ; de 4^7/7 à 432/i au moins 65o T ; ces chiffres d'après Busolt {*).
(1) Chiffre admis par Bockh, Staatshaush. I, p. 335.
(*) oià [x^aou -isiycx;. cf. Ed. Meyer, Gesch. d. Altert. IV, p. 30, la note.
(^) Ephem. Archaiol. 1897, p. 17G = DS, 911.
(*) GG, III, 2, p. 494.
176 l'administration Financière des cites grecques.
Nous n'avons rien prévu pour les guerres. En effet, les Samiens payèrent une indemnité ; la somme devrait figurer en recettes et en dépenses : nous l'omettrons ; l'expédition de Périclès dans le Pont, /^36/5, a dû couvrir ses frais et au-delà ; de même pour la guerre de Corcyre ; mais nous devons ajouter 800 T environ pour la guerre contre Potidée, de print. 432 à print. 43i.
Et de plus, rappelons-nous que les impôts intérieurs laissent un boni de 200 T par an.
Nous avons en recettes : 18600 T.
En dépenses :
Constructions 8000 T
Administration intérieure . . . 6800 m
Guerre de Potidée 800 »
Total : i56oo T Boni : 3ooo T
Ce boni est trop faible ; il ne permet pas d'expliquer comment l'Etat a pu verser à l'Acropole, IG, I, 32 A, 3ooo T vers 435/4, ni que la réserve ait jamais pu, en 43i, se monter à 6000 T et, à une date antérieure, à 9700 T. Il faut donc faire entrer en ligne de compte d'autres recettes et aussi décharger l'Etat d'une partie du coût des travaux publics. Malheureusement, ce sont autant d'inconnues avec lesquelles il s'agit d'opérer.
Au nombre de ces recettes possibles, nous inscrivons d'abord l'encaisse de la Ligue de Délos, quand le trésor fut transporté à Athènes ; mais nous ne pouvons fixer aucun chiffre (voir plus haut).
Nous inscrivons ensuite le butin, lequel constitue une ressource extraordinaire importante : il alimente abondamment le trésor public et le trésor sacré. La guerre vit de la guerre ; le butin sert à payer une bonne partie des dépenses courantes et à reformer les réserves épuisées. Ed. Meyer a très-opportunément rappelé ce fait qui est raconté dans un discours attribué à Lysias, 20, 24 : après le désastre de Sicile, quelques vaisseaux, échappés à la catastrophe, se dirigent sur Catane et leurs équipages pratiquent un pillage si productif que la dîme, consacrée à la déesse, représente plus de 3o mines. Ponr l'époque où
l'administration financière des cités grecques. 177
nous sommes, les guerres susceptibles de fournir de grosses parts de butin ne sont pas nombreuses : j'ai déjà mentionné l'expédition dans le Pont ; avant cela, la guerre d'Eubée, les interventions dans les affaires de Sicile qui ont pu procurer certaines ressources.
Les revenus des trésors sacrés sont une troisième inconnue. Kirchhoff (^) avait cru pouvoir calculer les revenus des trésors sacrés d'après les inscriptions qui toutes, selon lui, portent des prêts faits à l'Etat. Cette base nous manque, puisque, nous le verrons, plusieurs de ces comptes concernent des fonds de l'Etat confiés aux trésoriers de la déesse. Comment fixer des chiffres précis ? Nous voyons bien qu'admettre avec Kirchhoff pour le trésor d'Athéna Polias un boni annuel de 200 T, c'est tomber dans l'exagération ; la réalité est bien en-dessous de ce chiffre.
Je ne reprendrai pas les calculs de Beloch ; en voici les résultats :
Bonis que laisse l'administration du trésor d'Athéna Polias, d'Athéna Nikè et des autres dieux :
Au commencement de la guerre, 44 T î
Après la conquête de Lesbos, 5i T ;
Après l'élévation des tributs, 4^5/4, Sg T (2) ;
Après la catastrophe de Sicile, au maximum ^o T.
Pour harmoniser ces données avec les calculs auxquels nous nous livrerons plus loin, appliquons ces chiffres à nos trois périodes :
Pendant la guerre d'Archidame, en moyenne, par an : 5i T;
Pendant la paix de Nicias et la guerre de Sicile, Sg T ;
Pendant la guerre de Décélie, 40 T.
Beloch observe lui-même combien ces chiffres sont incertains, le dernier surtout: nous n'avons aucune donnée
(1) Abhandl. Berlin Akad. 1876.
(*) Busolt donne ces chiffres pour les trois époques: 43 à 53 T, GG, III, 2, p. 877 ; 70 T ; 80 T, ibidem, p. ii85.
178 l'administratioîT financière des cités grecques.
sur la fortune du Temple, les terres, les capitaux lui appartenant (^).
Reprenant le premier chiffre, 5i T, nous pourrions supposer que Périclès a affecté cette somme pendant les dixsept années de sa gestion aux travaux publics^ soit 867 T ; cette somme est faible; elle n'augmentera pas de beaucoup notre boni ; ajoutons le produit du butin pour former 2000 T.
Rassemblons tous nos chiffres. Recettes.
Phoros, de 44^/7 à 44W39 • • • 36oo T » , de 439/8 à 432/1 . . . 4^0*^ "
Impôts intérieurs 10200 »
Intervention des trésors sacrés
dans les constructions et butin 2000 »
20600 T Dépenses.
Constructions 8000 T
Administration intérieure . . 6800 »
Guerre de Potidée 800 »
Boni 5ooo »
20600 T Nous nous rapprochons de nos 6000 T de print. 43i ; nous en serons tout près si nous ajoutons une certaine somme restant des fonds apportés de Délos en 4^4/3 et une autre provenant des économies réalisées depuis cette date jusqu'en 44^/7-
Pour expliquer la formation d'une réserve qui atteignait, vers 437, 9700 T, il faudra nécessairement augmenter encore les recettes que nous avons demandées à ces diverses sources et probablement y ajouter le butin fait sur les Perses dans les dernières expéditions de Cimon.
On remarquera que j'ai introduit dans ces calculs les évaluations de Oavaignac pour le coût du Parthénon et
(') Cavaignac, Hist. Financ. p. ii4, évalue les revenus d'Athéna à 100, ceux des autres dieux à i3 T. Après la conquête de Lesbos, augmeutation des revenus d'Athéna : 10 T au plus, p. i53-4.
l'administration financière des cités grecques. 179
des Propylées ; il se peut qu'elles soient inférieures à la réalité. Nous devrions, en ce cas, augmenter les dépenses, et, par conséquent, l'appoint à demander en recettes aux exercices antérieurs et au butin. Il en serait de même, si l'on jugeait trop faible la somme affectée à l'administration intérieure.
Je ne me fais aucune illusion sur l'exactitude absolue de ces calculs. Je ne veux retenir de ce qui précède que quelques points : l'existence d'une forte réserve dans le trésor d'Athéna ; le montant relativement faible des revenus des trésors sacrés; la nécessité de porter les recettes de l'Etat à une somme supérieure à 1000 T ; l'intervention considérable de l'Etat dans les travaux publics ; la nécessité d'alimenter le budget par le butin.
14. — Guerre du Péloponèse jusqu'à la paix de Nicias (print. 43i— avril 421).
La guerre commença au printemps de 43i. Avant cela, la guerre de Corcyre et l'expédition de Potidée qui se prolongea jusqu'en 430/29.
Nous possédons pour cette période deux groupes de documents.
IG, I, 273. Compte établi par les logistes des intérêts dus par l'État au trésor d'Athéna Polias, à celui d'Athéna Nikè et à celui des autres dieux :
I. Emprunts faits pendant quatre années, de426/5à 423/2: a) au trésor d'Athéna, b) au trésor d'Athéna Nikè, gérés tous deux par les tamiai de la déesse : xâSs o]>. xx^icLi -apsôoar[av] (suivent les noms) aux hellénotamiai dont les noms suivent, 11. 2-6.
Ensuite II, emprunts faits aux autres dieux, pendant la même période : [TâSe zoù xôxou xotç clXkoiq QeoCç dcpeiXô|j.£va èXoyiaavTO ol ^cyt-araL..] xtX, fr. c. 1. i3-i4
ITI. Les logistes établissent le calcul des intérêts et des capitaux dus pour les emprunts faits pendant les sept années 433/2 à 427/6 à Athéna Polias et Athéna Mkè. Ils établissent finalement le total de la dette pour les onze années.
i8o l'administration financière des cités grecques.
Nous trouvons d'après Ed. Meyer (^),
Emprunts de 433/2 à 4^7/6 :
à Athéna Polias. . 4^^®^ T i522 D à Athéna Xiké . . 22 T 4- quelques D à Hermès (^) . . . i T 49^ ^
aux autres dieux . 736 T 1095 I)
4760 T 3107 D de 426/5 à 423/2 :
à Athéna Polias . . 747 T 4^7^ ^^ à Athéna Nike . . 6 T
aux autres dieux plus de 5o T
8o3 T 4178 D Total des 11 années : 5564 ^ ^^^^ ^•
On sera frappé de constater combien les emprunts commencent vite : dès 433/2, c'est-à-dire deux ans après que le trésor sacré a reçu de l'Etat un versement de 3ooo T. En effet, il a fallu puiser dans le trésor sacré pour construire les Propylées et d'autres monuments, et même dans la seconde moitié de l'année pour la guerre de Potidée.
Si on y réfléchit, ce fait s'oppose absolument à ce que l'on admette l'existence d'une réserve quelconque apparnant à l'Etat, car on y aurait eu recours avant de s'adresser aux trésors sacrés. Nous avons même la preuve d'emprunts antérieurs à 433/2 ; car, en 435/4, IGr, I, 32A charge les logistes d'établir le relevé des sommes dues aux dieux, ^eTscravxeç xà xe 7n.vâx!.a xal xà ypa[ji.[i.axera xal eâfx ~[o à7.]ÂoQ'., h yeypafxpisva.
La moyenne annuelle des emprunts de 433/2 à 427/6 est de 700 T en chiffres ronds ; pour les quatre années, 426/5 à 423/2, elle tombe à 200 T.
Leur total est de 5564 T. Ajoutons encore les emprunts pour l'expédition de Thrace en 422/1 ; d'après la moyenne des quatre dernières années : 200 T. Total : 5764 T.
(1) Forschungeii, II, p. 120.
(2) L'inscription porte ici : Trepfjiou qu'Ed. Meyer interprète comme il est dit dans le texte.
l'adminisnration financière des cités grecques. i8i
On voudrait savoir pour quelle somme figurent dans le total ci-dessus les emprunts antérieurs au printemps de 43i. La moyenne établie tantôt donne 700 T pour 433/2 et 3oo pour le commencement de 432/1.
Comme nous avons affecté 800 T aux opérations contre Potidée, antérieurement à print. 43i, il resterait pour les autres dépenses extraordinaires, 200 T.
Déduisons ces 1000 T des 6764 : nous obtenons pour les emprunts de print. 43i à 423/2 : 47^4 ^•
II reste des traces des versements faits pour la guerre de Potidée, et pour les autres expéditions militaires de 432/1 dans IG, T, supplera. 179 A, p. iSg. Le fr. I,i86 appartient probablement au même texte; cf. le commentaire de Kolbe (1), Hermès, 34, p. 388. Voici, d'après cet auteur, l'intitulé : ABevaro'. àvé).]oaav sç Ma[xeSoviav xal lloTeioatav xal èç IleXoTcôvveo-ov...]
Les trésoriers de la déesse remettent une somme (le chiffre a disparu) à Eucratès, l'un des stratèges désignés pour la Macédoine ; ce versement a lieu dans la deuxième prytanie de 432/1. Suivent neuf versements des tamiai aux hellénotamiai ; seuls chiffres conservés :
versement ;
Total :
La même inscription donne, à partir de la 1. 3o, la liste des versements faits pour l'expédition navale contre le Péloponèse, en 43i/o : un versement aux stratèges, au moment du départ de la flotte, j)uis une série de versements aux hellénotamiai remis par eux aux stratèges.
(1) Cf. Busolt, ibidem, 35, p. 578,
iS2 l'administration financière des cités grecques.
Enfin, le fr. C de cette même inscription (') porte la mention de prêts faits pour les guerres de 4^7/6 (expédition de Corcyre et de Sicile).
De cette époque encore, un document intéressant, IG, I suppl. 35c, p. 65 = Hicks-Hill, n° 58. 11 est relatif à l'expédition contre Lesbos, ^2'jI8. Le Peuple prend des mesures énergiques pour presser le départ de la flotte : les stratèges emprunteront aux démarques l'argent nécessaire pour la construction des navires ; les trièropoioi feront le remboursement.
On voit combien les Athéniens étaient soucieux de ménager les fonds déposés à l'Acropole : les trièropoioi n'ont point pour le moment des fonds dans leur caisse ; mais ils en attendent, Provisoiremeiit, les démarques feront l'avance ; elle leur sera remboursée par les trièropoioi dès que les crédits qui leur sont attribués seront arrivés dans leurs mains.
15. — Bilan approximatif de la guerre du Péloponèse pendant les dix premières années.
Il nous faut d'abord relever deux faits importants.
En 428/7, la révolte de Mytilène obligea les Athéniens à décréter la levée de l'eisphora. Nous avons admis jusqu'ici un chiffre de recettes de 1200 T (phoros 600 T + impôts intérieurs 600 T). L'eisphora produisit environ 200 T ; les recettes annuelles se montèrent dorénavant à 1400 T et laissèrent 1000 T à consacrer à la guerre. Kirchhoff (^) avait émis l'idée que les Athéniens recoururent à cette mesure, parce que tontes les réserves étaient épuisées. Il ne voyait dans le vote de l'eisphora qu'un acte de résignation. Il y faut voir, au contraire, un acte de sagesse.
En 4^5/4, les Athéniens furent contraints d'augmenter
(1) Busolt, Hermès, aS, p, 325, a proposé des restitutions très ingénieuses de ce fragment.
• (2) Abhandl. Akad. Berlin, 1876, p. 27.
l'administration financière des cités grecques. i83
le phoros : ils le portèrent à 1200 T dont 1000 rentrèrent réellement: 600 T de recettes de plus, soit en tout 2000 T(i).
Nous arrivons au chiffre que doime, en 421, Aristophane, Guêpes, 660 : xà'^w toutou (toû cpôpou) Ta téXt, '/wplç xai Taç 7io)Aàç exaTOo-TaÇ; | upuTave^x, iié-aW , àyopàç, Xi|jiéva;^ [j.'.(t- Owo-e'.ç, ô-/^[ji.'.Ô7rpaTa. | toutojv 7r).Tipw[jLa Tà)avT' ây/ùç ô(.Tyi).'.a viyveTa'. rip-iv.
De 431 à 429/8, l'administration intérieure laisse trois fois 800, soit 2400 T ; de 428/7 à 426/5, trois fois 1000, soit 3ooo T ; de 42^/4 à 422/1, quatre fois 1600, soit 6400 T ; au total 11800 T. A ces 11800 T, ajoutons les emprunts d'après IG,I, 273^ 5564 1"» ceux de 422/1 que l'inscription ne donne pas, soit, supposons-nous, 200 T : nous avons une recette totale de 17564 T.
Il y a dans ce total une inexactitude, car le compte des emprunts remonte à 433/2 et le nôtre au printemps de 43i. Que faut-il déduire ? J'ai proposé 1000 T. Reste comme recette durant ces dix années : i6564 T.
La moyenne annuelle serait de 1660 T environ en recettes et aussi en dépenses.
Mais cette moyenne n'est pas absolument exacte, puisque l'année financière ne coïncide pas tout-à-fait avec l'année de guerre. La première commence en juillet, sinon même en septembre à l'époque de la célébration des Panathénées: la seconde commence au printemps : ainsi les dix années de guerre vont de printemps 43i à avril 421, tandis que les dix années financières vont de juillet 43i à juillet 421. Il y a là une chance d'erreur que l'on peut négliger, quand les calculs portent sur une période assez longue, comme les dix années de la guerre d'Archidame : il en est autrement quand ils ne portent, comme ceux qui suivent, que sur deux années.
Ces calculs ont pour but de serrer, si possible, la réalité de plus près, pour les deux premières années de la guerre.
(^) Ce calcul pourrait bien ne pas être tout-à-fait exact ; car il suppose que l'eispliora, contribution extraordinaire, était devenue ordinaire.
i84 l'administration financière des cités grecques.
J'en trouve les éléments dans un chapitre de Thucydide, III, 17; dont l'authenticité, il est vrai, a été fréquemment discutée (^).
Portons d'abord en compte i5oo T pour les 25o navires : « les cent qui gardaient l'AttiquC; l'Eubée et Salamine, les cent qui naviguaient autour du Péloponèse, enfin ceux qui étaient à Potidée et en d'autres lieux ». La solde des hoplites était de 2 dr. ; le même tarif était appliqué à la flotte. Bôckh {^) dit qu'à ce taux, la solde pour les navires, pendant une campagne de six mois, représentait i5oo T.
Ensuite les frais propres au siège de Potidée. Celui-ci, avons-nous vu, dura trente mois environ. Il ne suffit pas de diviser par 3o les 2000 T de Thucydide, puisque cette somme comprend des dépenses qui sont déjà dans les i5oo T ci-dessus. Voici comment on peut calculer : 3ooo hoplites opérèrent devant Potidée ; il leur était payé i T par jour ; en tout pour les 3o mois^ environ 900 T ou par mois 3o T, ou pour l'année de guerre juin 432 à print. 43i, 10 mois, 3oo T ; pour l'année de guerre print. 43i à print. 430, 12 mois, 36o T ; pour l'année de guerre print. 43o à hiver 430/29, 8 mois, 240 T.
Nous avons, de juin 432 à print. 43i : Navires : i5oo T Siège : 3oo »
Il faut ajouter les frais relatifs à l'expédition de Phormion avec 1600 hoplites dans la Chalcidique et la Bottiaeique, pendant six mois (^), supposons-nous, à raison de 2 dr. par soldat et par jour ; pour 180 jours : 96 T. Donc, i5oo + 3oo + 96 = 1896 T.
Pour print. 43 1 à i)rint. 43o :
Navires : i5oo T Siège : 36o »
(1) Elle est encore contestée par Steup dans sa reédition de Thuej'dide par Classen, Appendice.
(2) Staatshaush. I, p. 36o.
(3) Busolt fixe l'envoi de ce corps de troupes à sei)t. 432, GG, III, 2, p. 807, n. 3. Ilolzapfel, Berl. Stud. VII, p. 5o, au commencement d'avril 43i.
l'administration financière des cités grecques. i85
Ajoutez l'expédition de Hagnon, dont Holzapfel évalue le coût à 23o T : i5oo + 36o + 23o = 2090 T.
Total général : 1896 + 2090 = 8986 T.
Nous pouvons, comme preuve de l'exactitude de nos calculs, refaire le compte du siège proprement dit de Potidée, lequel, d'après Thucydide^ coûta, nous l'avons vu, 2000 T :
Dépense pour les 3ooo hoplites, de juin 432 à hiver 4^0/29 900 T
î]xpédition de Phormion, part incombant au siège de Potidée (1) , . . . 20 »
Corps commandé par Hagnon 23o »
ii5o T
Pour les navires qui stationnèrent devant Potidée durant 3o mois, il reste 900 T environ. Ces 900 T divisés par 3o mois permettent une dépense de 3o T par mois; or un seul navire coûte i T par mois ; il en i-ésulte que 3o navires au plus stationnèrent devant Potidée. Mais l'historien a parlé de 5o navires ; cela est exact ; remarquons bien seulement : « à Potidée et en d'autres lieux ».
De ces calculs, il faudrait retenir que les frais de la guerre, dans les premières années, dépassèrent la moyenne. Ecrivons pour ces deux années : 4000 T. Déduisons-les de la dépense totale : i6564 — 4^^^ "" 12664 T. Pour les huit dernières années, la moyenne tombe vers 1570 T.
Ce résultat se rencontre assez bien avec celui qu'a obtenu Cavaignac (") par le calcul suivant : dans les dernières années de la lutte, les revenus s'élevant à i5oo ou 2000 talents, on avait dû contracter des emprunts d'environ i5o ou 200 talents, ce qui donne un chiffre de dépenses d'à-peu-près 2000 T (^). Mai& il faut déduire les frais de
(') Phormion ne resta qu'un mois devant Potidée, Thuc. I, 65, 3 ; II, 29.
(2) D'après Busolt, GG, III, 2, p. 10, 16, n. i, les deux premières années coûtèrent 1800 T, les deux années suivantes, iioo T.
(^) Rev. de Pliilol. 1900, p. i36.
i86 l'administration financière des cités grecques.
l'administration intérieure, soit 4^0 T ; restent i5oo T à-peu-près comme ci-dessus.
Nous n'avons fait entrer en ligne de compte aucune somme provenant du butin ; elle viendrait grossir nos recettes et nos dépenses. Mais nous ne pouvons fixer aucun chiffre. Tout ce qu'il est permis de dire, c'est que, durant cette période, les revenus réguliers alimentent principalement le budget de la guerre.
Il nous reste à établir, si possible, la somme qui existait encore dans les trésors sacrés :
Au début de la guerre, print.43i, en déduisant la réserve spéciale, il y avait 5ooo T.
Sont venus s'y ajouter les excédents des revenus des trésors sacrés, soit d'après la moyenne établie tantôt dix fois 5i T.
Total : 5ooo T + 5io - 55io T.
Les emprunts de 433/2 à 422/1 se montent à 5764 T.
Il faut déduire les emprunts antérieurs à printemps 43i. Ce calcul a déjà été établi plus haut et donne 6764 T — 1000 == 47^4 T. Il reste dans les trésors sacrés : 55io T — 4764, soit 736 T.
On comprend l'empressement que Nicias et ses amis apportèrent à conclure la paix.
16. — De la paix de Nicias (avril 421) à la catastrophe de Sicile (sept. 413).
Les pourparlers en vue de la paix avaient commencé dès l'année précédente et les opérations militaires avaient été ralenties, sinon suspendues (').
Il est bien remarquable de constater combien quelques années de paix suffirent pour rétablir la prospérité des finances publiques.
D'après Andocide dans son Discours sur la Paix, copié à peu près textuellement par Eschine, 2, 172 f s., la paix de Nicias « nous mit à même de déposer à l'Acropole 7000 T d'argent monnayé », âvYiviyxa[jieV; d'équiper plus de
(1) Thuc. V, 32-37.
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3oo navires, de percevoir i)lus de 1200 T chaque année à titre de tribut, d'acquérir la Chersonèse, plus des deux tiers de l'Eubée, etc. Je sais bien qu'Andocide le prend à son aise avec l'histoire et que, dans son zèle de pacifiste, il a pu exagérer. Il n'en est pas moins vrai que l'Etat a profité de ces quelques années de paix pour reconstituer la réserve.
Mais, comme on le verra plus loin, avec plus de détails, à partir de cette époque, cela résulte deIG, I, 82 B, outre les versements à la réserve, l'Etat dépose , à l'Acropole, chaque année, des fonds qui continuent à lui appartenir : I" une partie des recettes de l'année, dont l'Etat n'a pas l'utilisation immédiate ; 2° les excédents. Ta Tcepwvxa, qu'a laissés le phoros perçu l'année antérieure.
Aussitôt nous voyons l'effet de ces mesures financières et surtout les conséquences de la paix. La prospérité renaît comme par enchantement et les dépenses que l'on pourrait appeler de luxe recommencent : il est décidé, IG, I, 82 B, de rembourser 200 T aux autres dieux, aussi de compléter le mobilier sacré et de faire des travaux à l'Acropole.
De ces dé^jenses, il est resté des traces dans deux documents : IG, I,3i8, 421/0 et 420/19, compte des recettes des épistates des « deux statues d'Athéna et d'Héphaistosw (') : ils ont reçu une somme des tamiai de la déesse.
IG, I, 820, 420/19: Ta[0]Ta è[^]£rXov [roi^iyj. tyJç] 9eoù, suivent, les noms, xa]t, Trap[éôo](7av 7r[ojj.]7r£i,ô)v é[7riaTàTa]i(; : 5x68 D. Fragments analogues (*), I supplem. p. 178, 83i f, g. On remarquera le mot è^etkoy qui indique bien que les trésoriers ont puisé dans la caisse de la déesse, et, cette fois, semble-t-il, ce n'est plus à titre de prêt fait à l'Etat ; le trésor sacré supportera définitivement la dépense.
C'est à cette époque, 421, aussi que fut commencée la construction de l'Ereclitheion ; elle fut interrompue par la guerre de Décélie et reprise en 409.
Mais les opérations militaires n'ont été suspendues que
(') Judeich, Topogr. von Athen, p. 826, n. 5.
(2) Cavaignac, Hist. Finaiic.LXXII : les fragm. IG, Isuppl. 33i a, p. 39, sont relatifs à une autre statue.
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pendant un temps très court : en 418, la guerre de Mantinée ; en 417, l'expédition de Nicias en Thrace ; en 4^6/5, l'expédition contre Mélos; enfin en4i5, la guerre de Sicile.
De la peutaétéride 4i8/4-4i5/4, il nous reste les comptes des trésoriers de la déesse, IG, I, i8o-i83 (•), cf. suppl. p. 82-70. Ils se divisent en deux parties. D'abord les versements faits par les tamiai pendant ces quatre années. Le premier versement de la première année est libellé comme suit : ['AOevaîot âvéXoo-av.... T]a[{jij{a'. [Lepôv ypepàrov
TÊç 'A8evataç.... Trapéùoaav 'E).XevoTafJi.{at.(; ] [ôare oôva'. xolç
Tpiepâpyo'.ç éç "Apy]oç xo^.^ [xerà AejJioa-Oévoi;.
Même libellé pour les autres versements. En plusieurs endroits, on lit encore la mention de l'adeia : cp(Tecpi.<ja|xévo TÔ ôé{ji.o xev aSeiav.
Les prélèvements se succèdent : la première année pour l'expédition de Nicias contre Chalcis et Ampliipolis ; la deuxième année, pour la guerre contre Mélos ; la troisième année, pour l'aventure de Sicile, et on lit les noms de Nicias, Alcibiade, Lamaclios (').
La quatrième année, IG, 1, i83, en ^i5ji^, les tamiai portent d'abord sous la rubrique AOevaîo'. àyéXo'rciy, un versement important aux hellénotamiai ; puis apparaît une nouvelle formule qui marque le commencement de ce que nous désignons comme la seconde partie du document: E).- XevoTap.{at.ç xal uapsopotç £oaveî<Ta[;j.£v...]ouTOt, ok è'Soa-av àO^oBeTatç £•'<; llavaBéva'.a. Il n'y a plus de mention de l'adeia. Sous cette rubrique figurent des prêts faits aux hellénotamiai qui ont versé les fonds aux atlilothètes pour les Panathénées ; aux hellénotamiai pour les soldats envoyés à Mélos, deux versements ; pour l'armée de Sicile, outoi. hï è'ôoa-av [m év liixikicfx o-j-rpaxtàt., 3oo T ; è<; xy.{ç) vaG; rà; èç S'.[xeX{av Staxo- [ji'.oa-ajç Tcf. ypé|JiaTa, 4 T 2000 D; enfin aux hellénotamiai et aux stratèges 'E).X£voTa|jL{ai. xal TtapéSpoi (suit le nom) (^) xal (irpareyôt. év 101 ©epfJiaîot. xQkTco[i...
(2) .7e ne rappelle que les faits les plus connus.
(3) Il manque ici les mots oùxoi 8è eSoaotv qu'on n'aura pas jugé à propos de répéter.
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Le total est établi au bas de la pièce : xecpàXatov âva[Xop.a- Toç t]ô ÈTzl T[ê](; âp^èç : 353 T -|- x. Les trésoriers arrêtent donc le total de leurs sorties de caisse.
Ed. Meyer (') croit que le mot éSavsiaajjiev est écrit comme un équivalent d'àv7]).wa-ap.ev. De fait, les deux mots expriment une opération de prêt ; mais j'hésite à croire que les financiers athéniens parlent la langue de leur métier au hasard : le mot éoaveîo-ajjiev succédant à àvTiXwo-afxev doit avoir une signification spéciale. On pourrait proposer cette explication : les avances, eôavsicraijiev^ sont provisoires. La diataxis a imposé aux hellénotamiai toutes ces dépenses sur leurs recottes annuelles; ils sont momentanément dépourvus de fonds ; ils s'adressent aux trésoriers et en obtiennent une avance qu'ils rembourseront au moyen de leurs prochaines rentrées {^). Dans ce cas, l'avance est momentanée ; c'est un simple mouvement de fonds qui sera régularisé sous peu, et, à ce titre, il est dispensé de l'adeia. Nous rencontrerons plus loin, au IV® siècle, des cas analogues. Mais on comprend combien est dangereuse cette façon de tourner la loi ; car, si l'avance est provisoire, rien ne dit qu'elle ne se perpétuera pas. Aussi, je me demande si le plus sûr n'est pas d'expliquer le silence de notre inscription, en ce qui regarde l'adeia, en limitant celle-ci à la seule réserve, les autres fonds qui se trouvent à l'Acropole en étant dispensés, qu'ils appartiennent à l'Etat ou aux trésors sacrés.
C'est, bien entendu, au trésor d'Athéna qu'appartiennent les fonds prêtés sous la rubrique eoaveio-afjiev. Remarquez que la somme de 35o T est trop forte pour qu'elle puisse représenter les revenus d'une seule année. Il y entre donc des excédents des exercices antérieurs ; ceux-ci n'ont pas été incorporés à la réserve, mais forment un fonds distinct.
(') Forschungen, II, p. i35, n. i.
(■'') C'est l'opiuion de Kirchhoff, Abhandl. Akad. Berliu, 1876, p. 41, n. I.
iQO l'administration financière des cités grecques.
De la même époque, nous- avons IG, I, S^i dont voici la teneur:
xa[
3oT [....éç 'Aô]T|Va{ot.i; Sue[Àiav
8e i6o T [ Toxoç toùt-
o(u) éy([YveTO V 5o T 2000 D [....Iç
Sue[).(av — TOXOÇ toutou é]'jayv[eTo.
Ed. Meyer (^) y voit un compte établi par les logistes de 4i4 pour le pentaétéride 4i8/7-4i5/4- Selon lui, les logistes ne sont en fonctions que tous les quatre ans, à l'époque des grandes Panathénées et ils dressent alors l'état des créances des trésors sacrés à charge de la Cité. Les sommes qui figurent dans le compte précédent se retrouveraient donc ici. L'inscription est en bien mauvais état, mais on remarquera l'importance des sommes mentionnées : les premières années de la période avaient rempli de nouveau les caisses sacrées par la liquidation des dettes de l'Etat, constatée dans IG, I, 278.
Dans la seconde période, il y eut deux années de très fortes dépenses, 4i5-4i3, guerre de Sicile. Cavaignac (*) évalue les revenus de l'Etat de 422/1 à 418/7 (quatre ans) à 8000 T environ. Ils laissent un excédent de 55oo T environ. Cet excédent permet à l'Etat de solder sa dette envers les trésors sacrés et ainsi de reconstituer la réserve ; de plus, les revenus des trésors sacrés recommencent à laisser des excédents. Dès 4^8/7' ^* dans les années suivantes, il fallut recourir à la réserve, comme le prouve le vote de l'adeia pour les versements faits par les tamiai aux hellénotamiai. Les revenus annuels de l'Etat ne suffisaient donc pas ; ce qui permet de croire que la guerre de Mantinée et l'expédition de Nicias en Thrace et la guerre contre Mélos entraînèrent à de grands frais.
L'insuffisance du budget ordinaire s'accusa de plus en
(^) Forschung. p. i3i, (') Rev. de Philol. 1900.
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plus. En 41 5/4» il est fait appel aux trésors sacrés, IG, I, i83, 541. Ces appels deviennent encore plus pressants et ils se multiplient jusqu'à la catastrophe finale, sept. 4i3.
Pendant ces huit années, le budget ordinaire a donné un boni de 1600 X 8 = 12800 T. Cette somme a été insuffisante : il faut l'augmenter des emprunts faits à la réserve et aux autres fonds, spécialement aux revenus annuels des trésors sacrés et au produit du butin. J'écris, uniquement, pour fixer les idées, 4200 T.
Total des dépenses : 17000 T ou par an 2000 T. environ.