‹ Les finances des cités grecquesChapitre 43 sur 64 · Fonds déposés dans l'Opisthodomos · texte numérisé non relu

Fonds déposés dans l'Opisthodomos

La mention de l'Opisthodomos, dans l'inscription citée tantôt, nous oblige à nous arrêter quelques instants. Ce n'est pas le lieu ici d'entrer dans la discussion qui a été soulevée par Dorpfeld à i)ropos de l'Opisthodomos. Une chose est bien certaine, c'est que l'Opisthodomos n'est pas une partie du Temple que nous appelons le Parthénon ; c'est un monument distinct : d'après Dorpfeld, la cella de l'ancien temple d'Athéna tout près de l'Erechtheion. Le Parthénon lui-même se composait de trois parties : le Pronaos, l'Hécatompédon et, derrière celui-ci, le Parthénon proprement dit II est bien remarquable que les inventaires des trésoriers de la déesse portent des objets précieux dans les trois parties du Temple et ne disent rien de l'Opisthodomos. Il en faut conclure que dans celui-ci ne se trouvait, appartenant à Athéna, que de l'argent monnayé.

Remarquez qu'à Délos, les comptes des hiéropes comprennent un inventaire des objets sacrés et une vérification des caisses. Cette dernière pièce manque à Athènes^ et elle a toujours manqué ; car si elle avait existé, le travail des logistes, I, 278, n'aurait pas été nécessaire. Il ne reste ((ue nos inscriptions qui ont fourni les mo3^ens d'établir le compte I, 278.

Par contre, les traditiones des trésoriers des autres dieux, IG, I, 194-225, relèvent surtout l'existence de monnaies de provenances diverses, statères de Cyzique, etc. ; les mentions d'objets sacrés, phiales, etc. sont relativement plus rares. Le trésor des autres dieux formait donc un tout, et nous savons qu'il était déposé dans l'Opistho-

domos (1), IG, I, 32B. Là aussi étaient déposées les richesses monnayées d'Athéna ; elles occupaient la droite ; la fortune des autres dieux était rangée à gauche, IG, I, 32B. Remarquez qu'à part le compte des logistes, IG, I, 278, nous n'avons aucune trace de payements faits par les trésoriers des autres dieux. Le compte des logistes s'arrête en 428/2. On ne dira pas qu'à cette époque les fonds des autres dieux sont épuisés ; il reste en tout cas le mobilier sacré et puis, après la paix de Nicias, un remboursement de 200 T est fait par la Cité. Il faut donc constater de nouveau que nos archives sont incomplètes, qu'il y manque toute la comptabilité des trésoriers des autres dieux après 428/2.

On peut se demander si toutes les espèces monnayées appartenant à Athéna Polias étaient réunies à l'Opisthodomos, ou seulement une partie. Nous revenons à la question que nous posions tout à l'heure à propos de l'Opisthodomos (^).

Il est mentionné dans l'inscription que nous venons de citer I, 190-191 et dans IG, I, 278, 1. 20.

IG, I, 278, 1. 20, à propos d'un versement à Démosthène et à ses collègues, fin novembre 425, pour une expédition autour du Péloponèse, o-xparriyoCç irepl IIe);07i6vvYi<TOv ; on lit, après l'indication de la somme de 80 T, les mots: éx zoù 'Ott'.o-Ooôôjjio'j. Ces mots ont peut-être été copiés par inadvertance des comptes des trésoriers de la déesse, et peutêtre doivent-ils être sous-entendus ailleurs, c'est-à-dire qu'il n'y a pas que ce seul versement qui provienne de rOpisthodomos ; mais si, à cet endroit et ailleurs, les trésoriers avaient écrit ces mots, c'est qu'ils y voyaient une utilité, et cette utilité ne pouvait être que d'indiquer la caisse d'où l'argent était sorti ; par conséquent, il y avait au moins une autre caisse, ou plus exactement d'autres caisses dans un autre local.

(') L'Oi)isthodomos est encore ineutionué dans un fr. très mutilé d'un inventaire dressé par les trésoriers des autres dieux, IG, I suppl. p. i65.

(«) Ed. Meyer, o. 1. p. i38.

200 l'administr\tion financière des cités grecques.

Cette distinction me paraît nettement marquée dans IG, I, 190-191. D'abord, compte des sommes dues à Atliéna Polias et à Athéna Nikè ; puis à partir de la 1. 6, « voici les payements que nous avons faits à l'aide des fonds pris dans rOpisthodomos » ; et ici encore des distinctions sont établies : d'abord 1. i5 et 1. 16, aucune provenance n'est indiquée ; puis 1. 17, la provenance : 'AÔrivaiaç.

Nous voyons donc que dans l'Opisthodomos, il y avait d'abord des caisses qui appartenaient à Atliéna et à d'autres administrations. Ensuite, il y avait des caisses dans un autre local que l'Opisthodomos.

Quant à savoir d'après quel principe les fonds étalent répartis entre ces locaux, il y faut renoncer. Peut-être les revenus de l'année n'entraient-ils pas à l'Opisthodomos.

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