Les apodectes
Vers le commencement du IV*^ siècle, les apodectes fonctionnent comme receveurs généraux et répartissent les recettes entre les caisses particulières. C'est le rôle que leur assigne Aristote dans la Politeia des Athéniens, laquelle a été composée entre 829 et 824. Déjà dans IG, I, suppl. 58a, en J\iS/'], nous les voyons effectuer certaines recettes ; ils élai-gissent leurs attributions après la suppression des colacrètes et les gardent assez tard (IG, II, 181, en 828/2).
Signalons comme particulièrement remarquables les inscriptions où nous voyons les apodectes encaisser les sommes dues par les triérarques ; par exemple (^), II, 807B, 1.8, 28,81.
L'unité de la recette a été réalisée : c'est là un immense progrès ; mais la multiplicité des payeurs subsiste.
Notons bien que les apodectes n'effectuent pas de payements : ils se bornent à encaisser et à distribuer les recettes {^).
(1) Panske, o. 1. p. 4-
(■') Autres exemples dans Thumser-llermann, p. G22, n. 2. (•') Opinion contraire de Panske, o, 1. p. 5o. Je reprends celle de Bôckh, Staatshaush. I, p. 174.
2i4 l'administration financière des cités grecques.
On n'en est pas encore arrivé à la confection d'une diataxis complète, qui rende plus rare et surtout plus difficile le vote de crédits spéciaux ; ceux-ci continuent à être décidés par simples décrets. Eschine nous dit qu'avant Eubule existait un contrôleur, âvTt.cppacpeùç ('), lequel rendait compte au Peuple, à chaque prytanie, des rentrées effectuées. Par là était rendu possible le vote de crédits spéciaux d'après l'état des recettes. L'inscription II, 38, vers 38o, prouve tout à la fois l'existence de la diataxis et la facilité avec laquelle sont votés des crédits spéciaux que l'on impute sur les fonds non spécialement répartis, sur l'excédent disponible du budget : jj.3[p]{Tat, Sk [t]o àpyûpwv tÔ e^pTipiévov Toùç àTToSéxTaç êx twv xaTajja"À)vOp.évwv y^pri[xà[T]o)v, è7r£t.5àv Ta èx twv vojjlwv [jLep[iarw(n].
Même situation en 886/5, dans IG, II, 5, 14c: ê; 5]k Tr,v àvaypa(p[Y;V tt,? o-ttiIt,; fxep'io-at. t]oÙç [àTc]oÔ£XTa[<; Tpi.àxo]v[Ta] o[aoi.y^liàç] tw ypa{ji{jiaTer T[r\ç, [ioiAriç]. Encore un crédit spécial, voté par simple décret.
Il faut insister sur le mot jj-ep^Tai : il montre que les apodectes ne cumulent pas les fonctions de receveurs et celles de payeurs ; ils remettront les fonds au payeur compétent.
Nous trouverons encore le même mot dans IG, II, 809A, 1. 170, en 325/4 : le Peuple, pour presser l'équipement de la flotte, promet une couronne aux triérarques les plus diligents : xoùç §£ aTioôéxTaç [{jL£pt,(7a]t, zo àpyûpiov to [eîç toù]ç (jTecpàvo'jç. En apparence, un crédit spécial voté par décret, mais l'existence des lois, qui rendent plus difficiles les virements, nous obligera (cf. infra) à chercher une autre explication.