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MÉMOIRE IX

L'Admininistration financière do temple de Delphes.

L'Administration financière du Temple de Delphes.

Emile Bourguet, L'administration financière du Sanctuaire pytliique au IV siècle avant J.-C. Paris, Fontemoing, igoS. Bibl. des Écoles franc. d'Athènes et de Rome, fasc. 96.

M. Emile Bourguet a repris, à l'aide de documents nouveaux et avec une étude plus approfondie des documents déjà connus, une cxuestion que j'avais traitée moi-même en passant (L'administration financière grecque. Bull. Acad. roy. de Belgique, 1908).

J'ai donc eu, en lisant son travail, l'occasion de beaucoup apprendre, parfois en complétant, parfois en corrigeant et en rectifiant ce que je savais déjà.

, On me permettra sans doute, puisqu'il s'agit de comptabilité, de redresser mon propre compte, celui de mes connaissances en cette matière, et, peut-être, i)ar-ci par-là, de toucher aussi à celui de M. Bourguet. Sur ce dernier point, on comprendra que je ne procède qu'avec beaucoup de réserve. M. Bourguet est sur son terrain : il a publié, le premier, les documents, les a commentés, enfin les a réunis dans une étude d'ensemble. Ce n'est pas sans y avoir réfléchi dix fois que l'on entrera en discussion avec lui ; cependant telle est la nature des matériaux dont nous disposons que trop souvent il en faut combler les lacunes par voie d'hypothèse.

De plus, nous avons la prétention de comprendre la comptabilité des Delphiens d'il y a plus de 2000 ans : ils n'ont pas songé qu'elle pourrait nous intéresser ; de là, des obscurités qu'il n'est pas toujours facile de percer.

C'est dans ces conditions que M. Bourguet a entrepris une expertise, dont il nous livre les conclusions dévelop-

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pées. Comment serait-il possible que partout et toujours il eût trouvé l'exacte vérité ?

Il s'agit de chiffres : rien de plus clair en appparence ; mais il faut les mettre à leur place ; c'est toute la science des comptables. Je ne sais pas si nos devanciers Delpliiens étaient très forts ; mais je vois clairement pour nous tontes les occasions de discuter et peut-être aussi de nous tromper.

Me sera-t-il permis d'exprimer ici un regret? La première fois que j'ai lu le livre de M. Bourguet, j'ai eu une double impression, que je n'étais pas sûr de le comprendre et pourtant qu'il était très compréhensible. Je suis remonté aux documents et, reprenant alois la lecture du livre, je l'ai trouvé tel que je l'avais pressenti, c'est-à-dire très clair. D'autres peut-être auront eu à refaire le môme voyage, du livre aux documents, de ceux-ci au livre : il nous aurait été bien facilité à tous, si nous avions trouvé dans un appendice les principaux textes.

Je les énumère ici :

Comptes du Conseil justifiant de l'emploi du fonds de dépôt, BCII, 1896, XX ; comptes des naopes sous Damoxénos, Ai'chon, Cléon, 1898, XXII ; comptes du Conseil sous Aristonymos, 1902, XXVI ; comptes des trésoriers sous Damocharès, 1897, XXI, sous Dion, sous Caphis et Théon, 1900, XXIV.

J'ajoute, d'après M. Bourguet, un tableau chronologique des archontes :

Damoxénos

Dion

Archon

Etymondas

Corinthotimos (?)

Lykinos

Cléon »

Bathyllos

Chairolas

Théolytos

Peithagoras

Caphis

Aristonymos

Charixénos

Palaios

Thébagoras (?)

Damocharès

Théon.

Ornichidas

Pour apprécier les documents qui nous ont été conservés, il faut d'abord rappeler les circonstances auxquelles ils se rapportent.

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1° La destruction du temple par suite d'un incendie ou d'un tremblement de terre, en 378. Le temple fut reconstruit de 869 à 83() ou 829, en trente-cinq ans, si l'on met à part les quelques années d'interruption provoquée par les événements de la seconde guerre sacrée. Le gros œuvre étant terminé, l'exécution des détails se prolongea encore pendant plusieurs années.

2° Le pillage du temple par les Phocidiens pendant la guerre sacrée. Conséquences : l'arrêt des travaux pendant quelques années et l'amende à laquelle les pillards furent condamnés.

Nos documents se rapportent à cette période. Ils ont essentiellement pour objet une dépense extraordinaire : la reconstruction du temple à laquelle il est fait face avec des recettes extraordinaires. Il en résulte que nous ne pouvons espérer de renseignements un peu suivis que sur le budget extraordinaire du temple.

J'ai essayé dans un autre travail (') de dégager les principes de l'organisation financière des Grecs. L'absence d'unité, tel est le principe fondamental et d'où découlent tous les autres :

1° Séparation fréquente de l'office de receveur et de celui de payeur.

2° S'ils sont associés, plusieurs receveurs-payeurs; s'ils sont séparés, plusieurs receveurs et plusieurs payeurs.

Essayons de nous représenter ce régime.

Figurons-nous dans nos villages qu'au lieu d'un receveur communal, il y en ait plusieurs, Chacun préposé à certaines recettes, l'un à la perception des centimes additionnels, l'autre à la perception des loyers des biens commumunaux, etc. En Grèce, il se peut, en certaines villes, que ces agents ne soient que des receveurs et que les payements soient effectués par d'autres fonctionnaires. Il se peut aussi que chaque receveur fasse des payements, d'après les ordres qui lui sont donnés. Les Grecs ont vu de bonne heure les inconvénients de la séparation et le grand inté-

(') Administration financière des cités grecques.

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