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LA POLITIQUE DE CONSOLIDATION

Il fallait au plus tôt entreprendre de convertir la dette à court terme en une dette à long terme. Il ne fallait plus compter sur les emprunts à l’étranger : le crédit de l'Allemagne était mauvais et sa réputation peu saine. Tout devait être mis en œuvre pour que la consolidation se fit de l’intérieur même de l'Allemagne, par des emprunts allemands à long terme.

Pour atteindre ce résultat il fallait canaliser les disponibilités existantes vers les caisses de l'Etat ; dans ce but des mesures furent prises.

(12) Le Dr Schacht aurait, dit-on, à un certain moment, examiné la possibilité d’une dévaluation qui eut été favorisée par celle du bloc or. Il aurait espéré également une reprise internationale et une montée des prix. En agitant le danger communiste, il avait espéré un emprunt extérieur. Le montant limité des exportations (40 %) vers le bloc or et la charge de la dette extérieure poussaient à écarter la dévaluation.

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Nous avons déjà cité la loi du 15 juillet 1933, sur les investissements, qui exige une autorisation pour toute émission de valeurs, et favorise seulement les industries jugées d’une importance capitale pour la vie de la nation (minoteries, aciéries, etc.).

Les capitaux sont ainsi assujettis à une économie, et à un emploi d’un rendement plus intensif ; il en résulte un surplus inemployé qui trouvera un débouché naturel dans les emprunts de l'Etat.

La défense de stocker les matières premières, oblige les capitaux à une plus grande liquidité et à une vitesse de circulation accrue : là encore des sommes importantes deviendront disponibles.

D’autres dispositions législatives, telles que les lois de 1935 sur les conversions et sur l’abaissement du taux de l'intérêt, devaient permettre non seulement un afflux de fonds dans les caisses de l'Etat, maiïis-encore une utilisation, à meilleur compte, de ces fonds. C’était élargir les possibilités d'emprunter en diminuant la charge des emprunts.

La loi sur le crédit du 4 janvier 1934, devait agir dans le même sens d’une canalisation des « liquidités » vers les caisses du Reich. En effet les sociétés ne pourront distribuer de dividendes supérieurs à 6 ou 8 % — selon les cas (13). La différence entre le dividende distribué et celui qui ressort des bénéfices sera déposée à la Golddiskontbank. Là les dividendes non distribués formeront un fonds d'emprunt à la disposition de l'Etat. Ce n’est qu’au bout de 4 ans que les dividendes redeviendront disponibles (14). Nous serions tentés de voir là une atteinte à la propriété privée. Les milieux dirigeants

(43) 8% pour les sociétés ayant distribué en 1933 un dividende supérieur à 6 %.

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MOYENS MIS EN ŒUVRE or

semblent plutôt considérer la chose comme un moyen de canalisation de l’économie.

La reprise de l’activité économique qui est née des passassions des commandes par l'Etat a entraîné une augmentation de la circulation des capitaux et des gains. Nous avons vu, lorsque nous avons examiné le rôle des banques, que leurs soldes créditeurs avaient diminué (15) et que leurs ressources disponibles s'étaient accrues, et trouvaient difficilement à s’employer dans le financement d'industries privées ; les emprunts du Reich vont être pour eux un nouveau débouché. Il en est de même pour les particuliers, pour les capitalistes, qui ne trouvent plus d'investissement, et qui, s’ils en trouvent, ne rapportent pas davantage que les fonds d'Etat, autrement sûrs. Le contrôle des changes leur ôtant toute velléité (officiellement !) d’aller s'investir à l’étranger ; ils doivent, en fin de compte, entrer dans le cycle de l’économie allemande.

Ces diverses mesures ont permis d’adopter un rythme de consolidation assez rapide : du 1” janvier 1935 à septembre 1937, 6,5 milliards R. M. avaient été consolidés ; si l’on ajoute l’emprunt de janvier 1938, le montant de la dette consolidée atteint le montant respectable de 7,7 milliards.

Ce qui ne doit pas nous faire oublier les 30 à 35 milliards de dette flottante, qui demeurent une menace pour les finances allemandes.

Les émissions du Reich se font uniformément au taux

(14) Toutefois des avances seront possibles. Immobilisations de 1934 à 1936 : 100 millions R. M.

(5) De 1932 à 1936, les comptes créditeurs sont passés de 7,4 à 6 milliards R. M. Alors les banques d’Etat voyaient leur solde créditeur passer de 3 à 4 milliards R. M.

de 4,5 %, au prix de 98,75 % et avec une durée d’immobilisation de 15 ans, le plus souvent.

Suivant son importance, l'emprunt est émis par tranches successives ; une partie très importante en étant toujours «prise ferme» par les banques, compagnies d'assurances et caisses d’épargnes ; il semble que le public s'intéresse maintenant davantage à ces émissions qu’il ne le faisait autrefois.

D’après la «Deutsche Bergwerkszeitung», les banques, lors du dernier emprunt de 1937, auraient encore participé pour 49 %, mais le nombre des souscripteurs avait augmenté de 42 % et celui des souscriptions de 100 % par rapport aux émissions antérieures. Ainsi le rôle de la petite épargne s’accroît (16).

La « Deutsche allgemeine Zeitung » explique cette facilité du placement des emprunts dans le fait que la thésaurisation des capitaux s’est élevée, annuellement, de 1,06 (milliards de R. M.) en 1933 à 6 ou 7 en 1937, et qu’ainsi une notable partie en est mise à la disposition du Reich.

D’après les rapports officiels il semble que chacun des nombreux emprunts qui ont été émis, aient été couverts pour une somme supérieure au chiffre fixé pour la valeur des émissions. À quoi faut-il attribuer cela ?

Le lancement de l’emprunt est soigneusement étudié

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