‹ Les Finances des États TotalitairesChapitre 15 sur 58 · THAT AE M 7 CA · texte numérisé non relu

THAT AE M 7 CA

et il n’est effectué que lorsque le gouvernement a la

certitude que des conditions sérieuses du succès existent.

(16) En 1935, la consolidation portait sur 1,750 milliards R. M. et se décomposait ainsi :

0,500 pris par les caisses d’épargnes ; 0,306 — Cie d'assurances ; 4; moitié par les caisses d'Epargne, moitié par le marché public.

Le Reichsbahn a tenté d’émettre pour l'Etat, mais l’opération n’a pas réussi.

D’après la «< Hamburger Fremdenblatt », la pierre de touche résiderait dans la circulation plus ou moins grande de bons de réescompte. Plus ces traites de réescompte sont émises en grande quantité, plus l’argent est abondant, et plus est grande la facilité d’absorbtion du marché,

Ainsi, après l'emprunt de juillet 1937 qui avait effectué une large saignée sur le marché des capitaux (emprunt de 700 millions R. M.), la circulation des effets n’était plus que de 30 millions R. M. En octobre de la même année, la circulation en était de 400, le marché semblait à nouveau mûr pour la prise d’un nouvel emprunt qui, effectivement, devait être lancé ce même mois.

D'ailleurs toutes facilités sont données aux souscripteurs pour se libérer de leur engagement : si nous prenons, par exemple, l'emprunt de décembre 1936, nous voyons que les modalités de souscription sont les suivantes :

Les versements seront effectués entre le 11-12-1936 et le 18-2-1937 par échéances échelonnées : 10% du montant le 11-12-36, 40 % le 7 janvier, 25 % le 20 janvier et enfin les 25 % restant, le 18 février. Ainsi la succion est moins gênante et laisse aux souscripteurs le temps de réunir leurs disponibilités. II est à noter encore que les titres de cet emprunt sont réescomptables (17).

Le gouvernement du Reich fait donc preuve de beaucoup de prudence dans ses appels au marché des capitaux à long terme ; il a soin de modeler les conditions de souscription sur les circonstances du moment, et de modifier les clauses et délais de souscription selon les

(17) «Die Deutsche Volkswirtschaft »,

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possibilités d’absorbtion. Ainsi l'emprunt, annoncé le 18 décembre 1937 par la presse allemande, de 1 milliard de R. M. de bons du trésor amortissables en 18 ans, au lieu de s'étendre sur deux mois, voyait sa souscription limitée à 1 mois. Et, le 19 janvier, le gouvernement pouvait même annoncer que les souscriptions dépassaient de 200 millions le chiffre fixé. Et cependant cet emprunt était le plus important, par son volume, de tous les emprunts émis depuis 1914.

Il est vrai que 750 millions R. M. avaient été « pris ferme» par les banques et instituts de crédit.

Le système d'épargne forcée et dirigée qui a été adopté facilite, certes, cette politique de consolidation, mais la confiance et le facteur psychologique ont joué également leur rôle, et celui-ci n’est pas négligeable. Alors qu’en 1923 les emprunts étaient émis à des taux d’intérêt ruineux, le gouvernement national-socialiste par sa propagande, par sa volonté d'utiliser les ressources mises à sa disposition en des réalisations sinon toujours d’une utilité immédiate, du moins toujours visibles, par ses plans méthodiquement conçus, a donné la certitude aux souscripteurs que leurs capitaux n'étaient ni gaspillés ni utilisés à combler des déficits du trésor provenant de dépenses improductives et de largesses budgétaires.

« L'Etat en s'adressant au crédit ne cherche pas des emprunts parce qu'il ne peut pas faire autrement, ou bien pour procéder à des largesses fiscales, mais. garde, au contraire, solidement en mains les rênes de la politique financière et fiscale », telle est la réflexion que fait la Frankfurter Zeitung et qui doit être celle de la majorité des Allemands.

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