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RE AC ET

MOYENS MIS EN ŒUVRE 41 Essai d'évaluation de la dette publique

Essayons de chiffrer la dette totale du Reich, maintenant que nous en avons étudié deux des principaux postes : les traites du travail et les emprunts consolidés.

L'évaluation de Mr Schwerin von Krosigk, de la dette du Reich à 285 milliards R. M. (dette des personnes publiques comprise, à long et court terme) en 1935 semble quelque peu sous-estimée, malgré les correctifs que le ministère des finances apporte à cette estimation. Nous ne retiendrons de ses données que celle de la dette à long terme en janvier 1935 :

soit 9,4 milliards R. M. pour le Reich, — 2,2 — pour les pays, — 11,2 — pour les communes.

Ainsi en janvier 1935, la dette à long terme du Reich, des pays et des communes, s'élevait à 22,8 milliards de R. M.

Depuis se sont ajoutés 6 milliards environ d'emprunts nouveaux de consolidation, ce qui nous donne une dette à long terme de-28 milliards R. M.

I1 faut évaluer la somme des bons en circulation au 1°” janvier 1938, à 28 ou 30 milliards pour les bons de travail, à 2 ou 3 milliards de R. M. de bons divers (bons d'impôts, bons d'intérêts (18).

Une partie des travaux a été financée par des bons du trésor, dans la proportion de 1/4 à 1/5 des bons de travail. Ceux-ci s’étant élevés en 5 ans de régime na-

(18) La dette à court terme des pays et communes est demeurée assez stable depuis 1935.

tional-socialiste à 36 milliards R. M. au minimum (si nous ne tenons pas compte de la consolidation), les bons du trésor ont dû s’accroître dans la même proportion : soit 8 milliards pour le moins.

La circulation fiduciaire proprement dite, s’est accrue elle aussi, de peu il est vrai (19), passant de 3.473 en 1914 à 4.857 en janvier 1937, peut-être est-elie légèrement supérieure à son chiffre avoué.

Nous pouvons donc nous résumer dans le tableau suivant — en milliards de R. M. :

Dette à long terme::::..:..,7.%.4.00. 28

Bons destra val MENT Ne TERRE 28

Bons divers mar erunee PS RE AM PE 7 - BONSTAULITÉSO TIRE ER Ce et cree 8 Circulation fiduciaire (20) ............ 4,5

Soit au total une dette de 70,5 milliards R. M. (21) qu’il ne serait pas exagéré d'évaluer à 75 MEENE R. M.

Le chiffre est énorme, mais il ne doit pas cine outre mesure : la dette du Reïch était estimée en 1914 à une trentaine dé milliards de R. M. (32,5), elle est aujourd’hui de 2 fois et demie à trois fois plus forte qu’à cette époque (22). On peut lui reprocher de n’avoir point d’or et pas de devises ; mais à quoi serviraient 5 à 6 — ou même 10 — milliards de R. M. devant une telle dette ? Ils représenteraient tout au plus le 1/10 de la dette, et en cas de réalisation forcée, le gage ne serait guère im-

(9) L’inflation fiduciaire — proprement dite — ne s’imposait pas, puisque l’inflation de crédit — au moyen des bons — donne satisfaction. D’après Grobuis (Op. cit) : en 1925, la dette du Reich était de 73 milliards de R. M. ; en 1926, après les opérations de conversion, elle n’était plus que de 7,909 milliards R. M. Au plus du DEN de la somme primitive. (EE: :

(20) Son gage métallique était en janvier 1938 de 56 on KR. M.

(21) La dette extérieure était évaluée à 1,750 en 1935.

(22) La faillite de l’Allemagne avec la chute du Mark a notablement allégé ses charges.

portant. 11 est vrai que ce qui compte, c’est d’avoir la masse d’or et de devises nécessaire aux besoins courants ; or l'Allemagne ne les a pas. C’est ce qui rend plus apparent et plus aigu son dénuement métallique, surtout lorsqu'il faut entrer en relations commerciales avec l’étranger, ce qui nécessite la marchandise universellement demandée et acceptée en paiement : l'or,

Le véritable danger, devant une dette flottante qui à elle seule représente plus des 4/7 de la dette totale, c’est la panique que pourrait engendrer l’exigence des remboursements, et le non renouvellement des crédits (23). Aussi ce système de financement n’est-il possible qu’avec un gouvernement fort, sachant ce qu’il veut et où il va, et donnant à ses créanciers la certitude que leurs économies — entendons leurs restrictions — serviront à des fins déterminés.

Car en économie politique, et en finances publiques, ce qui importe avant tout c’est l’ordre, la sécurité et le travail. Le reste n’est rien, l’or même est inutile (24) si ces trois conditions ne sont pas remplies.

SECTION D

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