EMPRUNT -LOTERIE DE DOUZE MILLIONS
Sans insister sur son chiffre, qu'on peut continuer â supposer de 12 millions, ce qui frappe dans cet exposé, c'est la difficulté qu'éprouvait le gouvernement consulaire à trouver des prêteurs. Les gens d'affaires évidemment, soit par souvenir des procédés révolutionnaires et crainte de leur renouvellement, soit par défiance d*es allures militaires de Bonaparte, ne montrèrent aucun empressement. Le jeune général, d'aiJIeurs, malgré ses discours engageants devant l'assemblée des banquiers, ne craignait pas, en toute circonstance, d'afficher son aversion pour les faiseurs d'affaires (i). Les faiseurs d'affaires, sans doute, ne doivent pas être confondus avec les gens d'affaires, et ces derniers auraient pu saisir la distinction. Mais la limite est quelquefois imprécise et cette imprécision inquiète quand un homme violent et autoritaire peut la déplacer à son gré.
Nous aurons l'occasion de rechercher plus amplement, dans des chapitres ultérieurs (2), pourquoi le crédit fut toujours rebelle à Bonaparte.
dérée comme une simple opération du Trésor, puisqu'elle consistait uniquement à escompter les rentrées de la subvention de guerre. A la rigueur donc, cela fait comprendre pourquoi le Compte des finances n'en parle pas.
(1) Dès le 9 frimaire an VIII, le journal L'Ami des lois disait dans un entrefilet : « Bonaparte montre une très grande aversion pour les faiseurs d'af- « faires, les dilapidateurs, fripons et autres. Cette aversion, comme on le sait, « est depuis longtemps partagée par Sieyès... »
(2) Voir le chapitre XVII, relatif à la dette publique, et le chapitre XXVI qui récapitule la situation de Tan X.
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