‹ Les finances du ConsulatChapitre 4 sur 108 · COLLABORATEURS FINANCIERS DE BONAPARTE · texte numérisé non relu

COLLABORATEURS FINANCIERS DE BONAPARTE

§ i er . Commissions intermédiaires après le 19 brumaire; leur composition et leur mode de travail. — § a.Gaudin. Ses qualités d'intelligence et d'exactitude. — § 3. Mollien. Différences entre sa nature d'esprit et celle de Bonaparte : leur collaboration n'en est pas moins efficace. — | 4. Barbé-Marbois . Le ministère du Trésor ne lui convient pas. Sa correspondance. Ses mérites. — § 5. Corps délibérants . Lebrun. Le Conseil des finances; intérêt que prend Bonaparte à ses délibérations. — §6. La collaboration des événements et du pays favorise singulièrement le succès des opérations du Consulat.

§ i er . — Commissions intermédiaires après le ig brumaire*

Le soir même du coup d'État -du 19 brumaire, les assemblées du Directoire, décimées déjà par de nombreuses absences ou expulsions, choisirent chacune, dans leur sein, vingt-cinq membres pour prolonger le fonctionnement de l'ancien appareil gouvernemental jusqu'à la nouvelle constitution. Ces Commissions intermédiaires des Anciensetdes Cinq-Cents siégèrent du2i brumaire an VIII inclus au 5 nivôse, soit un mois et demi seule-

ment, en 37 séances. Leur courte existence n'en fut pas moins exceptionnellement bien remplie, à ce moment transitoire où il s'agissait de tout fonder. Leur mission consistait, d'après le texte de la loi votée à Saint-CIoud, dans la nuit du 19 brumaire, ce à « statuer sur tous les objets urgents de police, de législation et de « finance,avec la proposition formelle et nécessaire de la Commisce sion consulaire exécutive ».Gaudin explique, dans ses Mémoires, qu'il concertait avec la section compétente de chacune de ces commissions les dispositions qui exigeaient une autorisation légale. « La loi était de suite rédigée et, du jour au lendemain, elle « était rendue ». Il ajoute : « C'était une espèce de dictature en ce finances. »

Malgré cette espèce de dictature^ la collaboration des Commissions intermédiaires ne saurait être comptée pour rien. Elles donnèrent, un peu vite sans doute, l'estampille légale aux propositions du triumvirat consulaire, mais non sans étude préalable, comme l'attestent leurs nombreux rapports ; la section financière des Anciens fit même écarter amiablement la malencontreuse proposition de création d'inscriptions foncières dont il sera parlé bientôt.

Puis, leurs membres comprenaient une élite d'hommes longtemps mêlés aux affaires publiques et prêts à y rentrer dans des postes éminents : Lebrun, Vernier, Crétet, Cabanis, Creuzé-Latouche, Bérenger, Arnould, Thibault, Chassiron, Cornudet,etc. La plupart de ces noms sont déjà connus comme au teurs de travaux financiers cités dans un précédent ouvrage et nous allons les retrouver au cours de celui-ci, à des places diverses.

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