‹ Les finances du ConsulatChapitre 8 sur 108 · BARBÉ-MARBOIS · texte numérisé non relu

BARBÉ-MARBOIS

| 4- — Barbé-Marbois.

Barbé-Marbois, nommé d'abord directeur du Trésor sur la recommandation de Lebrun (1), fut promu ministre du Trésor en vendémiaire an X. La catastrophe de 1806 fît regretter son choix à Bonaparte. En dehors, d'ailleurs, de l'affaire des Négociants réunis, qui appartient à l'histoire de l'Empire, Bonaparte, tout en accordant à Barbé-Marbois une estime méritée de toute façon, ne sembla jamais goûter beaucoup ses talents administratifs. Sa correspondance avec lui, en effet, contient l'expression de fréquents reproches formulés sur un ton assez vif : « Citoyen minis- « tre, le Trésor public commence à mal marcher. Je reçois des c< plaintes que les ordonnances ne sont pas payées; certainece ment, si une ordonnance n'est payée que 80 jours après qu'elle « a été délivrée, il n'y a plus de finances, ni de services dans « l'État,... nous retombons dans le plus affreux chaos et toutes ce nos opérations manqueront... Préparez-moi un rapport à mon ce arrivée à Paris pour que je sache à quoi m'en tenir sur la ma- « nière dont le service est fait, et sur les mesures à prendre pour a sa réorganisation, car il afléçhi depuis plusieurs mois (2). » — « Nous arrivons au service d'été, et je vois avec peine que le « service public est dépourvu (3)... » Jamais Bonaparte n'écrivait sur ce ton à Mollien, nî à Gaudin. Au contraire, les dépêches

(1) Lebrun l'indique lui-même dans les notes que son £*is a recueillies.

(2) Correspondance de Napoléon. Reims, le 22 thermidor an XI.

(3) Idem. Paris, le 20 ventôse an XI.

n LES FINANCES DU CONSULAT. CHAPITRE II

adressées à ceux-ci commencent habituellement par ces mots :

« Je vois avec plaisir que... »

D'un autre coté, la correspondance émanant de Barbô-Marbois, conservée aux Archives nationales, ne semblait guère faite pour séduire un esprit aussi précis que celui du premier Consul. Le ministre du Trésor, par exemple, après avoir exposé longuement, avec plus de phrases que de faits, les embarras causés par le manque de fonds, ne trouve, comme conclusion, que ces nouvelles phrases vides de sens pratique :

« Les besoins excèdent les moyens; c'est déjà beaucoup de « connaître la grandeur des uns et l'insuffisance des autres! a ... Nous ne pouvons suspendre; car les conséquences seraient ce immédiatement senties et le désordre incalculable. Il faut donc ce anticiper, mais en môme temps pourvoir à l'avenir. Ce dernier « point demande de grandes méditations, et il est plus facile de « le proposer que de l'inventer. Paris, 7 vendémiaire an X. Barbéce Marbois (1). »

De môme, en présentant aux Consuls les six nouveaux banquiers du Trésor public, Barbô-Marbois accompagne cette présentation des réflexions suivantes : « Je ne leur ai pas laissé ignorer « qu'il ne fallait s'attendre qu'à des profit modérés ; que je voua lais môme qu'à des fortunes solides fussent réunies des dispocc sitions généreuses et des sentiments patriotiques, et que ces ban- « quiers comptassent encore comme un lucre les bénéfices « retranchés des leurs au profit de l'État / »

(1) Mémoire d'observations sur la nécessité de pourvoir par un fonds de supplément au service des trois premiers mois de l'an X. Archives nationales. A. F. IV, 1087.

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