‹ Les finances du ConsulatChapitre 9 sur 108 · BARBÉ MARBOIS · texte numérisé non relu

BARBÉ MARBOIS

Bonaparte, imbu des idées qu'on lui connaît sur les hommes de finances, devait sourire à la lecture de telles naïvetés, surtout quand son ministre ajoutait fièrement : « Ces conditions n'ont « pas diminué le nombre des concurrents. J'ai la satisfaction d'an- (( noncer aux Consuls que je n'ai eu que l'embarras du choix (i). »

Barbé-Marbois possédait une âme trop élevée, sans doute, pour être suffisamment défiant ; plus tard, Ouvrard et ses associés réussiront, sans grand effort, à le tromper et le maintiendront même longtemps sous le joug* de leurs manœuvres dolosives : la violente colère de l'Empereur finira seule, en 180G, par dessiller ses yeux.

S'il ne sembla donc pas fait pour le ministère du Trésor, ses qualités n'en brillèrent pas moins dans d'autres milieux. Chargé de négocier avec les délégués américains la cession de la Louisiane, il obtint, par son habileté, par ses manières conciliantes et l'autorité de ses connaissances techniques, un prix très supérieur au chiffre prévu, Bonaparte, pour reconnaître ses mérites, lui écrivit de Saint-Gloud, le i er prairial an XI, une lettre remplie d'éloges, débutant par l'annonce d'une allocation extraordinaire de 192.000 fr., destinée, était-il dit, à suppléer à l'insuffisance de son traitement.

Dès la création de la Cour des comptes, la première présidence lui en sera justement attribuée, à titre de compensation de sa disgrâce de 1806.

(1) Archives nationales, Carton A. F. IV, 1087.

| 5. — Corps délibérants et Conseil des finances.

Après la Constitution de l'an VIII, les Commissions intermédiaires dont, il a été parlé au début, furent remplacées par le Conseil d'Etat, le Tribunat, le Corps législatif et le Sénat. Sans décrire ici les attributions et le rôle de chacune de ces assemblées, que nous verrons à l'œuvre dans les différents chapitres du livre, citons seulement leurs principaux membres. Au Conseil d'Etat, Lacuée, Defermon, directeur général de la liquidation, Regnaud de Saint-Jean d'Angély, Crélet, qui s'occupa spécialement des affaires de la Banque de France, Duchâtel, directeur g-énéral de l'enregistrement et des domaines, Français de Nantes, directeur des affaires communales au ministère de l'intérieur, puis directeur général des droits réunis à leur création, Dufresne, directeur général de la Trésorerie, Boulay de la Meurthe, directeur du contentieux des domaines nationaux, Rœderer, etc . Au Sénat, Creuzé- Latouche, Lecoutculx-Canteleu, Vernier. Au Corps législatif, Dédelay d'Agier, Frochot devenu préfet de la Seine, Grégoire, Girod. Enfin, au Tribunat, Jean-Baptiste Say, possédant déjà une juste notoriété à la Décade philosophique avant de devenir l'illustre auteur du Traité d'économie politique, Ganilh, publiciste aussi et libéral comme J.-B. Say, exclu bientôt avec lui du Tribunat, Benjamin Constant., qui partagea le sort des précédents en Tan X, Chassiron, Chazal, Fabre de l'Aude, Malès, Bailleul, Portier, Thibault, Bérenger, qui succédera à Mollien comme directeur de la caisse d'amortissement, Arnould, Crassous, etc.

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