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CHAPITRE XXIV

BUDGET DE l/AN VIII

g ier # — J^es dépenses de Tan VIII sont arrêtées à 563 millions. — § 'j. . Tableau des recettes de l'an VIII dressé par Gaudin. Son insuffisance. — § 3. Toute distinction entre l'ordinaire et l'extraordinaire doit être abandonnée pour cette première année. — § 4- L'exercice considéré dans le bloc de ses opérations aboutit presque à l'équilibre.

| i er . — Dépenses de Van VIII.

Les dépenses de l'an VIII, fixées à 8oo millions par le Directoire, avaient été ramenées d'emblée, comme il a été dit, à 6oo millions par le Consulat dès son avènement. Or, à la clôture de l'exercice, elles n'atteignirent effectivement que 563 millions.

D'où provenait cette étonnante économie de 237 millions? Quelle en était la décomposition ? On ne trouve à cet égard dans les documents de l'époque que des explications vagues, d'un caractère général, « Les principales causes d'une si grande différence « proviennent de la répression des abus, de l'ordre qui commence « à s'établir dans toutes les parties de l'administration, des pro- « grès de l'économie (1) ».

(1) Corps législatif. Séance du 19 nivôse an IX. Discours de Defermou, Arnould et Fabre de l'Aude.

Cela est vrai, sans doute, mais trop peu précis; de même en est-il des considérations du ministre du Trésor (i) : les services coûtent moins cher depuis qu'ils sont payés comptant au lieu de l'être avec des papiers dépréciés; depuis que le gaspillage a cessé, que les faveurs scandaleuses accordées à certains fournisseurs privilégiés ont pris fin; depuis que lesarmées victorieuses vivent sans frais sur le territoire étranger; d'ailleurs, les crédits de la marine ont subi une réduction de 90 millions, Bonaparte se réservant de s'en occuper après la paix. Ces commentaires permettent d'entrevoir, et non de toucher du doigt, la décomposition des 287 millions. Le fait n'en demeure pas moins certain : à la fin de l'an VIII, le total des dépenses effectuées (sauf l'arriéré constaté plus tard) fut arrêté à 563 millions (2).

| 2. — Recettes de Van VIII. Tableau officiel.

Quant aux recettes de ce même budget de l'an VIII, composées en majeure partie des éléments détaillés dans les premiers chapitres de cet ouvrage, voici comment les récapitule le tableau dressé par le ministre des finances au i er pluviôse an IX (3), reproduit in extenso à la page suivante.

(1) Comptes du Trésor, du i5 pluviôse an XI. Rapport de Barbé-Marbois.

(2) « Un an s'est à peine écoulé, disait le tribun Aruould, le 19 ventôse an IX, « depuis qu'à cette tribune une Commission des Cinq-Cents présentait la dece mande que faisait alors le gouvernement directorial de la somme de 800 mil- « lions pjur la dépense de Tan VIII. Cîtte somme fat d'abord réduite à 600 « millions; mais par une nouvelle économie du gouvernement consulaire, celte a dépense de Tan VIII a été fixée seulement à 563 millions. C'est donc 237 mil- ■ lions de moins que la somme arbitrée d'abord par le Directoire. »

(3) Corps législatif, séance du i3 ventôse an IX.

État comparé des sommes auocquelles les recettes de Van VIII ont été évaluées, avec l aperçu des recettes ejfectives de Van VIII et années antérieures jusqu'au i er pluviôse an IX.

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