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COURS DE LA BOURSE EN L'AN X

longtemps le joug* d'une sévère économie. Les recettes, de leur coté, se trouvaient largement en mesure de pourvoir à ces 5oo millions de dépenses, même à beaucoup plus, avec la continuation de leurs plus values annuelles, surtout avec le supplément éventuel des impôts indirects, gros bataillons tenus en réserve.

§4- — Contradiction que présentent les cours de la Bourse avec la prospérité ambiante .

Au milieu de ce concert de prospérité ascensionnelle cependant une voix détonait, une voix indépendante et significative, celle de la Bourse. Pendant toute la durée de Tan X, en effet, les 5 pour cent consolidés oscillèrent entre 48 fr. et 53 fr. , c'est-à-dire que le public s'obstina à capitaliser cette rente perpétuelle sur le pied de 9,5o pour cent d'intérêt annuel (1). Au commencement de pluviôse, le cours de 60 fr. fut, sans doute, atteint, ce qui faisait encore du 8,33 pour cent. Mais la moyenne de l'année représente bien une capitalisation à 9,5o pour cent, taux exorbitant et surprenant au sein de la magnifique situation ambiante. Les fonds d'État anglais, pendant ce temps, établis en 3 pour cent, cotaient G6 fr. à 79 fr. (2), correspondant à un intérêt effectif de 4>^>4 pour cent, ou môme de 3,79 pour cent. D'où provenait un tel contraste? Pourquoi le public et les spéculateurs clairvoyants,

(1) Les cours des 5 0/0 consolidés furent de 43 fr. au début de Tan X et de 53 fr. aux derniers jours complémentaires.

(2) Les cours moyens annuels des consolides 3 pour cent anglais furent de G-2 i/3 en 1801 et de 72 1/2 en 1802.

en France, ne ratifiaient-ils pas dans leurs libres transactions les succès apparents du nouveau gouvernement et la sécurité dont les discours officiels célébraient la renaissance?

Necker publiait alors un volume (i) où la vraie raison s'en trouve indiquée, avec la perspicacité que savait retrouver l'ancien banquier pour juger les affaires qu'il ne dirigeait plus : « Si l'in- « térét ne s'établit pas au denier vingt ou à peu près, dit-il, à ce quel motif attribuer cette défiance?... C'est aux craintes que « l'on conçoit en regardant l'avenir, en se demandant, comme (( on le fait, si la conservation de l'ordre présent ne tient pas à (< un seul homme... La confiance repose aujourd'hui sur la con- « tinuité des forces de l'homme qui est, à lui seul, l'esprit et Tacce tion du gouvernement; et les calculateurs, réduisant en chiffres (( les chances d'un grand malheur, veulent avoir au prioc viager « une rente perpétuelle... »

« C'est aussi à la privation d'un corps représentatif, obligé « envers la nation d'être inspecteur et juge des dépenses publiée ques et de leur rapport exact avec les revenus de l'Etat. »

Ainsi la faiblesse du régime actuel, le motif des appréhensions du public, rebelle aux illusions quand il s'agit de placer son argent, c'est que le régime repose sur la tête d'un seul homme dont, par surcroît, aucune assemblée de représentants du pays ne contrôle les actes.

ce Ecartez, en effet, ajoute Necker, les réflexions qui naissent « de la forme actuelle du gouvernement, et vous apercevrez

(i) Dernières vues de politique et de finances, offertes à la nation française, par M. Necker, an X, 1802, in-8°.

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