COURS DE LA BOURSE EN L'AN X
(( aujourd'hui plus d'éléments de crédit que dans aucun autre « temps ! »
Sans doute, la hausse des cours avait tenu compte, dans une larg*e mesure, de la marche heureuse des événements. Partie de 10 fr. environ en Tan VIII, la rente dépassait maintenant 5o fr. Mais, à ce niveau relativement bas, l'essor s'était arrêté, en dépit de la prospérité g-énérale, en dépit des promesses et des manœuvres quotidiennes delà caisse d'amortissement (i). Mollien avait beau s'étonner de cette dépression, déclarer que le crédit de la France valait beaucoup mieux que les cours auxquels le maintenait une spéculation aveugle, entrevoir, ou faire entrevoir au premier Consul une capitalisation plus en rapport avec la grandeur du régime, la rente perpétuelle demeurait viag-ère, suivant l'expression de Necker, parce que tout reposait, en effet, sur un homme que nul frein ne contenait. Jamais la Bourse ne voulut se départir de ces sentiments de défiance trop justifiés.
Voilà l'ombre au tableau de gloire et de prospérité précédemment tracé. Cette gloire et cette prospérité existèrent réellement ; les résultats de l'an X en fournissent le témoigmag-e certain. Seulement leur caractère précaire ressort, d'une manière non moins certaine, des dernières statistiques qui viennent d'être consultées, caractère précaire que l'avenir se chargera de démontrer avec trop d'évidence.
(i) Voir le chapitre XXII.