CHAPITRE PREMIER
M. Witte est accusé :
1" D'avoir, pris par nous « en flagrant délit de .ntardise et de contre-vérité dans un document Iressé à son souverain » (pp. 15 et suiv.), soustrait itre le \" et le 8 mars 1895, de la caisse commerale de la Banque de l'État une somme en or qui I. Les chapitres sont ceux do notre ouTragc : if. Wille H Us
équivialait à 100 millions de roubles icrédit et formait presque le seul actif de cet établissement; â® d'avoir pour masquer cette soustraction, faussé le bilan de la Banque par une série de jeux d'écritures frauduleuses, en transportant notamment à l'actif 13 millions de roubles du capital social, en majorant de 26 millions de roubles dans le même actif l'agio de l'or déposé en garantie des roubles crédit, enfin en supprimant du passif 60 millions dus aux caisses d'épargne (pp. 17 et 18).
. Preuves : Les bilans officiels de la Banque des 1/13 et 8/20 mars publiés par le Journal (officiel) de Saint- Pétersbourg et l'officiel Messager des Finances,
Constatation accessoire : l'emprunt intérieur 4 1/2 p. 100 fait par M. Witte n'a pas été réellement souscrit, le ministre a été obligé de le classer dans les caisses d'épargne (pp. 18 et 19).
Voici ce que répond M. Witte (p. 113) :
1<* Le Trésor n'a pas de caisse (autre que la Banque de Russie) où il garde de l'or. Sauf les lingots et monnaies qui, en attendant leur envoi à la Banque, peuvent se trouver momentanément dans les affineries gouvernementales, les bureaux de douane et l'Hôtel des monnaies, Tintégralité de l'or du trésor se trouve dans les caves de la Banque, et il n'est jame^is arrivé à aucune époque qu^ la Banque ait fait transporter matériellement au Trésor quelque somme métallique que ce soit. Les transports, lorsqu'il en est fait, s'effectuent sur les livres de la Banque et sans aucune dépense de fourgons.
2* La Banque de Russie a deux sortes de bilans : a) le bilan de la Banque de Russie et de ses succursales qui paraît le !«' et le 16 de chaque mois, et 6) le bilan de la Banque de Russie (siège central) qui, en 1893, était publié une fois par semaine. Le Bulletin russe n'étant pas un manuel de comptabilité, on ne se donnera pas la peine d'expliquer à M*** pourquoi ces deux espèces de bilans présentent des divergences. Le bilan du siège centralne peut pas faire figurer à son actif l'encaisse des succursales ; s'il n^entionne
LE9 FinAncea busses
mars ISD.t à son passif un capital de 23 millions r.
iOOOO r. pour la BaDi]De centrale et 13050000 r. les saecarsale^), il Tandra bien qu'il naentionnt! à son le capital des saccarsales it3030000 r.) ce dernier
re De lignrRra certainement pas à l'actif da bilan de la
[ne et de ses succursales.
le vent dire tont ce fatras et en quoi cela rtfale-
lotre ac<;nrtation?
1 les bilans de la Banque de Russie en expriment
Ëritable sîtaation, on ils n'ont pour objet qne d'a-
er la galerie. Dans ces bilans, tels qu'Us sont pu-
i officiellement, une distinction est tonjonrs faite,
vec raison, entre la Caisse d'échange, la Caisse
merciale et les dépôts du Trésor.
t bilan da 1" mars attribuait à la Caisse commer-
: one somme de 131^877 398 roubles en espèces
; argent.
I dépôt dn Trésor était de 49237 450 roubles or au
nominal.
: bilan du 8 mars indique soudain que la Caisse merciale ne possède plus en or et en aident qu'une me de 27 955 653 roubles; par contre, « le dépôt résor est au chiffre 170387 073 ». M. Witte cherk faire croire que le Trésor avait parfaitement le : d'enlever cet or et de le transférer aux dépôts, e que tout cela se trouve dans le même immeuble l'on n'a pas besoin de fourgon pour le transport.
dans ce cas, pour que l'actif de la Banque ne suas une pertedetOOmQlions de roubles, le Trésor it dû remettre à la Caisse commerciale, comme re-partie, une somme égale en roubles papier. Or,
avons montré par la comparaison des deux bique l'encaisse de la Banque en roubles papier a le diminué de 2 millions de roubles {75 millions ieu de 77 millions). M. Witte se rendait si bien
ET l'épargne française. H
compte de rillégalité de son acte, qu'il a cherché à le dissimuler en faisant figurer comme actif, dans ce même bilan hebdomadaire du 8 mars, 13 millions de son capital social, en majorant (fait qu'il passe aujourd'hui sous silence) de 26 millions de roubles l'agio sur l'or déposé à la Caisse d'échange {Ai milUons le 8 mars au lieu des 18 millions du l^^mars), et en écartant du passif les 60 millions de roubles des caisses d'épargne, autre fait sur lequel, dans sa prétendue réfutation, M. Witte garde un silence prudent. A quoi bon cette falsification des écritures s'il croyait avoir agi légalement?
La meilleure preuve de l'illégalité de la soustraction des finances, nous la trouvonsà la page 137 du Bulletin russe (n° 3). Par un oukase rendu le 3/15 mars iS9^f quinze jours après V apparition de monlivre^ V empereur^ sur l'avis du Comité^ a ordonné à M. Witte de restituer à la Banque de Russie la somme de 98061 276 roubles or! (C'est là « la réponse la plus probante » à mon livre, a dit le Nouveau Temps du 6/18 mars ; cette fois il a par hasard dit la vérité). Par le versement de cette somme à la Caisse d'échange de la Banque, satisfaction a été donnée à un autre de nos griefs concernant aussi le bilan de la Banque d'État. L'oukase du 9/21 décembre 1894, en augmentant « de 266 millions le chiiîre des billets de crédit en circulation », tandis qu'il ne renforçait que de 65,4 millions de roubles or le fonds métallique d'échange, avait troublé « la proportion entre la couverture d'or et la somme des billets de crédit en circulation ». [M. Witte et les Finances russes, p. 183.)
Ajoutons que M. Witte s'abstient de relever l'assertion contenue dans ce premier chapitre, que l'emprunt 4 1/2 p. 100 de 1893 n'a pas été couvert par le public et a été remis aux caisses d'épargne.
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12 LÉS
U est donc en avt groupe A.