‹ Les finances russes et l'épargne françaiseChapitre 5 sur 15 · GROUPE · texte numérisé non relu

GROUPE

M. TVitte est ac

1® d'avoir par des menace d'une guerre ment défavorables, fo lemagne un traité où s de cette puissance, e pei'sonnels pris par M.

2° d'avoir, en rétabl trois empires, contrée qui dès 1887 avait hai rompre le Dreikaiser!

France.

3° d'avoii- en toute son mépris pour la f moins à rafler l'éparg

4® de se livrer à B change dû rouble au ^...^.«^t au Trésor russe" Z vue d'empêcher l'exportation du blé russe en Ail magne et de favoriser l'importation des produits allp" inands en Russie:

Preuves : '

1« Les déclarations personnelles de M Witte dan de nombreuses eïitrevues avec des rédacteurs de ]l Zukunft de la Post du Daily Telegraph, du BerlC Borsen-Couner, et de la Neue Fraie Presse, entrëvnp. reproduites dans le chapitre II.

20 Les engagements pris par M. Witte envers l'A Hp magne (gp^ 23 et 21 7). ^ ^ ^'^^-

ET l'épargne française. 13

3° Les effets désastreux du traité de commer.ce russo-allemand que nous avons énumérés dans le chapitre II (pp. i3-5i) et dans le chapitre 111 (pp. 78- 81). Aux déclarations si catégoriques du sous-sacrétaire d'État, M. de Marschall, et du comte Kanitz que « l'exportation du blé russe. en Allemagne est devenue impossible >• par suite du traité de commerce (p. 54), nous pouvons ajouter une nouvelle : l'Union Centrale des industriels allemands {Centralverband der deutschen Industrie) s'est adressée â 127 représentants des diverses branches de l'industrie avec un questionnaire sur les conséquences du traité russe- aile man d ; l'avis unanime des 127 interrogés a été que le traité avait pleinement répondu aux légitimes espérances de l'industrie et du commerce allemands !

Sur toutes ces accusations sigraves, — lus plus graves du livre, — M. Wiffe se tait ! Il ne conteste pas une seule de ses entrevues; H passe sous silence ses engagements pris le 9 novembre 1S92, voyant gue je suis très exactement renseigné et se doutant mhne que je possède des preuves incontestables à l'appui de mes affirmà-

Même silence sur les effets désastreux pour la Russie du traité de commerce avec l'Allemagne.

Pourquoi n'essaye-t-il même pas de se justifier? En exécutant quelques pirouettes dans le genre de celles dont son factura est rempli, en réunissant, comme il a l'habitude de le faire, des phrases détachées de chapitres différents et sans lien entre eux, en y ajoutant quelques-unes dés injures dont il est si prodigue, M. 'Witte aurait pu simuler au liioiusune réponse. Pourquoi donc reste-t-il muet ? Une seule raison explique cette attitude : prisonnier de ses engagements envers l'Allemagne, plein de haine contre la France etadversaire déclaré de l'entente franco-russe,

. Wilte n'ose pas désavouer les actes dont nous

accusons et dont au fond il se glorifie.

Pourtant, à la page 94 du Bulletin russe, . sous la

ttre E, le ministre mentionne une accusation secon-

iire contenue dans notre chapitre II, et à la page 95

entreprend de la réfuter.

Citons :

Page 40, ligne 2 et suiv. : « On sait que la douane russe ige le paiement en or des droits d'entrée. Les billets de édit russes, même au cours du jour, ainsi que les billets i banque des autres pays sont rigoureusement refusés. Wilteafait exception pour les billets de la Reîchsbank, li sont acceptés comme de l'or ».

E. — Lettre Écrite il y a dix-sept ans.

ittre de M. Ziemssen, directeur de la Chancellerie des opérations de crédit à M. le comte de Berchem, conseiller de l'Ambassade impériale d'Allemagne, en date du 17 décembre 1877. N" 16227. Eitrait.

« Monsieur le comte,

n J'ai porté à la connaissance de M. le ministre des lances le contenu de la lettre que vous avez bien ulu m'adresser en date du 28 novembre 1877 et Sou Exllenoe a consenti à ce que les billets de la Banque de mpire d'Allemagne, de même que les billets de la Banque Prusse, dont les coupures sont indiquées dans votre sdite lettre, soient acceptas en paiement des droits jntrée par les douanes de Werzbolowo, de Graiewo, de ■snovice et d'Alesandrowo... »

Notre réponse est simple : lepassage cité par M. Witte

est suivi, dans notre livre, de lignes qui en sont la justification.

Voici en effet ce que M. WiUe lui-même a déclaré au rédacteur du Berliner Bôrfien-Courier dans lafameusç entrevue du 10 septembre àAbbazia : « Je sais Tbien que rechange des bank-notes allemandes contre de Tor s'opérera tou- . jours sans encombre, mais quoique cet échange nous cause des frais et des retards, puisque nous devons envoyer les notes à Pétersbourg et de là à Berlin, nous n'avons pas hésité à faire en faveur des billets de banque allemands une exception que nous avons refusée aux billets français . » Un tel aplatissement n'a pourtant pas réussi à toucher le cœur de M. de Caprivi... (page 40.)

Ainsi donc notre affirmation est basée sur les propres paroles de M. Witte ! De deux choses Tune : ou il a dit une contre-vérité le 10 septembre au rédacteur du Bôrseii'Courier^ ou il cherche aujourd'hui à donner le change. Qu'il fasse lui-même le choix entre ces deux alternatives.

Si M. Witte évite soigneusement toute justification formelle de son traité de commerce, par contre (pp. 166-169), il semble invoquer en sa faveur le muet témoignage de trois tableaux représentant: 1** les importations en Allemagne ; 2® les marchandises allemandes exportées en Russie ; 3® les importations de céréales en Allemagne. Ces tableaux « ont été composés sur des statistiques officielles allemandes par la Direction du commerce et des manufactures (M. des F. à St-P.) », certifie M. Witte à la page 169.

Voyons donc ce que disent ces tableaux.

Le premier permet de comparer très exactement les importations russes en Allemagne pendant les années 1894, 1893 et 1892, — c'est-à-dire l'année qui a suivi la conclusion du traité de commerce, — avec les deux années précédentes dont Tune fut une an7iée de d^

fil

setle et d'interdiction d'exporter les céréales de Russie et Tautre une année de guerre douanière ! Nous avons déjà signalé (page 43 de notre livre) cette manœuvre des (( apologistes de M. Witte » qui citent « avec fracas les chiffres de l'exportation agricole de Russie en Allemagne pendant Tannée 1894 et les comparent à ceux des années 1892 et 1893 ».

M. de Marschall était plus sincère : il ne comparait les chiffres de 1894 qu'avec ceux de 1889, 1890 et 1891,

A vrai dire, dans une autre rubrique du même tableau M. Witte donne aussi « la moyenne de 1887-1891 » pour les mêmes importations en Allemagne, — ce qui est encore un truc peu loyal puisque durant ce laps jde temps, il y a eu des années de bonne et de mauvaise récolte.

Mais^ même avec les chiffres ainsi arrangés, le tableau de M. Witte montre clairement combien le traité de commerce a été désastreux pour la -Bussie. Prenons, par exemple, un des articles d'exportation russe les plus importants, le bois, dont l'exportation n'a pas été interdite en 1892-1893, nous trouvons :

Centaines de kilog.

. Pour l'année 1894: poutres, bois fendu et scié, il 691

Pour l'année 1893 15 228

Pour Tannée 1892 . 16 091

Pour le froment en 1894 la Russie afourni24,3p.l00 de l'importation générale en Allemagne; en 1887-1891 elle fournissait 52 p. 100 de cette importation.

Ce tableau, malgré l'habileté de son arrangement, prouve donc de nouveau combien la Russie a perdu par le traité de commerce, même sur ses exportations des produits naturels.

Voyons maintenant le second tableau, celui des exportations allemandes en Russie. Là le résultat est

uniforme : ces exportations se sont accrues dans des proportions considérables.

Citons les articles principaux :

(En centaines de kilogrammes.)

Houblon 6 468 1058 2 824 3 989

HouUle et coke. ... 3182000 2088000 231^000 2273000 Fer en barre et en

feuiUe 1306 000 507 000 321000 376 000

Machines 234000 118000 112000 120 000

Locomotives 9 700 2 800 1300 1500

Pianos à queue. ... 4058 1457 1640 2564

Le troisième tableau, les importations des céréales (russes) en Allemagne.

(En centaines de kilogrammes.)

Froment 2805 216 2 572 5158 3 708 3 012

Seigle 5 339 992 1233 6 219 7 504 9 201

Est-il possible de confirmer d'une manière plus éclatante tout ce que nous avons dit sur le traité de commerce russo-allemand que ne le fait M. Wittepar ces tableaux? Pourquoi alors les a-t-il reproduits dans un article tendant à nous réfuter? C'est à se demander si en agissant de la sorte M. Witten'a pas tout simplement voulu montrer encore une fois comme il a bien mérité du Vaterland et fournir à MM. de Hohenlohe et de Marschall des armes contre les agrariens prussiens. . .

Le lecteur ne s'étonnera pas de voir l'importation des céréales russes en Allemagne diminuer malgré le traité de commerce, s'il se rappelle ce que nous avons dit dans le chapitre II et ailleurs au sujet des manœuvres employées par M. Witte pour soutenir très haut h Berlin le cours du rouble, « afin de faciUter Texpor-

LES FINANCES ItlTSSES

m allemande et annihiler l'importation russe «

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