‹ Les financiers d'autrefoisChapitre 10 sur 30 · LES FRÈRES PARIS · texte numérisé non relu

LES FRÈRES PARIS

terrasses, ses vives eaux et ses jardins. « Quantité de « serres chaudes et vitrées y fournissent des primeurs (( bien plus tôt qu'en aucun jardin et font paraître (( les fruits de l'été et de l'automne au milieu des (* glaces de l'hiver. »

Paris de Montmartel avait peu d'ambition, car il refusa plusieurs fois la place de contrôleur général des finances ; il se contentait de sa grande importance financière. Garde du Trésor royal en 1730, puis banquier de la Cour et associé à son frère dans la fourniture des vivres aux armées, il était parvenu, par d'heureuses spéculations, à amasser très honnêtement une fortune de 40,000,000. Son crédit était européen et sans bornes. Il avait un jour à dîner un négociant étranger à qui il demanda brusquement: '< Si j'avais « besoin de mille louis, me les refuseriez-vous ? — « Non, certes, dit le négociant, et si vous aviez besoin « de 30,000,000, je puis vous assurer que vous les « auriez d'ici à huit jours. » Paris de Montmartel avait la réputation d'un homme aussi intègre que généreux ; il mettait son grand luxe à rendre service à ceux qui avaient recours à lui. Voltaire, en le remerciant d'avoir contribué l'un des premiers pour lui et son fils à la souscription pour W" Marie Corneille, lui écrivait : « Je suis enchanté que la première fois <t qu'on verra le nom de M. de Brunoy, on recon- « naisse en lui la générosité de son père (1). »

d] Lettre du 16 juillet 1761.

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