‹ Les Fistules Bucco-Sinusales et Leur Traitement RationnelChapitre 12 sur 20 · RAD QE · texte numérisé non relu

RAD QE

Procédé de Quénu.

Dans la Repue de Chirurgie QuÉNU a eu l’occasion d'observer une hydropisie maxillaire consécutive à un chicot; il n’y avait pas de secrétion, mais une gêne créée par le courant d’air circulant entre la fistule et l’orifice nasal du sinus, déterminant des névralgies. La fistule admettait l'extrémité d’un crayon.

La technique peut se résumer comme suit :

Taille d’un petit lambeau gingivo-palatin qui est rabattu face muqueuse vers le sinus et face cruentée vers la bouche; fixation par des fils sur les gencives. Taille d’un lambeau gingivo-labial qui, décollé, glisse jusqu'à ce que sa surface cruentée vienne. s’accoler à la face homologue du lambeau gingivopalatin; ainsi tendu comme un voile, il est fixé aux dents voisines par deux fils; l’orifice alvéolaire est obturé et la guérison complète en cinq à six jours.

Le reproche à faire à ce procédé est qu'il n’obture que l’orifice inférieur de la fistule, laissant persister un trajet diverticulaire qui peut former clapier; il a réussi dans uñ cas de fistule sèche, mais son échec

serait certain dans un cas de fistule suppurante.

Procédé de G. Laurens.

C’est une résection de la paroi alvéolaire externe avec formation de deux volets antérieur et posté-

rieur; nous citons textuellement l’auteur : « Je pra-

tique sur la gencive une incision verticale perpendiculaire à l'horizontale, faite pour la cure radicale. Je décolle les deux lambeaux muqueux de façon à découvrir la paroi alvéolaire externe; aux ciseaux, j'effondre ensuite toute cette paroi et je réunis cette brèche à la cavité sinusale; finalement, je curette la paroi interne; à la fin de l’opération les deux lambeaux sont suturés ».

Ce procédé peut donner de bons résultats, mais ne saurait s’appliquer à tous les cas, à ceux notamment où les bords de la tranchée surplombés par les dents

voisines, ne peuvent être aplanis.

Procédé de Claoué. PR

Au lieu de fermer la fistule comme LAURENS par deux volets latéraux, il emploie un lambeau unique.

Par deux incisions verticales le long des alvéoles voisins, on taille un lambeau rectangulaire gingival à base supérieure que l’on relève de bas en haut; puis, après avoir fait sauter la paroi alvéolaire externe de la fistule jusqu’au sinus, avivé à la gouge sa face postérieure, on laisse retomber le lambeau en l'invaginant dans la tranchée de façon à ce que la face profonde bouche l’orifice sinusal de la fistule. Le lambeau est maintenu en place en tassant dans la tranchée un bourrelet de gaze.

Si la fistule, au lieu d’être sèche, s’accompagne d’une sinusite maxillaire qui nécessite un Caldwell-

Luc concomitant il faudra relever le .lambeau jus- %

qu’au voisinage de l’incision horizontale de la cure radicale faite dans le sillon gingivo-jugal le plus haut possible dans le cas particulier.

Il reste ainsi, entre l’incision de Caldwell-Luc et celle du lambeau, un pont muqueux dont la largeur peut être insuffisante pour sa bonne nutrition. Il sera préférable, comme le fait remarquer l’auteur, de prolonger la taille du lambeau sur le sillon gingivo-jugal,

ce qui permet de trépaner le sinus sous le volet créé.

Procédé de Zange.

On incise et on abat la paroi alvéolaire externe

-comme le fait LAURENS, mais la muqueuse du trajet

fistulaire est décollée et invaginée vers le haut,

comme un moignon d’appendice. On suture bord à bord la muqueuse incisée. On peut faire le même reproche qu’au procédé de Laurens. En outre, l’abrasement et l’enfouissement du mince conduit fistulaire cicatriciel ne sont pas simples techniquement; d'autre part, la suture recouvrante est tendue comme un voile sur la brèche osseuse et la moindre

lacune entre les points est un facteur d’insuccès.

Procédé d’ Axhausen.

Le lambeau recouvrant est emprunté à la mu-

queuse mobile et souple de la joue; il est choisi de

grandeur telle qu'il dépasse largement l’ouverture dans la direction du palais. Pour fixer le lambeau,

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une excision assez large de la muqueuse dans le voisinage de l’ouveiture ést nécessaire. Pour assurer le succès, 1l faut prendre dans le lambeau une partie du buccinateur sous-jacent ou, pour les grands lambeaux, toute la couche musculaire. Le lambeau doit être situé tout eptier au delà du cul-de-sac gIngivo- Jjugal et le pédicule doit être dans le voisinage immédiat de la région d’avivement. Ce n’est qu’ainsi qu’on évitera les raccourcissements destructeurs.

Il est bien entendu qu'il faut toujours protéger l’orifice du canal de Sténon.

Cependant, le lambeau ne peut reprendre que si la face cruentée est dirigée en regard de la surface d’avivement. Il est donc nécessaire de le tordre; il

s’ensuivra une mauvaise nutrition.

Procédé de Lautenschlager.

On incise l’orifice externe sur les trois quarts de son pourtour et on décolle la muqueuse jusqu'aux abords de l’orifice interne; en gardant comme base la partie de l’orifice interne non incisée on découpe

une languette dans l’intérieur du trajet fistulaire

dont la hauteur sera de 2 à 3 centimètres. Avec un ciseau étroit, on détache une pellicule de l'os sous- Jacent et on la replie dans l’orifice fistulaire, créant ainsi une greffe ostéo-muqueuse. On le maintient en place au moyen d’un tampon de gaze.

La difficulté de ce procédé apparaît nettement

dans l'exposé et cela même suflirait à l’exclure

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comme technique habituelle. En admettant qu'elle séduise certains chirurgiens, tailler une plaquette osseuse suffisamment épaisse, la ciseler très correctement et veiller à ce que, pendant qu’on la taille, elle ne se brise pas et reste toujours en rapport avec sa base, sont des conditions nécessaires qui ne sem-

blent pas réalisables pratiquement.

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