EVOLUTION
Voici donc la fistule purulente installée ; elle va fonctionner régulièrement et pour longtemps. On pourra constater le même écoulement de pus jaune verdâtre, tachant de la même façon la compresse placée au niveau de l’orifice de la fistule qui devient le siège d’un érythème secondaire. I] peut être fréquent par suite d'une rapide oblitération du trajet, ou parce que le pus aura été moins abondant, d'observer un arrèt temporaire de l'écoulement. Mais aussitôt apparaîtront les sympiômes de rétention que nous avons noté dans un précédent chapitre. Puis au bout d’un temps variable on assistera à une véritable débâcle purulente inondant le pansement du malade. La tistule se mettra à fonctionner de nouveau régulièrement et inlassablement. On aura assisté dans ces cas à des simulacres de, guérison, dus aux périodes de rétention passagère sur lesquelles nous n'avons nul besoin d'insister.
Ces fistules purulentes au point de vue de leur évolution peuvent se classer en deux catégories : |
1° 11): en a qui guérissent d'elles-mêmes en quelques mois. On assistera alors dans ce cas à une diminution
progressive et régulière de l'écoulement qui devient
plus clair, blanchätre, et donne plutôt l'impression d'un suintement que d’une évacuation nette de pus. Les bords de la plaie et les lèvres de l’orifice fistuleux sont moins irrités, se rapprochent et bourgeonnent, On a de plus en plus de peine à faire pénétrer un stylet dans le irajet qui a perdu de sa profondeur. Puis un jour le stylet ne peut pénétrer plus avant, et l'orifice fistuleux fait place à une petite ulcération qui se recouvre rapidement d'une mince pellicule épidermique, et qui va prendre tout à fait l'aspect du tissu cicatriciel voisin. La fistule lombaire purulente n'existe plus. Ces fistules guérissent spontanément, ce sont donc les plus intéressantes pour l'opéré.
2° Il y en a de permanentes. — Nous entrons avec celles-ci dans la complication la plus décevante de la néphreciomie. Ce sont celles qui ont pu faire discuter la valeur de l'opération proposée au malade, Elles constituent en effet pour le néphrectomisé une gène continuelle, nécessitant le port permanent d’un pansement gènant, susceptible de glisser, et que le malade a vite tendance à considérer comme une tare définitive. Il en est d'autant plus atteint que, dans certains cas la cystite tuberculeuse intense, qui l'avait contraint à venir consulter le chirurgien, s’est améliorée. Pour Les comprendre il suffit d'observer la décourageante régularité de l'écoulement. Il ne. se modifie nuliement, pas plus dans son aspect que dans sa quantité, l'orifice n’est pas moins gros qu’au début de la fistule et le trajet reste
aussi profond.
Rien ne semble vouloir se modifier malgré tous les
traitements locaux. L'état général finit par s’en ressentir, et le malade perd les quelques kilogrs qu'il avait -gagné après la néphrectomie, Il s’affaiblit et offre un terrain bien préparé pour l’éclosion d’une affection intercurrente. C’est dans ces cas rebelles qu'il a fallu à tout prix envisager une thérapeutique radicale qui nous
a quelquefois permis d’en saisir l’étiologie.