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Regnault le cœur plein d'amertume et d'indignation ; cet homme est donc de bronze ?
— Il paraît, reprit Marie en soupirant, que j'ai le malheur de ressembler à ma mère, à ma pauvre mère , que personne ici n'oserait nommer devant lui. Mon père ne me regarde jamais qu'en fronçant le sourcil. »
Regnault se rappela ce qu'il avait appris de ^jCharlot; il comprit comment, eneflet, la ravissante créature , dont la vue charmait ses regards devait être pour sire Guillaume un reproche vivant de la plus affreuse barbarie. Alors le souvenir de ce qu'avait souffert l'infortunée qui n'était plus, éveillant en lui mille craintes sur l'avenir de Marie , il oublia qu'un mur d'airain séparait le Bourguignon de la fille de l'Armagnac, qu'il s'était juré de cacher à tous les yeux le sentiment passionné qu'il éprouvait pour sa cousine. Peut-être allait-il tomber aux pieds du petit ange , s'offrir pour appui, pour protecteur, pour époux , quand la voix de Germaine se fit entendre.
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Marie courut aussitôt au-devant de sa sœur qui rentrait dans la salle avec maître Joseph, et Kegnault garda son secret.
11 s'en applaudit plus d'une fois lorsque, revenu de son trouble , il songea aux sentiments de haine que nourrissait messire Guillaume pour tous les partisans du duc de Bourgogne , sentiments dont un pareil homme était loin sans doute d'excepter son neveu. Une heureuse paix qui réunirait les familles pouvait seule permettre àRegnauIt d'espérer. Marie était beaucoup trop jeune pour que l'on pût songer de longtemps à la marier. En se taisant il ne risquait point de compromettre son avenir; et que ne promet pas l'avenir quand on a vingt-trois ans et qu'on est amoureux !