‹ Les Fléaux nationauxChapitre 6 sur 23 · I. ILCOO] l>ME · texte numérisé non relu

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Tout cela a été dit bien des l'ois, tout cela a été, pour ;iinsi dire, mis sous les yeux du peupie dans des tracts familiers, courts et décisifs; on lui a montré soif dans ces écrits, soit dans des tableaux coloriés, l'état des principaux organes du corps humain à l'état sain et à l'état alcoolisé ; on lui a fait, en quelque sorte, toucher du doigt les lésions, la destruction de toutes les parties de notre organisme attaquées et littéralement brûlées par l'alcool. On lui a fait supputer les sommes énormes qu'il perd au cabaret. On lui a cité les exemples authentiques et innombrables de malheureux poussés aux crimes les plus abominables par la frénésie alcoolique.

Dès 1849, l'Académie de Médecine adressait son « . [vis au peuple » pour le prémunir contre le péril, alors naissant, de l'eau-de-vic. Plus lard, après nos désastres, au lendemain de la débâcle de 1870, dans laquelle l'alcool joua son rôle, au lendemain de la Commune de 1871 qui fut une immense orgie, la même Académie renouvela ses avertissements sous une forme pressante, et au moment même où l'Assemblée Nationale allait voter la loi contre l'ivresse publique. Depuis, nombre d'éloquents discours ont été prononcés sur la question, nombre de projets de loi ont été présentés au Parlement : néanmoins, le mal, au moins jusqu'à ces dernières années, n'a fait qu'empirer.

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Sans entrer dans les détails, mesurons- en rapidement les progrès.

La consommation de l'alcool, comme boisson, a plus que doublé depuis le milieu du dernier siècle. En voici la progression d'après le dernier Annuaire statistique de la France (1906) :

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