‹ Les fleurs animéesChapitre 45 sur 51 · MULTIPLICATION PAR BOUTURES · texte numérisé non relu

MULTIPLICATION PAR BOUTURES

Il est certaines plantes, comme le peuplier, l’osier, etc. , dont il suffit de couper une branche et de la ficher en terre pour qu’elle reprenne aussitôt ; c’est ce qu’on appelle bouture. N’est-il pas prodigieux qu’un membre ainsi violemment enlevé se métamorphose en un individu absolument semblable à celui dont il n’était qu’une faible partie? Mais pourquoi ce qui est si facile pour beaucoup de plantes est-il excessivement difficile pour un assez grand nombre et absolument impossible pour quelques-unes? C'est ce que nul ne sait , et ce que nul ne saura probablement jamais. 11 faut bien en convenir, les savants les plus justement honorés ne sont que de grands ignorants incapables de faire suivre de parce que la millième partie des pourquoi qui peuvent se formuler à chaque instant autour d’eux. Il faut donc se contenter de

CULTURE DES FLEURS

voir et d’admirer, et c’est souvent un passe-temps si doux, qu’il estfacile de s’en contenter.

En général, les plantes dont le bois est tendre , la moelle abondante, se reproduisent aisément par boutures; celles dont le bois est sec et dur, se multiplient très difficilement par ce procédé.

L’opération, comme on vient de le voir, est très simple; mais quand on veut en arrêter le succès , il est bon d'y mettre plus de soin. Ainsi , on coupera la branche dont on veut faire une bouture au-dessous d’un nœud ou boulon; cette branche doit être coupée horizontalement de manière que l’endroit de la section ait la forme d’un sifflet; on détache ensuite les feuilles de la branche depuis le bas jusqu’aux deux tiers de sa longueur. Ces diverses opérations doivent être faites avec un instrument bien tranchant , afin que les coupures soient nettes et que l’écorce ne soit pas déchirée. Cela terminé, on mettra immédiatement les boutures dans la terre qu’on aura préparée d’avance selon la nature des sujets que l’ont veut reproduire : aux boutures des plantes grasses la terre franche suffit; les boutures d’arbres et d’arbustes de pleine terre et même d’orangerie s'accommodent mieux d’une terre moitié franche et moitié légère; les boutures des végétaux à tige tendre et succulente reprennent facilement dans le sable ; enfin les boutures des plantes les plus délicates doivent être mises en terre de bruyère pure ou légèrement mélangée de terreau.

Les boutures des arbres et arbustes de pleine terre doivent se faire vers la fin de février; celles des plantes d’orangerie se font au printemps.

Bien que la méthode que nous venons d’enseigner pour faire des boutures soit la plus généralement employée , il en est pourtant d’autres : ainsi , un an avant de couper la branche , on l’entoure quelquefois d’un fil de fer serré en anneau h l’endroit où elle doit être mise en terre. Cet anneau interceptant une partie de la sève , il se forme à cet endroit une espèce de bourrelet qui facilite la reprise, c’est ce qu’on nomme bouture à bourrelet.

11 arrive aussi qu’on détache la branche d’une autre branche,' en amputant une partie de cette dernière, qui doit former une sorte de crochet; c’est la bouture en crochet.

Les boutures des plantes dont le bois est dur, sec, se mettent en pot, rempli de terre de bruyère. Ce pot doit être ensuite enfoncé jusqu’au niveau de son bord dans une couche ou dans le capot d’une caisse-parterre (voir plus haut multiplication par graines), et l’on couvre ce pot d’une cloche que l’on soulève de temps en temps, jusqu’à ce que la bouture soit assez bien reprise pour supporter l’air libre ; c’est ce que les jardiniers appellent bouture étouffée.

Page 1