‹ Les fleurs boréales, les oiseaux de neige [microforme]Chapitre 28 sur 65 · A MON FILLEUL · texte numérisé non relu

A MON FILLEUL

l'oi que la vie à peine effleure de son aile ; loi qui de l'innocence, au fond de ta pruneile, Gardes encor l'éclat vermeil ; — Enfant ! toi dont les jours sont pleins de douces choses, Et qui ne vois, la nuit, que des chimères roses

Qui se penchent sur ton sommeil !

ME à AR

Toi qui goûtes encor les tendresses sans nombre

De celle devant qui s'effacent comme une ombre Toutes nos amitiés d'un jour !

Qui de purs dévoñments n’est jamais assouvie ;

Qui nous donne son sang, et qui nous fuit la vie

Douce conime un baiser d'amour !

Toi qui sais les effuis sans deviner :es canses, Et qui souris de voir nos figures moroses

s'épanouir à tes ébats ;

Toi dont le cœur est comme une onde transparente,

4 + ie ’ L!

Et dort lu foi naïve est encore ignoraute

Des tristes choses d'ici-bas !

Ecoute ! il est un temps dans l'existence humaine, Où, sous le lourd fardeau que l’âge nous amène, Le front se penche soucieux ;

Où le cœur se flétrit, où l'âme desséchée,

Comme une pauvre fleur à sa tige arrachée,

S'effeuille à tous les vents des cieux !

Un temps où les soucis, de leurs ongles arides, Sur nos traits fatigués ont buriné lenrs rides

Au milieu d’étranges pâleurs ; Où l’homme mûr, qui sent venir sa fin prochaine, Traîne derrière lui comme une immense chaîne

Dont les anneaux sont des douleurs !

Une époque où souvent, gémissante et blessée, Après avoir du ciel où planait sa pensée

Vu fuir les blanches visions, L'âme humaine, égarée aux détours de la route, S'achemine à tâtous dans les sentiers du doute,

Veuve de 6es illusions!

Tu ne sais pas encor par quel triste mystère

L'on rencontre, parmi les puissants de la terre, Tant de fronts sombres et rêveurs..….

Crois-moi, même ceux-là sont pen dignes d'envie,

Car les fruits les plus beaux de l'arbre de la vie

Ont souvent d’amères saveurs !

Ah! «i l’ange qui tient le fil des destinées,

À jamais suspendant le cours de tes années,

Pouvait, d’un arrêt souverain, Eternisér un jour sous ta paupière bumide Le rayon saint et pur que ton âme candide

Fait luire dans ton œil serein !

Si tu pouvais garder ton enfance suave !...

Muis tu vieillis aussi ; ton front devient plus grave ; Bientôt ta raison va s'ouvrir

Aux secrets d’ici-bas qu'il nous faut tous connaître

Tôt ou tard, à mon ange !—et ce sera peut-être

Demain à ton tour de souffrir !

Mais nou ! de miel doré ta coupe est pleine encore : Souris à l’avenir ; ta radiense aurore Brille d'un éclat triomphant !

Mais aux déceptions que ton cœur s'accoutume | Et qu'il arrive tard le jour plein d’amertume

Où tu regretteras de n'être plus enfant |

Indo

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