‹ Les fleurs de CannesChapitre 15 sur 55 · LA COTE · texte numérisé non relu

LA COTE

Quand les oiseaux au vif plumage Sous les pins qu'a plies l'orage Commencent leurs joyeux concerts Que le pêcheur fuit sa chaumière, Et ([no, l'aube de sa lumière Fait resplendir le dos des rs,

J'aime à voir lc> barques légères Comme des ombres passagères

S'évai ii- dans le lointain .

La tartane qui se balance, }|(''silc uu instant e1 s'élance Aux brises fraîches du matin :

Les quais où dort encor la foule, L'immensité qui se déroule Sous l'impuissance du regard : Les marins tirant les madragues El !<■-* capricieuses vagues Qui bondissent de toute pari ;

Le soir, j'aime dans la mâture La voix du mousse qui murmun Les ballades de son pays, L'écueil où le phare s'allume, Où les eaux laissenl leur écume E1 les alcyons leurs petits ;

Les feux argentés delà lune, L'ombre rêveuse de la dune D'où l'orfraie a pris son essor, El les avirons qui s'élèvent, Tombent à la fois et soulèvent.

Des milliers de paillettes d'or;

E1 les sables blancs lin rivage, E1 ce long soupir de la plage, Et ces vacillantes lueurs, Et ee Ilot d'azur qui sommeille Sur sa couche d'algue vermeille Comme l'insecte sur les fleurs ;

Pour moi, toujours la mer est belle.

Toujours de son onde éternelle J'admire les plaines sans fin ; Toujours son courroux est sublime, Toujours les accents de l'abîme Me semblent dire un chant divin.

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