LE SABBAT
C'était l'instant où sur la terre Tout se tait, tout est solitaire, La nuit pesait sur les vallons, El l'oiseau des tristes augures Veillait seul au fond des masures, Et l'étoile était sans rayons :
Pour le sabbat, mille fantômes.
Les sorciers, les sylphes, les gnom Envahirenl le grand chemin ; Aux lueurs d'une pâle flamme, Firent là leur banquet infâme,
Et |piiis se (Dirent par la main :
Et puis dans une rondo immense
Ils dansèrent tous en cadence
Avec un effroyable bruit ;
Et leurs tètes tourbillonnèrent,
Et leurs cris, leurs chants résonnèrent
Jusques à l'heure de minuit ;
Et la cloche alors aux ténèbres Lança ses douze coups funèbres De la cime des vieux donjons; Et l'on entendit par l'espace, Comme la rafale qui passe, Siffler, en fuyant, les démons !