LE BOURDON ET L'ABEILLE
L'hiver avançait à grands pas, El l'aquilon dans les bois sans feuillages
Murmurant des notes sauvages,
Semblait prédire le trépas.
On ne voyait plus sur les tiges Les papillons aux brillantes couleurs
Hésiter entre mille fleurs,
Et les champs étaient sans prestiges ;
A chacpie feuille qui tombait
Au souffle mortel de l'automne,
Un insecte aussi succombait.
En vain » dit un bourdon « l'heure fatale sonne, Je meurs content, n'ais-je pas fait du bruit ? »
Une abeille, tout près de lui,
A cette parole si fière Sourit, et dit en regardant le ciel :
« Moi, je regrette la lumière
Car je ne ferai plus de miel. -