EIL DE
W soleil de Paris, vieux disque sans rayons, Etoile de rebut que Dieu de son pied chasse, Fantôme de soleil que je regarde en face, Es-tu bien le soleil qui flamboie et qui passe En ce moment sur Canne, et mûrit les citrons?
Non, tu n'es pas ce globe à l'ardente lumière, Ce globe ami qu'au loin cherche en vain mon regard. Qui dans nos jeunes ans pour unique brouillard Eut les fleurs que nos mains y jetaient au hazard: Va, poursuis tristement ton obscure carrière.
Un soleil n'est-il point un monde ton t en feux El tout pur, qui commence à briller dès l'aurore, Brille dans la journée, elle soir brille encore, Réchauffant en plein air les pauvres? Toi, pécore, Tu semblés dans la nue avoir pins de froid qu'eux,
Aussi, piètre soleil, je le préfère même L'ëire qui boit la vie aux coupes de vermeil, Que du temps de Ronsard on appelait soleil Comme loi, qu'on disait comme toi sans pareil, Et qui pourra m'aimer peutôtre, si je l'aime.
Oh ! de ces soleils -là îe nombre est gros, céans Aux théâtres, aux bals, à pied, en équipage, Le long des boule\ards, sous le riche passage, A Longcbamp, on en voit ainsi que le rivage A des galets, ainsi que le chêne a des glands.
Je ne veux, point parler de la mère des Gracques, Des femmes dont le teint rougit sous un regard, .Mais de celles qui vont couvertes de brocart, Dont le torve coup d'œuil pénètre comme un dard, Qui boiraient dans un crâne, et ne l'ont pas leurs pâques.
« Puisque ta liens, Lais, la ceinture d'Amours, Je te suivrai; marchons vers ta chambre doive: Voyons si j'ai raison de l'avoir préférée A ce pâle flambeau de la voule éthérée, Indigne d'exister pour de si pâles jours.
— Etqueveux-tu de moi?— Je veux que ton cœur m'aime:
El je te donnerai mon cœur, mes rêves d'or,
Vingt ans qui dans tes bras me rendront souple et fort,
Mes baisers, des baisers à réchauffer un mort,
Des roses sur ton front formant le diadème...
— Je connais mon Gesner. Tranchons. Combien d'écus ?
— J'aurai près de la côte une bastide à treilles, Du lait pour ta poitrine, une ruche d'abeilles,
De quoi vivre tous deux loin du bruit et des veilles...
— Tranchons, tranchons. Combien de sonnants carolus ? >:
Et Lais de son rire ébranle la demeure. Quoi ! ce soleil de chair n'est pas plus généreux Que ce rond par Louis xiv mis aux cieux? Paris est donc sans astre et sans amour ? Je veux Aller bientôt revoir mon soleil que je pleure :
Vous savez bien ? ce disque aux splendides rayons, Celle étoile que Dieu montre cl non du pied chasse. Ce vrai soleil qu'en haut nul ne regarde en face, Ce soleil qui llamboie en ce moment et passe Sur Cannes, et mûrit les odorants citrons.
!'. janvier \l