LE VŒU DE MARIETTE
NI le soleil luit au jour de ma naissance 4 el “ Et je fais mes adieux aux hochets de l'enfance, ne “ À ses jeux séduisants !
“ Mon cœur chante et s'élance ainsi que l'alouctte : “ Vierge sainte, bénis ton enfant Mariette,
“ Fière de ses quinze ans.
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“ Hier encore, hier, on me disait : “ Petite, “ Cessez votre babil : allez, mais allez vite “ Réciter la lecon. .…. ” “ Aujourd'hui, je suis grande ! on dit : “ Mademoiselle Il vous faut essayer une robe nouvelle, “ Riche en point d'Alençon.”
‘ D'harmonieuses voix partout sur mon passage Ont murmuré ces mots : “ Elle est belle, elle est sage :
“ L'avenir lui sourit ! ”
L'avenir! doux mystère où mon âme se plonge,
Et se laisse bercer comme au milieu d'un songe ; “ Que l'espoir embellit.
Mon avenir à moi c'est ce bouton de rose
: Où mon ange gardien chaque soir vient et pose “ Ses lèvres de carmin !
Je veux, pour te l'offrir, que sa bouche le cueille, Et que tous ses parfums s’exhalent feuille à feuille
“ De mon cœur dans ta main !”
En soupirant ainsi sa naïve prière, ance, Mariette, à genoux, sur le degré de pierre Place un gentil rosier, e: ) Un rosier dont la fleur est sur le point d’éclore, | Belle comme le jour qui d’un rayon colore
: Sa corbeille d’osier.
De la cloche des morts la lugubre volée
Attristait de ses sons l'écho de la vallée Vers le temps de Noël...
J’accourus en tremblant à l'autel de Marie. .…
Une mère y pleurait : la rose était flétrie Pour refleurir au ciel.
ALFRED GARNEAU
ALFRED GARNEAU
ALFRED GARNEAU est le fils de notre historien nu-
lion. Né en 1836, il exerce à Ottaiva Les fonctions
de traducteur français au Sénat. Il n'a écrit que des
poésies fugilives, que l'on trouve épurses dans nos
recueils de littérature nationule.
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