VIII PRÉFACE
que d’autres moins heureux sont réduits à chercher dans la fiction.
Aussi la poésie déborde de notre jeune littérature. Cette cfflorescence poétique témoigne à la fois de la vitalité de notre race et de ses aptitudes littéraires. A ce double titre, nous avons lieu d’en être fiers ; car, quelles que soient les destinées de la race française en Amérique ; qu'elle ait pour mission, ainsi qu'on l'a écrit, de diriger le mouvement général des idées ou qu'elle demeure sans influence, isolée et comme perdue au milieu des autres races, toujours il sera glorieux pour nous, Canadiens, de n'avoir pas laissé dégénérer, sur les bords du Saint-Laurent, ce génie français que l’histoire nous montre voué, dès l’origine, au culte de la poésie et de l’éloquence.
Un souffle nouveau anime cette poésie de la Nouvelle-France, un parfum particulier s’en exhale, que J'appellerai volontiers, avec un autre écrivain, la serteur du terroir lawrentien. Poésie canadienne veut dire poésie religieuse où la pensée de Dieu rayonne à travers tous les sujets pour les éclairer et les purifier : poésie nationale qui s'inspire de notre grande nature ou de notre merveilleuse histoire ; poésie domestique qui chante les pures jouissances de notre foyer canadien ; poésie variée de ton et de couleurs, mais tou-
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