I)K L'ESCORTE
Ou voit passer Guerrero et Angola, tous deux à cheval, qui disparaissent
derrière le rancho.
SANDOVAI-, ouvrant la porto du rancho à gauche. Par ici, SOÛOrila,
vous serez là à merveille pour passer quelques heures.
GUERRERO, reparaissant et allant à Cornclio. Cornélio, j'établis-là
cette nuit, mon quartier général, préparez le portefeuille des
dépêches. (Cornelio entre dans le ranclio et dépose sur une table les papiers du général, puis sort.)
guerrero. Le courrier nous a rejoint à la tombée delà nuit.
sandoval. En effet, selon vos ordres, chemin faisant, j'ai dépouillé vos lettres.
guerrero. Vite î les nouvelles.
sandoval. Général, si j'ose me permettre de vous donner un conseil, croyez-moi, dépêchez-vous; on cause, on négocie, on échange des lettres, cela est très-bien pendant quelques jours, mais il n'est pas de dislance que ne franchisse une dénonciation et le gouvernement de Mexico pourrait bien s'occuper tout à coup de ce qui se passe en Sonore.
guerrero. Mais sang-dieu! ce n*est pas la résolution qui me manque.
sandoval Oui, c'est l'argent, je le sais bien.
GUEiutERo, à part. Que laire ! Oui ! il faut que je sorte de là à tout prix, ma tête et mon orgueil y sont engagés !... (Les
yeux fixés sur le ranebo dans lequel on voit Angela agenouillée et priant à la lueur d'une torche de résine fichée dans la muraille.) Si je pouvais!
oh! celte Angela, seul obsiable entre moi et une fortune immense! (Prenant une résolution.) Ah! le tout pour le tout!
(Appelant Sandoval.) Quoique VOUS eilteildiez-là. (it montre le
rarcho.) ne venez que si j'appelle, allez et, faites bonne garde.
(Il disparaît par le fond en se dirigeant vers l'entrée du ranclio.)
cornelio, a Sandoval. Que vat-il faire ?
sandoval. Toujours curieux, cher Cornelio, cela est donc inguérissable, croyez-moi, allez dormir, cela vous 5 fera du
bien, (il je pousse au fond et va s'étendre lui-môme sur une des pentes de la forêt enveloppé de son manteau. Tous les soldats dont les fusils sont en faisceau donnent également couchés, la lèle sur leurs sacs. Un feu de bivouac brûle au lointain. Les sentinelles sont debout.)