SCÈNE PREMIÈRE SHARP, DONA ANTONIA, Mexicains, Mexicaines
Au lever du rideau, groupes divers. Tables de jeu, d'autres accoudés causent avec des dames. Sur le devant de la scène, Sharp causant avec Antonia.
antonia. Oui, en vérité, master Sharp, c'est une émotion étrange, que celle que je ressens, c'est tout à la lois de la curiosité et de la terreur... Ici, dans ce salon du palais de Guaymas, la joie ou plutôt la parodie de la joie; là... dehors... les canons braqués sur les places publiques, cette cour pleine
Se
d'hommes en armes, ces corridors où les sentinelles sont multipliées, les verrous aux portes, les barreaux aux fenêtres, tout un appareil formidable de soldats, d'espions, de guichetiers, contre un seul homme, qui va mourir peut-être demain, et qui transformant en salon de bal les salons où il est traité avec mille sortes d'égards et cent mille sories de précautions, donne une fêle, sourit... et qui valse avec dona Rédemption, la plus jolie et la plus coquette des veuves qui soient à Guaymas!
siiarp Très- excentrique !... C'est pourquoi , je suis venu.
antonia. Est-ce que vous croyez sérieusement qu'ils le condamneront?
siiarp. Peut-être bien ! oui.
antonia. Mais l'opinion publique est avec lui!
sn Ait p. L'opinion militaire est contre luil Le plus grand de ses torts était d'avoir eu trop raison.