‹ Les floraison matutinalesChapitre 7 sur 8 · S 'J& 5R 5R 2R 5R 5R SR 3R 5R SR · texte numérisé non relu

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nmerose,

Ces délicieuses fleurs roses, Grandes ouvertes ou mi-eloses.

Me soufflent de tant douces choses Et fleurent si frais et si doux, Que, bien sûr, et corolle et tige, Recèlent par quelque prodige, Quelque chose qui vient de vous.

Primerose»

Troublant et capiteux arôme !

Mon cœur, comme l'air s'en embaume,

Et, grisé, je pars au royaume

Du Rêve, où mes espoirs défunts,

Où mes illusions dernières,

Comme ces roses printanières,

Ont vécu leurs premiers parfums.

EpSthalame

A M. et Mme ALIDE LACER TE

Quand on s'aime on se marie :

ïl prend fin, l'enchantement D'une vague rêverie. Quand on s'aime on se marie :

La vie à deux, c'est charmant.

Epithalame 117"

Longtemps on hésite, on n'ose ; La voix, les lèvres, les yeux, Malgré soi disent la chose.

Longtemps on hésite, on n'ose.

Silence délicieux !

On se comprend sans rien dire.

Le plus fin pinceau de l'Art Ne peut rendre ni décrire Tout ce qu'exprime un sourire, Tout ce qu'exprime un regard.

Bref, il faut dire, à l'église, Le cher secret inouï.

Peur naïve ! gêne exquise !

Pour que nul ne s'en dédise, Au prêtre il faut dire oui.

118 Les Floraisons Matutinales

Au mot sacré qu'on prononce, Dans les cœurs, comme un duo, Vibre une même réponse.

Au clair oui franc qu'on prononce, Les cœurs tout bas font écho.

Quand on s'aime, on se marie :

La vie à deux, c'fest si doux.

Mon cher, aime ta chérie :

Bon cœur jamais ne varie.

Cher tendre couple, aimez-vons.

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Graed deuil

Dans le clair-obscur de la pièce close, Où brûle une cire au reflet tremblant, Rigide, et grandi par la mort, repose X,e corps d'un enfant habillé de blanc.

120 Les Floraisons Matutinales

Sous la mousseline, on voit les mains jointes, La mate blancheur des doigts ivoirins, Les cheveux pleins d'ombre et les tempes ointes Qu'auréole un flot de rayons sereins.

Jamais des flancs purs du neigeux carrare, L'art n'a fait surgir un ange plus beau Que cet ariel. à la forme rare, Qui gît, radieux et calme, au tombeau.

Sous l'eau sainte et sous l'huile du saint chrême Le front du martyr s'est rasséréné, La figure dit l'extase suprême, La douleur, la paix du prédestiné.

La chambre de deuil est toute drapée

De gaze. Nul bruit. Plus rien. Par moment.

Une faible voix tendre, entrecoupée

De soupirs, gémit désespérément.

(Iranrf deuil 121

Ils sont là, tous deux, le père et la mère, Abattus, défaits, tristes à mourir : Nul mal n"est égal à leur peine amère : Rien ne les fit tant pleurer, tant souffrir.

Après tant de coups, on croyait, quel rêve ! Bien s'être acquittés de souffrir. Il faut Pleurer et souffrir et pleurer sans trêve : C'est la volonté du Dieu de là-haut.

Dix ans ! C'est le fils, l'aîné, l'espérance, La joie et l'amour de deux malheureux.

Cher bonheur qu'il faut payer en souffrance I Oh ! que le chemin du ciel est affreux !

Ils sont là, tous deux, esseulés, funèbres, Sans parler, cherchant, presque fous, à voir Dans ces yeux déjà voilés de ténèbres, La faible lueur d'un suprême espoir.

122 Les Floraisons Matutinales

Lourdes de sommeil, fixes, les paupières S'ouvrent à demi : dans les yeux hagards Flotte, encor mouillé des larmes dernières, L'adieu triste et doux des derniers regards.

La Mort pâle a ceint de ses violettes Ce pur et beau front d'albâtre rosé ; Et la bouche fine, aux lèvres muettes.

Sourit d'un divin sourire apaisé.

Ils sont là, cloués au sol, sous l'empire De ce captivant sourire trompeur ; La mère, à genoux, sans prier, soupire, Le père, debout, est blanc de stupeur.

La femme nerveuse et frêle se pâme, En larmes de sang son cœur coule à flots ; L'homme, fait aux deuils, aux douleurs de l'âme, Suffoque, étouffant soupirs et sanglots.

Grand deuil 123

Parfois, doucement, une main qui tremble De crainte et d'amour, soulève à demi Le suaire : on voit s'incliner ensemble Deux fronts au-dessus de l'ange endormi.

Qu'il est beau ! la nuit d'outre-monde voile A peine l'éclat de l'esprit éteint :

L'âme transparaît : telle une humble étoile Nous luit à travers l'ombre, au ciel lointain.

Mystère cruel ! s'il dormait ? Quel doute ! La pensée, étlier vif, rayon subtil, Au ciel, brusquement, s'en va-t-elle toute ? Un reste des sens en nous survit-il ?

Vagues questions, sans suite, sans nombre, Que se fait tout bas le cœur criminel, Dédale infini, de plus en plus sombre.

£)ù vague et se perd l'amour maternel.

]24 Les Floraisons Matutinales

Minuit sonne. Au pied du blême cadavre, Dans le vide noir du louis qui dort.

Veillent seids. en proie au deuil qui les navre. Les derniers amis du cher petit mort.

Et l'horloge au lourd balancier lent, tinte. Lugubre, le glas de l'heure qui fuit.

Et le grave sou. que rythme la plainte Du vent, assombrit l'horreur de la nuit.

O douleur ! ô nuit ! quand verrons-nous poindre Ces jours éternels, longtemps attendus ? Oh ! quand pourrons-nous à jamais rejoindre Tous ces morts aimés qu'on croyait perdus ?

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