‹ Les floraisons matutinales [microforme]Chapitre 13 sur 19 · AP VE · texte numérisé non relu

AP VE

apres

liege

Colomb 147

Le cri du Découvreur a remué les Mondes.

Place aux héros de la civilisation !

Place à tous les semeurs des vérités fécondes!

Place aux conquistadors de la religion !

En avant! Que la croix s'avance la première ! La croix est un levier plus puissant que l'argent. Que l'Occident païen, des ombres émergeant,.

Réfléchisse l'éclat de la pure lumière,

Place au rapide essor des gigantesques villes ! Debout, New-York ! Debout, Saint-Paul! debout, Boston ! A l'œuvre, créateurs des libertés civiles !

Gloire aux hardis rivaux de George Washington !

Progrès immense ! Ouvrant sa grande aile étoilée Au tourbillonnement d'un souffle sans pareil, L'aigle de l'Amérique, aveuglé de soleil,

Monte et monte, ivre et fier de

sa large envolée,

Terre! terre! Au-dessus des bruits du Centenaire, De l'est à l'occident, au fond du ciel serein, Cent fois répercuté, connme un lointain tonnerre,

Vibre encore le cri de Fimmiortel marin.

O colosse ! voici la fête grandiose, Voici les jubilés de ta gloire d'airain !

Peuples du globe, il faut que l'homme souverain

Aujourd'hui rentre enfin dans son apothéose !

A lui les diamants des fleuves de lFaurore, La guirlande des champs lointains qu'il aborda, La couronne des verts îlots qu'il fit éclore,

A lui l'humble laurier du jeune Canada !

A lui la palme d'or que Jéhova décerne, La paline du témoin qu'on n'a pu démentir,

La palme du voyant, la palme du martyr!

A lui l'ovation de l'univers moderne !

Colonb 149

Au front des pics neigeux, sur la crête des côtes. Sur les détroits du Sud et da Septentrion.

Sur les rocs surplombants, des pointes les plus hautes,

Qu'on fasse flamboyer lillumination!

Sur tous les océans qu'ont sillonnés ses voiles, Sur les hâvres profonds où sa flotte a mouillé. Sur le cap le plus haut que sa barque à doublé,

Que la fusée éclate en mille et mille étoiles!

Que Chicago, sonnant carillons et fanfares, Sur ses frontons altiers hisse tous les drapeaux ! Que New-York aux éclairs fulgurants de ses phares

Unisse les éclairs de cent mille flambeaux !

Que l'escadre, accourant sous la brise nouvelle. Banderoles aux mâts, toutes voiles dehors,

Détile, triomphale, et, par tous ses sabords,

Elambe et tonne en l'honneur de Fhumble caravelle !

Hosanna! Couronné d’un arc-en-ciel de gloire, Sur les flots apparaît Colomb ressuscité :

Terre! Terre !!—Au grand cri du géant de l’histoire,

Des millions de voix répondent : Liberté !

Marie

Anne

Le lied parle d'une princesse Qui dort, depuis bientôt cent ans, Dans un bois où chante sans cesse

Un bel oiseau couleur du temps.

Pour ne rien perdre des merveilles Que dit ce tant joli vieil air, Mademoiselle est tout oreilles,

Et. très grand, s'ouvre son œil clair.

La voix de moins en moins sonore Scande un chant de plus en plus doux :

Mais Ja bambine ne veut clore

Ses yeux pleins de clairs rires fous.

Pourtant, c'est l'heure où la sorcière Rôde, et s'en vient, à petits pas,

Jeter du sable à la paupière

Des bébés qui ne dorment pas.

Anne-Marie

De temps en temps, l'enfant clignote :

Et petits pieds et petits bras, Fin orteil et fine menotte, Frétillent roses sur les draps, .

C’est le dernier jour de l'année :

Vers les minuit, quittant son clair Recoin de crèche illuminée,

Bon Jésus glissera dans l'air.

C'est lui que la petite épie, C'est lui qu'elle guette en son coin :

L'enfant, un moment assoupie,

A eru le voir venir au loin.

Tout doux, mère tout doux chantonne.

Par le sommeil rapetissé,

L'orbe de la prunelle atone

N'est plus qu'un point presque effacé,

Les pavots capiteux du somme Distillent leur philtre endormeur :

Les cils mi-clos palpitent comme

L'aile d'un oiseau qui se meurt.

Aux vitres, que la neige frange, Le givre brode un fin rideau.

Sur les yeux ensommeillés, l'ange

Du soir vient poser son bandeau.

On entend, sous l’auvent qui crie, La berceuse aux notes de fer, Aux sons d'orgue de Barbarie,

Que chante le grand vent d'hiver,

Le riche dort; les pauvres pleurent, Qu'il-chante haut, qu'il chante bas,

Janvier n’endort pas ceux qui meurent

Sur la paille des noirs grabats.

Anne-Marie

Dors, enfant, dors, cher petit être !

Toi, que n’éveillent point les bruits Que fait à la sombre fenêtre

Des loqueteux, le chœur des nuits.

Tu ne sais pas que dans la vie Rôdent de sinistres passants, Des Hérodes, monstres d'envie,

Qui massacrent les innocents.

Pourquoi te dirais-je ces choses ?

Pourquoi rompre le charme pur De ces doux rêves blancs et roses

‘Qui hantent ton sommeil d'azur ?

Rêve encore longtemps, mignonne, De ce charmant petit Jésus

Qui, bon an mal an, toujours donne,

A mains pleines, comme un Crésus.

Garde tes saintes rêveries, Enfant. le doute est si troublant :

Crois longtemps encore aux féeries

Des Noëls et des jours de l'An.

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