PERRET PRET EN PTREN SS
D’Iberville
Aux marins de “ L'A RÉTHUSE" et du HUSSARD
Flamme à la drisse, vent arrière, A demi couché sur bâbord,
Le Pélican cingle en croisicre.
A travers les glaces du nord, Malgré la neige et la rafale.
Il file grand'erre, A l'avant.
Tout à coup un gabier s'affale
Criant : “ Trois voiles sous le vent.”
Sournoisement, parmi les ombres D'un ciel bas, au loin, sur les eaux, Balancçant leurs antennes sombres, Montent les mâts des trois vaisseaux :
On dirait ces oiseaux du pôle
Qui s’enlèvent avec efforts,
Et dont le vol lourd et lent frôle
La nuit de ces mers aux flots morts.
Un contre trois! Parbleu, qu'importe !
Le Pélican n’eut jamais peur.
Il vole, et le nordet l'emporte
Dans un large souffle vainqueur.
Le pavillon de la victoire,
C'est celui des marins français ;
Son profond sillage de gloire
Sur nos fleuves brille à jamais.
D'Ibervitlle 165:
Rythmés par le choc monotone Des vagues sourdes, on entend Les airs de matelot, qu'entonne D'une voix au timbre éclatant
Le plus fier chanteur de la terre :
“ J’étions trois matelots de Groix, “ Qu'ons tenu tête à l'Angleterre,
“ J’étions trois, pour sûr, rien que trois !’
Le tapabor jusqu'aux oreilles, Botté, guêtré comme un moujick, Le manœuvrier fait merveilles.
Trimant de la gaffe et du pic,
Sur le pont qui tangue et qui roule, Il faut les voir, nos Québecois :
L'enfant se comporte à la houle,
Crâne comme un vieux Dunkerquois.